Parchemins Instantanés

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mercredi 14 janvier 2009

J'étais adolescente en ?

Lundi, je fus prise d’un grand coup de blues. Alors je suis allée faire un tour du côté de mes balades adolescentes. Je me suis remise à penser à mes vieux vynils et, comme ils sont dans le grenier de mes parents (enfin, je crois), j'ai plutôt ressorti les cassettes audio.

J'ai ainsi reécouté Who's next, en revoyant en pensée les posters qui étaient punaisés sur la tapisserie à grandes fleurs jaunes et oranges de ma chambre. J'ai pensé à l'émission de radio que je mettais le soir, tard, lorsqu'objectivement je devais être endormie, avec mon écouteur en mono, tandis qu'à la lampe de poche je lisais sous les draps. En cachette, bien évidemment.

Je mesure le temps à l'aune des progrès techniques : je n'ai même jamais eu de walkman et nous en sommes aux téléphones qui font aussi agenda et lecteurs de fichiers mp3, appareils photos. Qui sait comment se présentera le lecteur de musique de mes enfants quand ils auront le désir d'avoir leur musique personnelle ?

Et puis, pour me donner la pêche et faire pétiller mes yeux, j'ai cherché les Supertramp que j'écoutais à fond les mercredi après midi. Les Doors, les Blues Brothers. Stanley Clarke, vu en concert à Biarritz, au stade, une fin d'après midi de camping sauvage avec des copains : nous avions forcé l'entrée en poussant le grillage du stade, à une bonne centaine, et nous n'avions pas payé. Dans les jours suivants nous nous sommes fait cueillir par la brigade des mineurs dans nos tentes, parce que 2 potes étaient partis faire un tour en moto dans les dunes (strictement interdit) alors que ma copine et moi, étions en compagnie amoureuse, chacune dans nos tentes. Retour chez l'oncle (très cool) de ma copine, où nous avons écouté du reggae en faisant brûler de l'encens, tandis que l'on fumait des Camel... en refaisant le monde.

Pas eu envie de remettre AC/DC, que j'ai vu en concert à 16 ans : expérience saisissante mais la musique ne m'inspirait déjà pas.

Je ne sais plus ce que j'écoutais lors de mes voyages en Angleterre, mais je me souviens qu'on avait été en boite et il me semble bien que c'était l'année de Grease et de John Travolta. C'était curieux, j'étais complètement décalée, j'observais et ça ne me concernait pas. Je me souviens que la dernière fois que j'y ai été tout était aussi suranné et hors du temps, je n'ai aucun souvenir de sons de ce mois, mais seulement à l'esprit mon bouquin préféré du moment Les fleurs du mal, dont je lisais des fragments à tous ceux qui voulaient bien m'écouter. J'avais réussi à toucher une fille qui a été mon amie cette année-là, et qui s'appelait Nathalie (je crois).

Dans le carton musique française j'ai retrouvé les premiers Higelin : l'histoire du prince Charles (the prince Charles is jalous), Irradié, les délires (déjà) poétiques qui nous mettaient en joie. Les chansons de Dick Annegarn et celles de Julos Beaucarne. Il y avait aussi Edith Piaf, Jacques Brel et Georges Brassens, que je chantais.

Plus tard je me souviens du Canto General de Pablo Neruda, écouté en faisant l'amour l'après midi, fenêtres ouvertes chez les parents de ce garçon. Du bolero de Ravel qu'il m'avait fait connaître, et de son rythme hypnotique...

Décidément, l'adolescence se nourrit de sons, d'images, et de mots.

Où bien est-ce la vie tout entière qui est peuplée de ces traces sonores, qui permettent de revoir des moments, des couleurs ?

Malgven a trouvé cette amorce sur le blog de Zub, dans le billet Nostalgie, nous jouons aux sabliers givrés organisés par Kozlika.

dimanche 28 décembre 2008

Ski

Pendant la journée du 25, puis du 26, j'ai hésité à aller skier avec Michel et Damien.

D'abord, j'étais fatiguée, et j'avais peur d'avoir trop froid.

Ensuite, je suis un peu ourse, un peu sauvage, et je n'avais pas forcément envie de sortir de ma tanière...

Petit à petit, consultant la météo montagne toute la journée du 26, je me suis décidée. J'avais bien besoin d'une journée à moi, hors de ma famille, et puis j'avais quand même envie d'aller voir les montagnes de près, de vérifier si nous avions toujours des atomes crochus.

J'ai donc exhumé mon fuseau acheté il y a 20 ans, été cherché mes chaussures de ski à la cave, et j'ai vérifié tout ça.... Mes vêtements sentaient le renfermé, et j'ai trouvé au fond d'une chaussure un jouet d'enfant enfermé là depuis …... 4 ans : j'avais skié enceinte de 4 mois de mon cadet.... Et la fois d'avant c'était 5 ans plus tôt...

Mes compagnons ont embarqué dans ma voiture et nous voilà partis. Difficile démarrage : j'avais perdu les automatismes d'organisation de tout skieur, je n'arrivais pas à organiser mon sac, et il fallait que je me change... Comme j'avais eu peur d'avoir froid, Michel m'avait proposé les vêtements de ski de Cindy, sa compagne, la nièce d'Humain. Je me suis donc changée dans ma voiture : les paris avaient d'ailleurs été lancés la veille entre les filles de la famille, qui se demandaient si j'allais rentrer dans le pantalon de Cindy ou non.... hé hé hé... ça devait piailler et concerter sévère ! D'où la réponse de Michel à Cindy au téléphone à midi : oui, Lyjazz porte le pantalon !

Direction la location de skis. Ah ? Ils sont petits cette année ? Mais oui madame, on n'est plus à la préhistoire...

Et Michel qui m'attendait patiemment, me laissant le temps de m'acclimater, pendant que Damien faisait la queue pour prendre les forfaits.

Enfin, tous prêts, forfaits attachés, nous sommes montés dans les oeufs.

Quand j'y pense, les garçons (ces jeunes hommes qui ont l'âge d'être mes fils) devaient se demander comment j'allais skier, moi qui portaient des fuseaux, des vieilles lunettes Cébé antiques avec coque cuir.....

Même Michel, qui avait skié avec moi enceinte 4 ans auparavant....

Aussi, une fois sur la piste, après avoir bataillé avec les moufles (pas facile de mettre les mains dans les dragonnes), D les skis aux pieds, M chaussé de son snow...... je suis repartie comme si j'avais skié la veille.

Michel m'a d'ailleurs dit très vite « tu n'as rien perdu ! » ben non : j'aime bien mon corps, il se souvient bien, il m'est fidèle, et mes muscles se remettent en condition facilement. DSCF0094.JPG

Au bout de 2 h de descentes nous avons décidé d'aller manger, puis Michel a loué des skis pour aller à notre rythme. Et l'après-midi nos descentes furent bien plus rapides, puisque nous skiions à la même allure tous les 3 : une bonne équipe ! Des bosses, des passages en hors piste, des descentes rapides.

Nous étions à Gour*tte, et les pistes ont immanquablement fait remonter à la surface mes débuts : j'ai appris à skier dans ces lieux, entre 1972 et 1978 environ.

Je me souviens

- des montées en bus, des rigolades et des chansons, des odeurs de goûter (pain et chocolat),

- des odeurs de gaz oil, de frites à midi, de soupe à la tomate,

- Des bonnets bleus et blancs rayés qui nous distinguaient tous comme faisant partie du groupe de Péchin*y,

- de mon jean et mon pull couverts par l'ensemble Kway veste et pantalon et des glissades infernales sur neige glacée, le bâton dans le dos une fois,

- des chaussures en cuir à lacets bien trop larges avec lesquelles j'avais une ampoule à l'intérieur de la plante du pied qui se reformait d'un mercredi à l'autre, malgré les multiples paires de chaussettes et malgré le coton,

- des skis en bois avec fixations à l'avant et lacet à nouer autour de la cheville,

- du sourire et du rire de Mr L (qui était aussi mon voisin et professeur de judo) qui nous guidait et nous amenait partout, par toutes les météos. J'ai donc appris à ne pas avoir peur, à skier dans toutes les situations, à me faire confiance.

Et pour la technique, je crois que je me suis arrêtée au stem. On m'a dit un jour que j'avais parfois la même allure que Marielle Goitschel, ce que je prends pour un compliment ;-)

Et puis j'ai cessé d'aller dans cette station pour suivre mon compagnon quand je l'ai connu : il allait à La Pi*rre St M*rtin avec ses copains. Enfin, en couple nous avons plutôt fréquenté Caut*rets, son cirque et son ensoleillement. Mention spéciale à la semaine passée à La M*ngie, pour les dernières descentes sous le Pic du Midi de Big*rre, suivis par le pisteur qui fermait, pour profiter du soleil couchant sur la dernière ligne droite du retour.

En tout cas, voilà bien longtemps que je n'avais pas poussé mon corps à son allure, grâce à un groupe qui skie à la même allure que moi ! Nous avons terminé la journée les cuisses en feu après 5h de descentes, et une gaufre dans le ventre.

Et mes petits jeunes hommes m'ont laissé conduire au retour sans même me faire la conversation : repus et fatigués ils se sont endormis ! Comme m'a dit Colette : ils ont fait les enfants !