Le vendredi 9 il faisait gris et frais, et pluvieux.

On a décidé d'aller manger au restaurant libanais avec un ami. Petite discussion tranquille, pendant tout le repas, entre nous et avec la patronne, Claire, que nous connaissions bien puisque nous nous étions mariés dans son restaurant.

En sortant, vers 23h, je me souviens qu'on a encore parlé, devant la vitrine du magasin de BD en face. Et puis j'en ai eu assez de rester debout dans le froid, sous le crachin.

Il faut dire que j'étais enceinte de 9 mois.

On s'est couché, endormi.

Et puis vers 3h je me suis réveillée mouillée.

Une excitation croissante me tenait : le moment approchait !

Quoi faire ?

Après avoir vérifié que, oui, le liquide amniotique continuait de couler entre mes jambes, régulièrement, clair et d'une odeur à nulle autre pareille...

J'ai pris le livre d'Isabelle Brabant, sage femme québécoise, pour relire les pages concernant ce cas de figure. Elle y parle d'infection possible, redit bien qu'il faut rejoindre la clinique ou l'hôpital le plus proche pour analyses, mais que les contractions ne peuvent pas forcément être au rendez-vous, et ne commencer que 24h après. Donc, en l'absence de problèmes, fièvre ou malaise, rien ne presse.

J'ai donc laissé dormir le futur papa, et terminé de préparer mon sac pour la maternité.

J'ai arrosé les plantes en prévision de mon absence.

J'ai parlé à ma chatte, inquiète de me voir debout en pleine nuit, lui ai expliqué qu'elle allait être grande soeur et devoir me partager...

Puis j'ai tenté de me rendormir, en l'absence de contractions. C'était sans compter l'excitation, les questions, les interrogations, les idées, les réflexions, les supputations, les énumérations, les visions floues....

Je me suis levée à 7h.

Pour prendre un petit déjeuner copieux. Pensant bien qu'on allait m'interdire de boire et manger à la clinique.

Effectivement les sages femmes ne se sont inquiétées que de ce qui allait sortir de mon ventre, et pas de ce qui pouvait y entrer.

Analyses du liquide. Monitoring. Contractions légères mais pas significatives d'un début de travail. Observation toute la journée.

Heureusement que j'avais un livre !

Et que nous n'habitons pas trop loin de la clinique. Humain a pu aller me chercher des fruits, des fruits secs, et de l'eau, car personne n'a voulu me fournir un repas.

On a fini par m'octroyer une chambre pour me laisser tranquille.

Les 2 sages femmes de la journée avaient réussi à dissuader la gynécologue de garde de ne pas déclencher l'accouchement. Ouf ! Toujours ça de pris !

J'ai donc renvoyé Humain à l'appartement, lui disant que je l'informerais par sms de l'avancée du travail.

Nous étions le 10 janvier 2004. Après une douche je me suis mise au lit vers 22h.