Parchemins Instantanés

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lundi 22 mars 2010

Semaine 11 : VSD

19 mars

aujourd'hui en toc

Ce qui est en toc ici ne dure pas longtemps : j'ai un petit bonhomme testeur en résistance des matériaux, et il faut acheter du sérieux sous peine de casse rapide. Il est expert en lignes de faille, fentes diverses, écrasage sous pied, voire lancer du 5ème, quand ce n'est pas contre un mur. Au motif que « c'est moi le chef » il refuse qu'on lui résiste. Explications à faire quotidiennement, donc...

Rien en toc non plus chez le Chevaliers des Touches, qui se met en devoir de nous expliquer comment il écrit . Ça me plait !

Quant à moi je continue d'écrire. De petits exercices pour m'entrainer. Je me rends compte que les contraintes me vont bien. Je devrai peut-être m'en inspirer pour la vie quotidienne....

ooo

20 mars

aujourd'hui au pied du lit

C'est une image : nos lits sont à raz de terre, matelas futon sur tatami. Pas de pieds donc pas de risques de tomber. Option choisie pour cause de petits garçons.

IMGP9056.JPG

Autour des lits donc : lampes, chaussettes, livres, coussins parfois, pyjamas ou tee shirts, plaids. Mouchoirs en papier à la tête des matelas, sous les oreillers, pour les rhumes subits, les éternuements intempestifs, le soir et le matin.

Parfois un récipient de plastique en cas de gastro, accompagné de vieilles serviettes pour éponger.

Sous les oreillers des voitures, billes, épées de plastique Playmobil, briques de Lego, lampes de poche à dynamo, petits hiboux japonais faits maison, trésors divers et variés.

Mais au saut du lit il a fallu courir, se préparer, partir qui au judo qui à l'escalade. Manip aujourd'hui : maillon rapide, descente en rappel. Pas trop physique, juste ce qu'il me fallait. Juste la pêche nécessaire pour partir en vélo cet après midi à la dédicace de Marin Ledun, librairie La crème du crime.

Parler avec des gens de convictions fait toujours du bien.

Fin de journée au festival de la petite enfance rejoindre mes loustics et leur père, retrouver une amie et sa petite fille toute neuve.

Alternance de bonheurs et de malheurs dans cette semaine. Annonce de la naissance d'une petite cousine, mais hémorragie très grave de la maman, en soins intensifs. Annonce d'une IMG pour une copine qui vit ça après une fausse couche : toute la famille est bouleversée. J'écoute, j'aide comme je peux.

La vie est si proche de la mort.

ooo

21 mars

aujourd'hui ce qu'il en restera dans un an

Ah ah ! Ça dépend de quoi l'on parle.

Et ça dépend ce que l'on mange...

Une nutritionniste a fait l'expérience suivante : laisser un « Happy meal » un an dans sa cuisine.

Savez-vous ce qu'il est devenu ?

Il ne s'est pas décomposé.

Voir là : A vos oignons.

et pour la source : ici.

Et ça, ça me fait penser que j'achèterais bien un lombricomposteur si j'avais quelques sous à dépenser. Notons ça dans le carnet « dépenses à prévoir » que je viens juste de créer. Voilà, c'est fait. Vous avez sûrement entendu parler du lombricompostage ?

Il s'agit d'une tour à étages qui loge deux types de vers. Une fois l'HLM construit on installe la litière, les vers, et on peut donner à manger aux locataires.

On leur donne les déchets alimentaires de la maison : épluchures, fruits blets, et même boites à oeufs, poches papier. Le but est d'avoir moins de sacs poubelles à sortir de l'appartement. Et aussi de récupérer du compost, et de l'engrais liquide pour arroser les plantes.

Plusieurs marques proposent des lombricomposteurs : voir là.

Il est même possible de le fabriquer, et c'est peut-être cette solution que je vais adopter

vendredi 3 octobre 2008

A la manière de...

4.3.jpg

Mon cousin et moi nous aimions faire l'amour dans ce lit tout simple, bas, dans lequel nous mettions parfois des draps de lin naturel quand il faisait chaud, parfois des draps de satin foncé et des coussins lorsque nous étions plutôt d'humeur aux cachotteries, aux secrets, que nous voulions nous soustraire à tout ce monde qui nous semblait si barbare et si hostile parfois.

Nous aimions faire l'amour

inévitablement, quand nous nous frolions dans le noir,

indéfectiblement, quand nous sentions si fort que nos liens s'étayaient depuis si longtemps,

irrégulièrement lorsque nos chemins se croisaient et nos vies se dispersaient,

illusoirement les jours où nous étions amers et déçus de la vie,

puissamment parce que nous étions fous amoureux et jeunes, si jeunes !

Jazzistiquement en écoutant John Coltrane siffler Blue Train,

baroquement lorsque la pièce était pleine de la musique de Mikis Théodorakis orchestrant le Canto General de Pablo Neruda,

littérairement lorsque nous lisions ensemble Anaïs Nin,

ludiquement le jour où j'ai amené un godemichet, et lui des boules de geisha et un anneau pénien,

les yeux plissés et en ronronnant parce que nous aimions les chats, leur douceur et leur puissance (et Baudelaire),

souplement quand nous expérimentions les positions du kama sutra,

à la va vite lorsque nous n'avions que 10 mn avant un rendez-vous,

élégamment pour un jour de carnaval où nous étions déguisés en personnages distingués,

sans se voir parce que nous aimions jouer dans le noir,

avec gourmandise le jour où il m'a enduite de chocolat, puis de miel, a laissé couler du champagne entre mes cuisses, où j'ai fait tomber goutte à goutte de la crème anglaise au bout de son gland...

librement parce que nous n'avions aucun tabou,

délibérement,

respectueusement,

lassivement,

Et enfin palliativement lorsque j'ai rencontré un autre homme et que je ne pensais qu'à cet autre.....

Ceci est ma participation au Diptyque 4.3 d'Akynou . Il s'agit d'écrire un texte évoqué par cette photo de Michel Clair.