C'est l'air qui me court dans la tête, depuis hier, en fond, par moment.
Alors j'ai eu envie de l'écouter.
Et je suis tombée sur cette version de Catherine Ringer, accompagnée par Richard Galliano himself, en 1990.
Quelle puissance, quelle voix !
Et quelle résonnance avec les nouvelles qui m'habitent et me rendent joyeuse en dedans !
Vendredi séance d'ostéopathie, enfin ! Attendue depuis des mois, pendant lesquels je suis allée voir un étiopathe, bon mécanicien de mon corps, mais qui n'a rien compris à mes énergies et à ma structure. C'est clairement un corps de métier que je peux éviter, maintenant que j'ai testé, pas nocif, mais inefficace pour moi.
Mon ostéopathe, lui, est un orfèvre, il comprend toute mon horlogerie mécanique et aussi mes énergies. Quel plaisir de me confier à lui, physiquement et mentalement ! Un homme qui me demande comment va ma vie, parce qu'il sait que mes douleurs et torsions sont dues à ce que je vis à l'intérieur de ma tête. Je le connais depuis plus de 10 ans, pas besoin de raconter les détails, juste ce qui coince, ce qui me pose question. Cette entorse au pied gauche, à l'intérieur, qui vient d'ailleurs 10 après une autre, à l'extérieur … en lui disant que je viens de me rendre compte de ce cycle, en lui racontant, je me demandais tout haut s'il s'agissait d'un fait nouveau ou bien d'une boucle bouclée enfin ? La fin du cycle.
De toutes les manières, c'est toujours mon côté gauche qui est atteint. Quelque chose qui est en trop ou qui manque. A sentir.
Et puis, en rapport avec l'âge, l'expérience... je me sens toujours mieux dans mon corps après l'avoir vu. Et aussi dans ma tête.
Fin de journée en accord avec mon corps, sensation de le rehabiter partout, d'être dans tous ses recoins en même temps que j'étais extérieurement avec d'autres. Un peu lessivée, intériorisée, remise à neuf, à l'écoute de mon battement interne. J'ai profité de tous les moments. Samedi après midi au soleil du parc avec mes deux lutins coureurs. Rencontré une connaissance, qui a grandi dans le même quartier que moi, qui doit avoir 2 ou 3 ans de plus que moi.... et qui a une petite fille de bientôt 3 ans.
Peu de choses à se dire puisque nous n'étions pas intimes, et aussi introverties l'une que l'autre. Mais j'ai été heureuse de cette découverte : voir des enfants petits, dans une famille touchée par le deuil dans la jeunesse (je me souviens du suicide de son frère ainé lorsque nous étions ado), ça donne chaud au coeur. Un renouveau, un espoir. La vie qui continue in extrémis, juste avant qu'une femme soit trop vieille pour que sa grossesse soit à risque.
Hier mon amie Aigue marine me conseille de lire Fugitives, d'Alice Munro. Je lis des critiques, je me dis que ça va me plaire... et que le livre est dispo dans une des médiathèques de l'agglomération. Celle qui est justement la seule ouverte le lundi ! Et dont la bibliothécaire est aussi une amie de lycée.
Allez, zou, j'y vais. Apporter des programmes et affiche de Jazz In Marciac au passage (autant voyager utile aussi).
Et nous voilà dans cette atmosphère calfeutrée en train de papoter : et tes parents ? Bien, ils vieillissent, mais sont encore en forme. Et les tiens ? Et Humain ? Toujours pareil. Etc. Je l'ai connue avec un homme, puis ils ont divorcé. Je l'ai rencontrée avec un autre plus tard. La vie qui va. Les amours. Au détour d'une phrase anodine elle cite « la petite ». Une perche tendue. Et ta vie à toi ? Elle me dit que sa petite grandit, elle a 16 mois. Petit à petit, à pas de velours, pour me reapproprier l'histoire de V. j'avance et je découvre une grossesse naturelle qui est « la surprise du siècle », une naissance par césarienne chez une maman de 43 ans... Et voilà que cette nouvelle me réjouit très fort parce que là aussi il s'agit d'un désir d'enfant qui a couvé, longtemps (une phrase résonne dans ma tête, après son divorce elle m'avait dit « ce qui est dommage c'est que l'adoption allait aboutir ») malgré ce que me dit V.
