Quelques réparations de notre California Coach à faire avant de pouvoir partir : changer les bougies de préchauffage et le soufflet du cardan gauche (le rendez-vous est pris). Ensuite notre maison sur roues, notre catalyseur de rêves nomades, notre vaillant destrier nous mènera vers la Méditerranée, le plus souvent en itinérance.
Déjà un an que j'ai été le chercher à Paris, après une nuit en train. Organiser le départ de manière à ce que mes petits ne restent pas trop sans moi ou leur père. Course vers la gare avec un Solaire qui n'avait pas eu envie de s'endormir, ni de me dire au revoir.

Ta tac ta toum sur les essieux, la plus mauvaise place de la voiture, et donc sommeil de qualité médiocre.
Mais cependant le soleil, la joie d'aller chercher mon camion, d'être à Paris, même seule et même pour si peu de temps...

La matinée du 8 mai s'était passée en essai, observation, inspection du véhicule et tractations, signatures de papiers. Et puis j'avais pris la route. Seule et ravie au volant de mon engin. Si longtemps que je n'avais pas roulée seule !

Paris-Arles. Une autoroute que je ne connaissais pas, des paysages de champs; un gros ralentissement aux alentours de Lyon, puis à chacune des grandes villes des environs. Arrivée en Arles à la nuit. Mon amie Aigue marine m'attendait, m'avait préparé un repas. Nous avons parlé, toujours aussi proches, mais si fatiguées toutes les deux, elle par son déménagement alors qu'elle était en fin d'année scolaire tendue, moi par la route et la tension de la journée. Je n'achète pas un véhicule, seule, tous les jours. A peine couchée, envie de lire, de découvrir les bouquins qui m'entouraient, mais je me suis sentie si détendue que mes yeux se sont fermés vite : je voyais, dans ce demi-sommeil, la route, les voitures que je doublais, je sentais les muscles de mes bras, mes jambes, se crisper pour supporter la tension supplémentaire. Stop ! Demain sera un autre jour. Le lendemain : descendre de petits meubles que je devais charger dans mon camion, dans sa rue si étroite, manoeuvres pour laisser passer les véhicules que je bloquais. Excellent exercice pour apprivoiser mon camion. Et puis l'au-revoir, et la route de nouveau, le sac rempli de mon pique nique fourni par mon hôtesse.
Arles-Pau : quitter le soleil, l'air de vacances, les sandales et la chemise courte, pour le vent furieux vers Toulouse, les nuages en approchant du Béarn. Déjà fini ?
Chez moi j'ai déposé mon chargement. Puis je suis allée chercher mes garçons chez mes parents à 20 km. Tristes, un peu égarés, un peu incrédules de me retrouver passés les premiers moments de découverte du camion. Excitation, fatigue, perturbation. Mais ils se sont quand même endormis, rassurés de m'avoir retrouvé, et en confiance dans le camping car.

Avant de partir : mettre en vente notre tente 4 places Maréchal dont nous n'avons plus l'utilité.

Tenter de vendre d'autres bricoles sur la baie (décidément je n'ai pas le courage de tenter une journée de vide grenier) Faire du rangement de placards



Pendant les 15 jours
suivants, en convalescence, elle m'a suivi partout dans l'appartement,
s'installant sur moi ou tout à côté, ne me quittant pas de l'oeil, et elle n'a
pas demandé à sortir. Petit à petit elle a repris confiance, je l'ai aidé. Elle
est restée bien plus craintive que dans sa jeunesse.