Parchemins Instantanés

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samedi 6 novembre 2010

Semaine 44 en cours

J’ai fini la chambre. J’ai remis les tatamis et les meubles dans une autre disposition. L’atmosphère est belle, la petite lampe éclaire les stores et la façade de bois clair, sous la baie vitrée. La chatte a tout flairé, est revenue s’installer sur ma couverture de laine rouge. Ça me plait.

J’ai peint des toiles d’araignées avec mes garçons. Et joué aux pirates mathématiciens.

J’ai refait des baumes à lèvres. Je recule encore le moment de faire d’autres cosmétiques et des savons. Je suis toujours partagée entre l’écriture, les loisirs concrets, la lecture.

Mais l’énergie est là.

Hier une copine m’a dit qu’elle me sentait centrée.

J’ai fait du pain, des cookies à la purée de potimarron. Mais je suis partagée entre ces réalisations, qui me font envie, et le non désir de les manger. Parce que je suis mieux dans mon corps quand je mange essentiellement du végétal, et moins de céréales. Et que si j’ai fait des biscuits, du pain, des tartes, je vais en manger au-delà de mes besoins physiques, par gourmandise.

En ce moment mes livres de cuisine, empruntés en médiathèque sont :

Et comme j’aime faire des expériences, je teste des recettes, ce qui me conduit à trop manger.

Amicalement je continue à faire des liens, à tisser des réseaux d’ondes qui permettent de me sentir à ma place et me nourrissent. J’ai revu mon cousin, a un tournant de sa vie, nous avons échangé très amicalement et nous sommes quittés contents de nous êtres vus. J’apprends de ces échanges avec ma famille de sang et celle de vie. Et je n’aurais jamais cru, il y a quelques années, que j’aurais tant de contacts vrais et profonds avec des personnes si diverses.

Cette semaine, M (21 ans), qui termine sa formation, était là pour ses cours. Quel chemin parcouru depuis janvier, où elle débarquait, pleine de volonté mais aussi de peur parce qu’elle n’avait pas confiance en ses capacités intellectuelles ! Maintenant elle sait qu’elle peut y parvenir, elle fait des projets pour plus tard, après avoir travaillé. Elle vient de s’installer dans un appartement avec son amoureux. Elle a la vie devant elle. Elle la prend à bras le corps. Je dois lui corriger un document important, puis l’amener sur son lieu de formation. Elle sait qu’elle peut me faire confiance. J’ai gagné ma place dans sa carapace. Et je sais bien que cette victoire, sur les années de scolarité qui l’ont brisée, aussi bien que la séparation de ses parents, va la rendre bien plus forte.

Hier j’étais à la ludothèque et j’ai écouté S. qui avait besoin de parler. De son tout petit aux besoins intenses, de son grand dyspraxique aux troubles de l’attention. Au-delà, elle me racontait en filigrane le manque de lien qui la fait souffrir, dû aux conditions de la naissance de l’ainée, alors que le lien semble évident avec le bébé, né à la maison.

J’ai passé la matinée à cuisiner et ranger pour pouvoir l’après midi échanger, écouter, et faire du papier mâché. Dans le même temps, selon une alchimie qui m’est propre, j’ai pris connaissance de concours de nouvelles qui pourraient m’intéresser. Cette idée m’habitait pendant que je vaquais à d’autres occupations. Je sais qu’elle occupe un pan de mon esprit et fait son chemin. Les garçons jouaient. Il faisait froid dans cette grande maison à la bonne atmosphère, mais aux fenêtres petites. J’avais les doigts gourds et les pieds gelés, malgré ma veste. En rentrant en ville j’ai déposé les garçons et leur père pour aller grimper. Et là, je me suis sentie vivante. Je me suis réchauffée. Mon corps a retrouvé sa forme, sa force. Je grimpe mieux. Je peux expliquer à un débutant comment faire son nœud de huit, le guider. Mes collègues sont heureux des photos que j’ai faites lors de la dernière sortie.

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Je pense au retour que j’aime la campagne mais pas avoir froid, que j’aime la chaleur de la ville d’autant plus que les montagnes sont proches. Que j’aime l’escalade et bouger, que j’en ai besoin.

Comme j’ai besoin de sillonner la ville pour sentir le paysage, habiter l’endroit pour pouvoir m’en tracer une image mentale encore différente de l’image cartographique, j’ai besoin de sentir mon corps fonctionner, sa souplesse et sa force, ses habiletés acquises à force d’entrainement, pour me sentir vivante.

De même, j’ai besoin de me sentir nourrie par du végétal vivant, de sentir la faim, et mon ventre se creuser, pour me sentir bien. De même, j’ai besoin d’avoir des mots, les miens ou ceux de poètes, comme René Char.

Demain est un autre jour. Et la semaine n’est même pas terminée.

mercredi 7 avril 2010

Semaine 14 : lundi et mardi

5 avril

aujourd'hui un mot que j'ai écrit

Ah, pas un ! Plusieurs !

Pas un jour ne se passe sans que j'écrive.

Voilà plus d'un an maintenant que j'ai enclenché le mécanisme et qu'il m'est nécessaire.

J'ai commencé par me demander quoi dire, et comment, ici, sur cet espace que je m'étais créé. Quoi dire en dehors des quelques exercices tels le diptyque initié par Akynou, ou les sabliers givrés de Kozlika. Textes qui ont vu mes débuts nouveaux dans le monde de l'écriture.

Et puis cet exercice des 366 réels à prise rapide, de Raymond Queneau, qui m'oblige à écrire quotidiennement au moins quelques lignes, est un bon défi aussi.

J'y ai adjoint les exercices proposés par Martin Winckler dans son Chevaliers des Touches.

Et je suis enfin passé à des textes plus longs grâce au concours de nouvelles Noires de Pau.

Disons que ma pratique évolue, devient plus souple que celle qui me valait des longues missives à des amis, apprend à jouer davantage, prend conscience de ces formules qui me viennent et traduisent une forme de pensée un peu obscure parfois. Je suis donc j'en ai conscience, brute et incompréhensible pour certains, clairvoyante et allumée pour d'autres. Authentique pour moi.

ooo

6 avril

aujourd'hui temps qu'il fait

doux, soleil, chaud et petits garçons encore fatigués qui se lèvent tard (11h ! rarissime), puis jouent toute la journée, ensemble, regardent un DVD, des sites internet sur les bionicles.

Du soleil qui entre par la baie vitrée, du linge qui sèche. Des mouvements fluides et des pleurs un peu. Solaire a eu 39° pendant 2 jours, aujourd'hui il est bien, mais très sensible et, s'il ne veut plus être constamment contre moi, il ressent tout très fort, et pleure à grand bruit d'un coup, d'une contrariété.

Impression (et j'espère ne pas me tromper) que cette fièvre marque la fin d'un épisode très long de maladies débuté par cette gène respiratoire début octobre (2 nuits d'asthme atypique). Est-ce la fin de l'hiver ?

Ce soir partis au cours d'escalade en camion : toujours cette impression d'aller en vacances quand il fait beau et doux, à bord de ce véhicule. Les garçons ont joué sur l'herbe devant le gymnase après le cours, ils ne voulaient pas rentrer, avaient envie d'aller au parc.

Souvent on prend le temps, quand il fait bon, de profiter de la nature et de la douce lumière du soir, alors que les familles sont toutes rentrées pour le rituel repas/bain/lit à 20h. Pas d'horaires permet d'être davantage en accord avec notre humeur, la nature.

Promenade plus longue de la chatte aujourd'hui. Elle est restée prostrée pendant plusieurs jours, marchait au ralenti, n'arrivait pas à sauter. Au bout de 2 jours j'ai pensé en la palpant qu'elle avait eu un coup près de la cuisse gauche, alors je lui ai mis de l'argile. Ça semble efficace : elle se laisse palper sans mouvement d'évitement désormais. Elle marche normalement et s'étire aussi du côté gauche (moins fort que du droit). Elle dort encore beaucoup et n'arrive toujours pas à sauter, mais elle essaye.

dimanche 21 février 2010

Semaine 7 : VSD

19 février

aujourd'hui fragment d'aujourd'hui raconté en fait divers

C'est l'histoire d'un homme qui veut à tout prix mêler son métier et sa vie, faire en sorte que l'un nourrisse l'autre. Il est à la fois médecin, écrivain, spécialiste des séries. Son éthique est remarquable. Il est rare de constater une telle adéquation entre une façon de vivre, de réfléchir, et une volonté d'améliorer, à la fois le système et les enseignements. A la fois par une réflexion dans le monde par des articles journalistiques, et dans ses écrits fictionnels. Marc Zaffran, alias Martin Winckler, a écrit un article important, qui ne concerne pas que les soignants, mais aussi les patients en puissance que nous sommes tous.

ooo

20 février

aujourd'hui ce qui pourrait me faire passer pour folle

pas mal de choses en somme.

Dire ou écrire de façon brute ce que je suis, ce que je veux, ce que je sais. Faire des raccourcis qui semblent détonnants à certains. Fabriquer des potions et des cosmétiques maison.

Pour aujourd'hui, laisser mon Lumineux être libre et parler, expliquer aux adultes rencontrés qu'il est fan des livres, qu'il a envie de tout lire.

ooo

21 février

aujourd'hui hygiène

de vie.

Sortir. M'aérer. Aller dans le temps incertain et le froid qui perdure, accompagnée de toute une bande de Lézards, grimper sur des falaises.

Et, finalement, être bien dans le soleil et bien dans l'air vif des 500m de Troubat. Me régaler les yeux, les jambes et les bras. Me frotter aux rochers. Jubiler d'être là, dans la hauteur et devant ce spectacle. Prendre des photos à l'arrivée au relais.

Faire la chèvre, le chat haut perché. Revenir à des considérations simples, à des rapports qui vont à l'essentiel de la vie.

Sport complet qui allie travail des bras, des jambes et de la tête pour garder à l'esprit la sécurité, les maneuvres indispensables, et l'humilité de pouvoir dire, de savoir dire : j'arrête, je suis fatiguée, ou encore : par là je ne peux pas, je vais chercher un autre chemin.

lundi 15 février 2010

Semaine 6 : VSD

12 février

aujourd'hui l'imprévu

c'est la neige, dans la ville et la région tout à fait rare et inattendue. Et qui, bien entendu, paralyse un peu la population. Somme toute c'est tranquille.

Promenade en ville en vélo, pour acheter un thermomètre de cuisine (le précédent a chut sur le carrelage) pour pouvoir faire des cosmétiques, yaourts et savons. Pas besoin d'un ustensile à 30€ ni d'un machin à pile : juste un tube de verre qui gradue de 30 à 100°. Hier j'ai cherché du côté des magasins qui vendent des ustensiles de cuisine et je n'ai trouvé que les versions sophistiquées. Aujourd'hui coup de téléphone à la quincaillerie : il en restait un (à 9,30€)!

J'en ai profité pour me promener à la librairie d'à côté, constater que si les gens n'étaient pas dehors ils étaient au chaud dans les magasins. J'ai acheté Bribes de sagesse d'Ella Maillart , ainsi qu'un livre sur les Vieux remèdes des Pyrénées de Magali Amir, Raphaële Garreta et Maryse Carraretto, dessins de Dominique Mansion. Suis passée à la confiserie Josuat pour me payer ma gourmandise périodique (3 fois par an ?) : des guimauves et des pâtes vanillées. Des bonbons venus de Montpellier, que je ne trouve que là.

L'imprévu c'est que l'atelier d'écriture, dont ce devait être la dernière réunion, est reporté à vendredi prochain pour cause de neige.

Je n'ai donc pas écrit aujourd'hui, et j'avais envie de faire des cosmétiques ce soir. Mais l'ami J. s'invite. Donc soirée bavardage et épaulage.

L'autre imprévu, c'est donc l'art de l'amitié : écouter, être là pour ouvrir une bonne bouteille de vin parce que l'ami est venu et qu'il est mal en point.

ooo

13 février

aujourd'hui végétal

Manger végétal, avec peu d'animal, oui, c'est ce que je fais depuis longtemps. A raison d'un poulet tous les mois voire tous les deux mois. Humain aime la charcuterie et en consomme seul, partageant parfois avec les garçons, bien trop sensibles aux épices de ces préparations.

Mais depuis décembre je mange bien davantage de cru, et c'est tout bénéfice pour mon énergie. Et pour ma santé : aucune maladie, aucun rhume, alors que je soigne mes garçons depuis un bon mois pour des grippes, rhino, gastro, etc.

J'ai d'abord lu le livre de France Guillain La méthode, ed du Rocher. Et expérimenté de suite son petit déjeuner : le miam ô fruits (mélange de fruits, d'huile, de graines moulues) qui permet d'être en forme quasiment toute la journée.

Dès le premier jour, partie faire une journée d'escalade en montagne, alors que je suis en manque chronique de sommeil depuis plus de 6 ans, qu'il faisait très froid, que j'avais fait une chute la veille en vélo (en protégeant mes petits) et que j'avais mal à l'épaule.... je me suis levée pour préparer ce petit déjeuner, mais je n'avais pas le temps de le manger. J'ai donc pris simplement des fruits secs et des oléagineux, et emporté dans une boite mon petit déjeuner. Marche d'approche dans la neige et la glace, chemin pentu dans le bois, puis escalade en falaise. A la pause j'ai mangé seulement mon miam ô fruit, but de l'eau et du thé rouge. J'ai été en forme même après le repas, au contraire de mon co-équipier qui m'a demandé de grimper en tête parce qu'il avait un coup de mou. Et en plus ça présente l'avantage de prendre peu de place dans le sac !

Aujourd'hui de nouveau je fais l'expérience. Partie grimper à jeun, avec ma gourde d'eau. Au retour j'ai hésité, puis mangé riz et omelette comme le reste de la famille. Résultat : gros coup de mou toute l'après midi, jusqu'à la fin de ma digestion je pense. Moralité : je vais aller me coucher et demain je continue mon régime cru.

ooo

14 février

aujourd'hui actions de votre corps, que des verbes

Dormir. Me tourner parce que mon bras est engourdi. Replier mes jambes parce que j'ai mal dans le bassin, à gauche (et penser à mon ostéopathe). Faire de la place à la chatte. M'étirer. Me mettre debout pour aller ouvrir les volets.

Parler aux garçons, déjà debout, qui regardent la télé, jouent, ont déjà mangé des céréales.

Me laver. M'habiller. Vite : il fait froid !

Faire chauffer de l'eau pour mon thé. Du lait (riz et cajou/noisette) pour mes enfants.

Donner des granules : chacun son traitement. Ils vont mieux, tous les deux. Mais on reste encore au chaud toute la journée. Rester debout pour préparer mon Miam ô fruits.

M'asseoir pour lire mes messages. Puis changer de lieu pour boire mon thé en tentant de lire quelques lignes de Histoire de mes assassins de Tarun J Tejpal.

Penser au travail fourni hier sur ma nouvelle, remaniée. Mais j'ai fini si tard, tellement recrue de fatigue que j'en avais les yeux douloureux et plissés. Je veux relire aujourd'hui.

Je prends le temps de le faire.

Mes garçons s'occupent ensemble, n'ont pas besoin de moi.

Aérer les pièces l'une après l'autre, c'est faire entrer le froid petit à petit pour l'apprivoiser.

Puis faire une station contre un radiateur pour se griller les fesses. J'ai eu tellement froid hier quand ma coéquipière est restée coincée en haut de la voie, que j'ai encore du mal à m'en remettre.

Me lever. M'asseoir. Lire. Parler. Faire des langues de chat.... demande de mon Lumineux en voyant la photo sur le livre.

Déguster quelques langues de chat, à peine sorties du four. Voir que l'assiette se vide car Solaire vient faire des provisions pour les amener à la salle de jeu, où ils construisent avec leur père. Plus de langues de chat ! Délicieux et succulents a dit Lumineux !

Manger, boire, lire des histoires.

Donc une journée d'hiver au chaud à l'intérieur aux occupations plutôt littéraires.

Vivement le redoux (prévu pour mercredi... wait and see !).

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