Parchemins Instantanés

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mardi 30 décembre 2008

Rien à redire à ces mots

Il m'arrive de lire le bloc-note du désordre , très riche et dense et humain, profondément humain.

J'aime le billet que je découvre ce soir (daté du 28 décembre), qui montre une qualité qui semble faire défaut à beaucoup de nos concitoyens : celle de l'acceptation de la différence.

Suivez le lien et allez lire l'article de Libération auquel il fait référence.

vendredi 28 novembre 2008

Elégie pour un américain

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Serais-je capable d'expliquer pourquoi j'ai beaucoup aimé le livre de Siri Hustvedt ? Erik et Inga sont New yorkais, ils viennent de perdre leur père et de s'approprier ses mémoires ainsi qu'une lettre au sujet d'un passage de sa vie qu'ils ne connaissent pas. Ils vont donc faire des recherches à ce sujet.

Lars est divorcé et psychanaliste, sa soeur est écrivain et veuve d'un écrivain célèbre. Tous les deux sont à la fois dans leur époque, dans l'Histoire de leur père et de sa famille, et dans la reconstruction de leur vie après le 11 septembre 2001.

Siri Hustvedt a dédié ce livre à sa fille Sophie (dont le père est Paul Auster, autre écrivain new yorkais) et elle explique que les passages du journal du père sont tirés des mémoires de son propre père Lloyd, décédé en 2003 au moment où elle commençait la rédaction d'Elégie pour un américain.

Elle nourrit donc son récit de sa propre histoire d'immigration, mais je n'ai pas senti cela comme un thème particulier, plutôt comme une évidence pour un roman sur New York et ses facettes multiculturelles diverses. Peut-être aussi parce que j'ai lu il y a peu Brooklyn Follies de Paul Auster, que j'ai encore présent à l'esprit cette atmosphère des films Smoke et Brooklyn boogie, leur cosmopolitisme naturel. Je n'ai jamais été à New York, j'imagine donc la ville à partir de cette base, mêlée aux films de Woody Allen, et aux images des reportages sur le 11 septembre 2001.

L'autre personnage immigré est Miranda (jamaïcaine), accompagnée de sa fille Eglantine, qui sont les locataires d'Erik et représentent un peu l'éclaircie dans sa vie actuelle, le rayon de soleil. Avec Miranda c'est le dessin et les arts graphiques qui entrent dans la vie d'Erik et dans le roman, et aussi la photographie en la personne du père, peu présent de la petite Eglantine.

L'écriture est fluide et profonde, élégante. Je ne me suis jamais perdue dans les profondeurs des détails des pensées des protagonistes : tout est clairement mais finement décrit. Et pourtant je ne l'ai pas lu d'une traite, mon esprit a été pris par bien d'autres sujets pendant ce dernier mois. Mais toujours je revenais à ce récit avec plaisir et en sachant où j'en étais, même si je n'avais le temps que pour une page. De même j'ai réussi sans peine à lire au milieu de mes enfants jouant et m'interrompant.

J'ai été prise par cette histoire, ces allers et retours entre hier et aujourd'hui et les pensées personnelles d'Erik et Inga, parfois croisées quand il s'agit de démêler à la fois le mystère de la lettre de leur père, ou encore celui de la vie de Max, feu le mari d'Inga; et parfois très intimes quand on évolue dans les désirs, les souvenirs, les patients et les fantasmes d'Erik. Il est un archéologue patient et précis, rigoureux et très humain, des émotions : les siennes et celles des autres.

Un grand roman, vraiment, que je recommande !

J'y ai trouvé des lignes qui décrivent des sentiments et expériences dont je viens juste de prendre conscience, des phrases que j'ai envie de garder. C'est d'ordinaire, pour moi, signe que le livre est important, à ce moment, dans ma vie. Et qu'il est aussi important parce qu'en racontant une histoire il touche à l'universalité de l'âme humaine.