Parchemins Instantanés

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lundi 1 mars 2010

Semaine 8 : VSD

26 février

aujourd'hui machines

Celle dont je me sers le plus : cet ordinateur sur lequel j'écris, avec lequel je surfe, ou plutôt je cherche. Je l'interroge, je lui tire les vers du nez. Je laisse mon esprit divaguer, parfois fort loin du projet de départ, faisant des découvertes. C'est ainsi que je viens de trouver vraisemblablement mon futur pseudo. Car je ne désire pas publier (pour le cas ou cela adviendrait) sous mon nom. Non que j'en sois mécontente ou que je le méprise, puisqu'au contraire je le garde, même étant mariée. C'est le mien. Sauf qu'il est tellement commun que je dois maintenant, à la banque de mon quartier, donner ma date de naissance pour me différencier des autres homonymes. Sans parler de la grande rigolade au consulat lorsque je suis allée demander des renseignements pour savoir les papiers à fournir de manière à obtenir la double nationalité franco espagnole. La personne qui me recevait m'a demandé, un vaste sourire aux lèvres, le nom de ma mère pour me différencier de la multitude d'entrées qu'elle voyait sur son écran. Une rapide recherche des auteurs qui portent ce nom et dont la médiathèque a un livre m'a donné 162 résultats. Bref, à l'inverse de Jorge Semprun quand il a voulu se perdre dans l'anonymat le plus complet en prenant comme pseudo Federico Sanchez lors de ses années de clandestin du parti communiste, j'aspire au contraire à n'être pas noyée dans un flot d'homonymes.

La deuxième machine qui m'importe est mon appareil photo. Ou plutôt mes appareils photos : mon bloc note toujours dans mon sac, qui ne me quitte pas, grimpe avec moi sur les falaises ou les murs. Qui ne prend quasiment que du noir et blanc. Et mon reflex aux objectifs fixes pour des vues plus fouillées en conditions plus difficiles, très souvent utilisé en manuel.

ooo

27 février

aujourd'hui est un slogan publicitaire pour vous vendre

Personnalité atypique ? Ou sorte de sauvage mal embouchée qui fait partie d'une espèce de secte néo-écolo-baba-illuminée-un peu sorcière ? Bien dans son corps et dans ses pompes, yeux verts, taille moyenne, tout moyen sauf caractère plutôt colérique et autoritaire (yeux fulminants à l'avenant). Femme sauvage. Conduit loin et longtemps. Sait bricoler, prendre des photos, cuisiner et écrire, grimper aux arbres, changer un pneu. Secouriste. Fait ses savons, yaourts, laits d'oléagineux, pâtes à tartes et cosmétiques maison. Bonne mémoire. Vit plutôt la nuit. Accompagnée de sa panthère-qui-n'a-qu'un-oeil et aussi sauvage qu'elle. Bon contact avec les enfants. A besoin de hauteurs dans son paysage.

ooo

28 février

aujourd'hui froid

mes pieds.

Ma main droite qui tient la souris et se trouve côté fenêtre.

Sensible à l'humidité surtout quand je suis immobile. Je ne peux m'endormir si j'ai les pieds froids. Douche ou bain de pieds obligatoire en hiver (les mollets du conjoint ne suffisent pas).

Impression souvent de me refroidir de l'intérieur. Parfois un froid sur l'estomac semble le paralyser : inutile de manger quoi que soit lors de cette occurrence. Attendre que ça passe, tenter des manoeuvres de respiration et de calme.

La fatigue souvent me refroidit. Les émotions aussi. A cela s'ajoute alors un grand tremblement intérieur.

Le froid de la montagne avec la neige qui crisse. J'ai encore des images de mes descentes un hiver, depuis le pic du midi de Bigorre, direction Barèges, face au soleil couchant, dans le grand calme et la lassitude, la promesse d'une douche et d'un bon repas nous attendant.

Mon Lumineux se refroidit vite. Enfant mince qui n'a pas de gras, qui n'aime pas manger, qui a une température basse, il a besoin de plusieurs couches de vêtements malgré son agitation quasi permanente, et surtout du rappel suivant : tu as besoin d'énergie, mange un peu. Ne pas lui interdire une cuillère supplémentaire de crème fraiche, au contraire lui ajouter de l'huile dans la soupe.

Il faisait assez doux aujourd'hui au soleil, mais bien plus froid qu'hier soir, pendant le foehn de la tempête et ses 18° à 21h.

lundi 8 février 2010

Semaine 5 : VSD

5 février

aujourd'hui vêtement

Gilet de laine à capuche vert anis. Bien chaud. Mais seulement un tee shirt manche courte en coton dessous. Et pantalon de toile légère, noir, au bas resserré. Ciel bleu, nuages gris et rose qui filent ce soir. Des bancs d'oiseaux au-dessus des arbres qui appellent déjà la sève.

Je parie que dans une semaine il y aura déjà des bourgeons.

Passons au bureau.

Solaire allume seul l'ordinateur. Installe son DVD de jeu. Me demande de venir. Comme je tarde il trouve comment ouvrir le poste de travail, clique avec le trackball sur l'icône du DVD et l'ouvre. A l'intérieur il clique plusieurs fois jusqu'à atteindre le jeu. Il m'a vue faire ces manipulations il y a au moins trois semaines. Mais il a un sens intuitif du fonctionnement du PC. C'est impressionnant.

Quand j'arrive je vois qu'il joue déjà. Un jeu de lettres : il doit réécrire le nom d'une ville (Valence), dont presque toutes les lettres sont tombées. Il ne sait pas lire, ne connait pas toutes les lettres, mais il a un sens du rythme entre les consonnes et les voyelles plutôt hallucinant. Je suis épatée !

Ce soir à l'atelier d'écriture, la bibliothécaire a lu mon texte, conquise. Elle dit comme Aigue Marine que je me dois d'écrire. Tandis que Marin Ledun, l'auteur qui nous aide, n'a émis aucune appréciation de mon texte, qui me semble loin de sa façon d'écrire. Tandis que les deux autres aspirants nouvellistes sont un peu sur leur quant à soi, l'un n'ayant pas lu et pas envie de lire mon texte, l'autre me donnant des idées. C'est ça qui est intéressant : ce débat d'idée, le fait de pouvoir raconter mon histoire et de me rendre compte que ça ne tient pas debout, que ça sonne creux si je continue de cette manière. Et puis d'écouter ce que ça évoque pour les autres, et piocher dans leurs idées ce qui va me servir. Ensuite, c'est reparti !

ooo

6 février

aujourd'hui celui ou celle qui dit « oui »

ça fait forcément irrésistiblement penser à une scène de mariage, cet intitulé.

Bon, j'ai déjà parlé de ma conception du mariage, en fait je pense que ça ne sert pas à grand-chose.

Cependant si je veux être honnête je dis que je n'ai jamais voulu me marier, mais que je l'ai fait pour avoir des enfants. C'est un peu bizarre mais ils ne sont arrivés qu'après.... comme si nos corps et nos esprits n'avaient pas su fabriquer des bébés avant qu'on ait ce fichu papier.

Ou alors

Oui on veut aller écouter le concert qui a lieu à la bibliothèque, mais on veut aussi jouer avec le copain qui est là aussi, courir, sauter, bouger.... Et voilà qu'un moment qui aurait pu être sympa devient une heure d'observation rapprochée avec force « chut ! ». Pour finir nous sommes sortis. Et j'étais en colère contre eux.

ooo

7 février

aujourd'hui c'est presque

terminé.

Ma nouvelle noire.

J'ai réussi à l'écrire. A trouver une chute.

Il m'a suffit de me débloquer vendredi, pour pouvoir terminer mon texte.

Me reste à trouver un titre, un pseudo, à aller au service de l'Etat Civil de la mairie pour observer les lieux et pouvoir les décrire (il y a eu des travaux depuis ma dernière visite là-bas) parce que j'en ai besoin pour ma fin.

Et voilà !