Parchemins Instantanés

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dimanche 14 novembre 2010

15 auteurs en 15 minutes

La bouseuse m’a taggé.

Soit.

Mais elle a du goût. De la culture. Et il faut parler de livres ; citer 15 auteurs qui m’ont marqué, sans réfléchir plus de 15 mn.

Si vous voulez aussi raconter vos auteurs : Leeloolène, Floh, Akynou, Planeth, je suis curieuse de vous lire… et si vous ne voulez pas, tant pis. Alors laissez-moi vous dire ce qui est sorti de mon chapeau après 5 mn, ma liste s’allongeant inexorablement au bout de 15… il a fallu faire un choix.

- John Irving, Le monde selon Garp, et puis tous les autres au fur et à mesure des traductions en français. Longtemps il a été le seul auteur dont j’achetais tous les livres en édition brochée, dès leur parution. J’ai été déçue par le dernier. Il a changé. Et moi aussi. Découvert à 17 ans, c’est normal.

- Marguerite Yourcenar, avec un fétiche L’œuvre au noir, parce que Zénon me suit et me guide depuis mes 17 ans aussi. Mais j’ai tout lu d’elle. Je suis comme ça : quand j’aime je lis tout, et je fonctionne aussi par association, je vais voir sur les côtés ce qu’aiment ces auteurs. Longtemps j’ai relu L’œuvre au noir une fois par an.

- Ella Maillart, qui est ma figure tutélaire, un guide, une boussole. J’ai non seulement tout lu d’elle, mais j’ai aussi des livres de photos, vu ses expos à 250 km de chez moi, écouté ses enregistrements d’émission radio, lu des articles et documents, vu des DVD sur elle, je lui ai écrit et elle m’a répondu. Et chaque année le 27 mars je pense à elle, partie dans la lumière en 1997. Je conseille aussi Elégie pour Ella Maillart d’Anne Deriaz, qui a partagé les deux dernières années de sa vie . J’aime beaucoup ce qu’elle disait à Nicolas Bouvier, venu lui demander conseil : "Partout où des hommes vivent, un voyageur peut vivre aussi..." et "essayez donc cette route, et si elle ne vous convient pas, rentrez!". Un jour j'irais voir sa maison à Chandolin sur Sierre.

- Nicolas Bouvier, également suisse et écrivain voyageur. Ses livres m’accompagnent souvent en vacances, sur la route dans mon camion. J’aime le lire par bribes, l’avoir dans ma bibliothèque, c’est un réconfort. L’image de ce que j’aime : la photographie en noir et blanc, instantanée, pour lui aussi (comme Ella Maillart). L’image de l’aventure humaine dans le monde. Le fait que ces écrivains aient pu, encore, arpenter le monde avec peu. Et surtout l’Asie.

- Tarun J. Tejpal, écrivain et journaliste indien, contemporain, en activité. Pour l’Inde, pour le foisonnement, la langue, sa façon de parler du sexe, tout à fait naturelle. Voilà un auteur qui m’enchante. Un jour j’irais en Inde.

- Haruki Murakami, pour rester en Asie, côté Japon. J’ai commencé par ses nouvelles sur le tremblement de terre de Kobé. Et puis j’ai tout lu, à un moment où trouver ses livres était une gageure. J’ai même écrit aux éditions pour savoir s’ils envisageaient de publier en français. J’avais fait ça aussi pour Ella Maillart. Mon préféré a longtemps été Les chroniques de l’oiseau à ressort, il est supplanté par Kafka sur le rivage. Il y a de la légèreté, de la fantaisie, de la philosophie, de la profondeur, du road movie et du jazz. Un vrai monde.

- Jiro Taniguchi pour représenter la BD, découvert il y a moins de 10 ans, avec Le sommet des Dieux, premier manga que j’ai lu, les yeux écarquillés. Je continue de le lire avec beaucoup de plaisir. Il véhicule une idée du Japon traditionnel que je retrouve au cinéma chez Hayao Miyazaki. Superbe, très personnel et en même temps universel.

- Alexandra David Neel est aussi un auteur qui m’a marqué. Pour l’image de la femme, l’éducation qu’elle a reçu. Elle a fait une fugue à 3 ans, n’a pas connu l’école, mais un destin singulier, une vie libre, une grande recherche à la fois spirituelle et intellectuelle, humaine. C’est le 3ème destin de femme affranchi de l’école de ma liste. J’y pense maintenant (Ella Maillart a été à l’école mais jusqu’à 15 je crois, ça ne l’intéressait pas). Ce qui est important c’est le sens du possible, l’idée qu’elle a pu aller au bout de ce qu’elle envisageait. Et aussi bien sûr le Tibet. J'ai été trois fois à Dignes visiter sa maison.

- Fred Vargas, une autre femme, pour son univers et ses personnages d’historiens J’adore les 2 étages et le sous sol de la maison, pour Mathias le chasseur cueilleur, Marc le médiéviste, Lucien le contemporanéiste, dans Debout les morts. On sent l’influence de son père, surréaliste, dans ses bouquins jubilatoires et libres.Possible que ce soit des polars pour ceux qui n'aiment pas les polars. En tout cas ils me plaisent.

- René Char, pour le rythme, les formules, les antiennes que je me répète, ses métaphores et phrases incisives et habitées. Pour l’Histoire aussi. C’est mon représentant de la poésie. Mais il cohabite dans ma bibliothèque avec Baudelaire, André Velter et Rimbaud.

- Robertson Davies, pour l’érudition et le sens du récit. Je suis arrivée à lui grâce à John Irving, qui l’a considéré comme un maître. Et il ne m’a pas déçu. Non seulement il est en bonne place dans mes étagères, mais je le garde pour le relire, avec plaisir, quand j’en aurais envie. Tout est à lire.

- Gabriel Garcia Marquez, pour représenter la littérature d’Amérique Latine. Pour le foisonnement et la jubilation de ce monde gai et très minutieusement expliqué. Je dois relire Cent ans de solitude, mais je garde un bon souvenir des Funérailles de la grande mémé, ou de Chroniques d’une mort annoncée.

- Martin Winckler, parce qu’il aime les femmes, qu’il fait à la fois une œuvre utile et littérairement intéressante, le tout mêlé à son destin d’homme simple, et d’historien de sa famille (avec Plumes d’Ange). Encore un auteur dont j’ai tout lu (non, je mens, je n’ai pas lu ses essais sur les séries américaines, parce que je ne regarde pas de séries), et qui a l’avantage d’être contemporain, pas trop âgé, facilement accessible. Son blog médical est très informatif, , et le littéraire est une sorte de work in progress auquel chacun peut participer grâce aux jeux littéraires proposés Quant à ses livres, en commençant par La maladie de Sachs qui l’a fait connaître, il faut passer par La vacation qui milite pour le droit à l’IVG, ses polars, ses livres de science fiction, et même ses livres pour enfant avec L’enfant qui n’aimait pas les livres, que je viens de découvrir et que mes garçons ont bien aimé. Il faut surtout lire Le chœur des femmes, très important pour les femmes, et ceux qui les aiment.

- Milena Agus, pour la liberté et les sentiments tellement bien décrits au travers des actes. Je la mets dans la même case qu’Alessandro Baricco, pour le sens de l’histoire poétique et hors du temps, mais on va dire que je cite la femme de préférence. Elles sont trop souvent oubliées de ce genre de listes.

- Philipp Pullman enfin, dont la trilogie A la croisée des mondes me semble plus riche et profonde, plus creusée que Harry Potter. Ce n’est pas le même univers, mais celui de Pullman est plus complexe que celui de J. K. Rowling. L’an dernier j’ai relu tout HP, puis A la croisée des mondes, et j’étais bien plus bouleversée, il y a davantage d’éléments encore dans l’ombre (pour moi) dans cette trilogie, ce qui revient à dire que je la relirais en y trouvant encore de quoi réfléchir. Je ne cesse de la recommander à mes amis, adultes, autant qu’à leurs enfants en âge de la lire.

J’ai réussi à citer d’autres auteurs dans mon énumération. Mais je pourrais aussi ajouter Perec, Tolkien, Taslima Nasreen, Timothy Findley, Théodore Monod, Mircea Eliade, Nigel Barley et sûrement d’autres encore…. A lire les listes je constate que les amours littéraires sont assez tributaires de l'âge du lecteur : c'est à la fois une façon d'être et de vivre dans son époque, d'aimer ou de connaître un auteur, et aussi la marque de ce que le lecteur a vécu. En outre, ma liste est assez figée pour cause d'écrivains morts (environ la moitié de ma liste) mais je constate qu'elle dit aussi que je découvre encore des auteurs. Elle est fidèle aussi à mon désamour des auteurs français contemporains, qui me tombent des mains, ou que j'oublie à peine refermés. Cependant je constate 7 auteurs francophones, dont 2 vivants... seulement.

vendredi 7 mai 2010

Semaine 18 : mercredi et jeudi

5 mai

aujourd'hui je pourrais tout aussi bien

rester chez moi et faire le ménage, le rangement, la cuisine...

ou bien passer la journée à lire et écrire,

faire des cosmétiques,

aller au hammam...

au lieu de ça j'ai amené les garçons au centre aéré

avant d'aller au marché,

Je suis rentrée manger un peu, donner quelques coups de téléphone pour organiser notre semaine prochaine dans l'Ariège, j'ai reçu des appels aussi : le livre que j'avais réservé dans une des médiathèques est disponible.

Je suis partie à mon rendez-vous avec la maman qui voulait m'acheter l'ancien siège auto (9 à 18kg), et je l'ai vendu.

Ensuite j'ai erré dans la librairie pour fureter et prendre des photos (une histoire de diptyque).

Je suis allée à la médiathèque choisir des DVD et des livres (encore et encore) pour mes garçons et nous.

Résultat : la cuisine était encore en bazar à 18h, j'ai tout rangé fissa avant d'aller chercher les enfants.

Retour pour manger des pâtes et offrir du foie de poulet frais à ma chatte... qui n'en a pas voulu, a tout juste daigné en manger un morceau quand je l'ai cuit un peu.

M'enfin ?!

ooo

6 mai

aujourd'hui un carré parfait

pas facile à faire, mais j'aimerai essayer quand je vais découper mon savon. J'aime les savons carrés, tels ceux d'Alep et de Marseille, fonctionnels, bruts, que l'on a bien en main, qui peuvent servir à frotter du linge.

Le patch Emla est-il un carré parfait ? Je ne sais pas. Il a les coins arrondis en tout cas. Demain j'en mets un à mon Solaire pour la première prise de sang de sa vie. Nous avons été aujourd'hui au labo pour une prise de contact et une explication de l'acte sur les lieux.

dimanche 14 mars 2010

Semaine 10 : VSD

12 mars

aujourd'hui facile facile

Rien de facile dans ma vie, jamais.

Mais je crois que j'ai besoin de batailles pour me sentir exister, pour me pousser, pour aller au-delà du médiocre, pour m'améliorer sans cesse.

Néanmoins et même si ce n'est pas facile facile, je sens que je prends un chemin qui me dit « oui », que j'avance à petits pas vers je ne sais quoi qui me plait.

Pour ce jour : le facile fut cette tarte aux blettes, dont tous les ingrédients me sont tombés sous les mains, improvisée comme à l'habitude. Je ne fais jamais deux fois la même recette. Ni en cuisine ni en cosmétiques.

La virée à la bibliothèque dans laquelle j'ai trouvé des livres de Pascal Dessaint, commencés de suite.

Pour les enfants, j'ai démarré avec eux hier soir la lecture d'une BD nommée Les enfants d'ailleurs, de Nykko et Bannister , et ce soir il fallait vraiment lire le tome 2 . Ce sont des livres de l'excellente collection Punaise, chez Dupuis. Ils ont bien accrochés aussi aux histoires de Sac à puces, dans la même collection.

Je suis surprise par Solaire, 4 ½ ans, qui suit et demande, observe les détails, verbalise ce qu'il voit. Alors que ce petit bonhomme a fait mine pendant longtemps de ne pas s'intéresser aux livres, le voilà qui semble comprendre et suivre des histoires bien au-delà de son âge.

ooo

13 mars

aujourd'hui il a dit

« Tu es la maman la plus belle de tout l'univers et de toute la terre. La maman la plus fantastique et extraordinaire. »

C'est, dans la bouche de Lumineux, à la fois un fond de ce qu'il ressent, cet élan d'amour, et aussi un jeu sur les mots, qu'il savoure et dont il se délecte, dont il se plait à lire dans nos yeux les remous.

Jeux avec l'imaginaire aussi : je suis un enfant spécial, je viens de mars, et je n'arrive pas à débrancher mon cerveau.

ooo

14 mars

aujourd'hui moment de solitude

Seule dans mon camion je suis partie voter. Puis prendre l'autoroute pour aller skier. Le soleil se levait. Les montagnes se dessinaient. J'aime voir les différents plans devant moi, tracer la route et admirer le vert profond devant, le vert moyen derrière, le vert brumeux à l'arrière plan. Le rapace sur la branche. L'architecture qui change. La neige sur la colline au nord. Ecouter une émission de radio sans être interrompue par un enfant, pouvoir laisser mon esprit divaguer, sur la vague des paroles, des accents, des musiques.

Parking. Navette. Louer des skis. Prendre mon forfait. Rejoindre C et M et leurs copains pour skier.

Première descente et sensations retrouvées. M. voit que je le suis : « ça fait du bien de voir qu'il y en a qui suivent !  Ça te dirait de s'échapper tous les deux pour aller faire les noires ? » Allez !

Retour toujours seule. Calme. Centrée.

La paix du grand air et de l'exercice au soleil valait bien 4 h de route.

dimanche 21 février 2010

Semaine 7 : VSD

19 février

aujourd'hui fragment d'aujourd'hui raconté en fait divers

C'est l'histoire d'un homme qui veut à tout prix mêler son métier et sa vie, faire en sorte que l'un nourrisse l'autre. Il est à la fois médecin, écrivain, spécialiste des séries. Son éthique est remarquable. Il est rare de constater une telle adéquation entre une façon de vivre, de réfléchir, et une volonté d'améliorer, à la fois le système et les enseignements. A la fois par une réflexion dans le monde par des articles journalistiques, et dans ses écrits fictionnels. Marc Zaffran, alias Martin Winckler, a écrit un article important, qui ne concerne pas que les soignants, mais aussi les patients en puissance que nous sommes tous.

ooo

20 février

aujourd'hui ce qui pourrait me faire passer pour folle

pas mal de choses en somme.

Dire ou écrire de façon brute ce que je suis, ce que je veux, ce que je sais. Faire des raccourcis qui semblent détonnants à certains. Fabriquer des potions et des cosmétiques maison.

Pour aujourd'hui, laisser mon Lumineux être libre et parler, expliquer aux adultes rencontrés qu'il est fan des livres, qu'il a envie de tout lire.

ooo

21 février

aujourd'hui hygiène

de vie.

Sortir. M'aérer. Aller dans le temps incertain et le froid qui perdure, accompagnée de toute une bande de Lézards, grimper sur des falaises.

Et, finalement, être bien dans le soleil et bien dans l'air vif des 500m de Troubat. Me régaler les yeux, les jambes et les bras. Me frotter aux rochers. Jubiler d'être là, dans la hauteur et devant ce spectacle. Prendre des photos à l'arrivée au relais.

Faire la chèvre, le chat haut perché. Revenir à des considérations simples, à des rapports qui vont à l'essentiel de la vie.

Sport complet qui allie travail des bras, des jambes et de la tête pour garder à l'esprit la sécurité, les maneuvres indispensables, et l'humilité de pouvoir dire, de savoir dire : j'arrête, je suis fatiguée, ou encore : par là je ne peux pas, je vais chercher un autre chemin.

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