Parchemins Instantanés

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mardi 9 février 2010

Semaine 6 : lundi et mardi

8 février

aujourd'hui tourne(nt)

les roues de mon VTT.

J'avais besoin d'aller en ville, au service de l'Etat Civil, vérifier la configuration des lieux pour écrire la fin de ma nouvelle. J'en ai profité pour prendre un dossier de renouvellement de carte d'identité pour Humain.

Tourne la panthère-qui-n'a-qu'un-oeil sur mon clavier, cherchant de sa tête ma main, ronronnant et se frottant à mon nez, me donnant des coups de queue. Mieux vaut enregistrer mes documents : ses pattes écrivent ou effacent sans discernement.

ooo

9 février

aujourd'hui véhicule

Lego, playmo, Majorette et autres : l'appartement est rempli de véhicules ! Des quatre roues, des deux roues, des vaisseaux spatiaux, des avions et des hélicoptères, des trains et même un sous marin !

Sans compter les rollers, échasses, trottinettes, draisiennes et vélos qui dorment au garage.

Et dehors : deux véhicules à moteur et quatre roues pour aller au travail, transporter la famille ou les copains, partir en vacances.

Civilisation du déplacement.

J'aime bouger. Aller vite, tout en respectant au mieux les limitations de vitesse. Et surtout sentir que je peux aller loin si j'en ai besoin.

Un exemple de véhicule urbain particulier : le funiculaire

mardi 17 mars 2009

Relations

J’ai rejoint Facebook à l’invitation de mon neveu de 16 ans.

  • Par curiosité.
  • Pour savoir ce que peut bien dire et donner à voir un ado.
  • Parce que j’ai été heureuse de la confiance qu’il m’a témoignée ce faisant.

Mais quoi ?

  • Je ne comprends pas à quoi ça sert
  • est-ce une sorte de vitrine de soi ?
  • pour moi il n’y a là dedans aucune relation avec d’autres personnes, c’est juste dire : je suis là et je connais machin

Et alors ?

Pourtant, j’y ai retrouvé certaines personnes, mais sans développer là des relations plus poussées que celles que je peux avoir à l’extérieur.

Et aussi, le jour où j’ai appris un élément rédhibitoire à mon sens – que Facebook gardait, s’appropriait nos images sans vergogne- et donc que je voulais me désinscrire, une ancienne connaissance d’enfance resurgit. Bon. Je reste encore un peu alors… pour voir encore. Après tout je n’ai rien de compromettant à dévoiler ni à cacher, rien qui ne me fasse honte ou que je trouve trop personnel.

D’autant plus que cela survient à un moment où plusieurs personnes de ma petite ville d’enfance croisent ma route. Partie depuis plus de vingt ans, à 20 km mais sans avoir jamais gardé contact avec quiconque. Et puis, lors d’une manifestation, je revois quelqu’un qui me dit « je connais ton visage, je t’ai déjà vue. Au lycée ? à l’université ? » « Non, ce devait être au collège. « Bon. Je ne sais pas quoi en faire, de ce regard lointain, amusé et rieur autant qu’interrogateur ? Lui raconter ma vie ? Alors que je n’ai rien en commun sauf le fait d’avoir partagé la même cours d’école ? Vu les mêmes têtes ? Impression bizarre, dans cette assemblée, devant ces groupes de personnes qui se connaissaient presque toutes, au moins de vue. Je me suis sentie toujours autant décalée, pas à ma place, pareil que pendant mon adolescence. Et j’en ai conclu que décidément l’anonymat de la grande ville m’allait mieux à la sensibilité.

Et puis, de nouveau, une promenade en vélo avec mon ainé dans le quartier de mes parents, là où j’ai fait du vélo enfant. Et un autre homme m’interpelle depuis chez lui pour me dire : « ton visage ne m’est pas inconnu » « Ah. Je suis Lyjazz » « Oui on devait être ensemble au collège ». Air connu. Bon. Et alors ? Je n’ai rien à dire d’autre. Quoi partager ? Nos noms ? Oui, son visage m’est connu, de loin, son nom peut-être aussi, mais je ne lui ai pas demandé et il ne m’a rien dit. Par contre il a semblé heureux de connaître le mien, et sa femme a ajouté « tu n’as pas changé ».

Justement, ce jour-là mes parents venaient de me donner une liasse de documents : bulletins scolaires du collège et comptes rendus de visite médicale scolaire. J’avais été interloquée de lire qu’en 1979, en classe de 3ème, je pesais et mesurais déjà pareil qu’aujourd’hui. Trente ans dans la même dimension de peau !

Et voilà que je m’interroge. Que veut dire cette incursion de mon passé dans mon présent ? Qu’est-ce que ces personnes qui resurgissent, avec lesquelles je n’ai partagé que peu : seulement des rues, des lieux, des moments peut-être, peuvent me dire aujourd’hui ? Pour moi je n’ai rien à leur dire il me semble. Et je me sens toujours aussi circonspecte, gauche et à côté, parce que je ne sais pas avoir une conversation simple avec personne. J’ai fuit. J’aurais pu dire « qui es-tu ? que fais-tu ? comment est composée ta famille ? Et tes parents ? « Mais je n’ai pas su. Je ne me sens rien en commun, pas plus qu’il y a 30 ans, avec ces personnes.

J’aime échanger, partager, me sentir « parente » avec d’autres personnes. Mais mes familles ne sont pas de hasard, elles sont de sensibilité, de centres d’intérêts, d’indignations ou même de réflexions, elles sont de vive voix ou bien virtuelles, mais toujours nées d’un échange profond et personnel qui n’a rien à voir avec la pluie et le beau temps.

Je dois être foncièrement solitaire et en même temps très sauvage. Mais je ne sais pas faire autrement.

lundi 2 février 2009

Un dimanche à la campagne

Mon grand Lumineux (pensez donc : 5 ans !) s'éclate à faire du vélo. Voilà, il pédale comme un fou en ville, freine de ses chaussures et expérimente l'équilibre avec les yeux brillants. Je sens en lui cette nouvelle possibilité d'exploration du monde. C'est un bonheur de le lire, de le suivre.

Alors c'est vrai qu'en ville on est limité, il faut rouler sur les trottoirs... mais il crie aux passants « attention, poussez vous ! » et surtout, le petit frère qu'il faut pousser dans la poussette, empêche d'aller trop loin. Mais c'est d'ores et déjà un moyen supplémentaire de rencontrer des personnes de tout âge.

Nouvelle expérience aujourd'hui : on a passé l'après midi chez mes parents, dans une petite ville, dans leur quartier tranquille. J'ai donc pris le vélo de mon père pour suivre mon grand et commencer de lui apprendre à rouler à droite, le long du trottoir, même quand un chien aboie derrière la haie. Et ça, ce n'est pas facile ! Le chien aboie, le petit gars a peur et vient rouler sur moi (qui le protège de la circulation éventuelle) et on se retrouve au milieu de la route parce que j'ai voulu éviter la chute collective....

Mais il veut apprendre.

Et surtout il sent que le vélo, comme la marche, ça permet d'aller plus loin !

Quand il a marché, à 11 mois, il n'arrivait plus à s'asseoir.

Avec la draisienne on avait déjà exploré d'autres coins de la ville, à coups de « on va par là ? »

Maintenant je sens qu'une nouvelle étape est franchie. Il sait qu'il peut aller plus loin, et qu'il doit maitriser son engin (freinage, environnement) pour en profiter pleinement.

Et moi j'ai pris plaisir à explorer par ses yeux le quartier où j'ai fait du vélo quand j'avais son âge.

« Quand tu étais petite, Papy et Mamie ils étaient jeunes ? » Oui

Je lui ai raconté : « Tiens, je prenais ce chemin et j'allais dans un bois (maintenant c'est un champ, le bois est tout ratatiné) où on faisait des cabanes avec les copains »

« Tes parents, ils t'aidaient ? »

« Non, on faisait ça avec les copains seulement »

« Avec des outils, des scies ? »

« Oui, parfois, moi j'avais mon couteau, on prenait de la ficelle, des clous aux parents, on coupait des fougères pour le toit de la cabane »

« Tu avais quel âge ? »

« Je ne sais plus bien, 8 à 10 ans peut-être ? »

Je roule et je regarde, je me souviens.

Les rues ont un peu changé. Surtout, des maisons ont poussé partout, ces endroits ne sont plus sauvages, il n'y a plus de terrain vague comme celui où nous faisions des feux, le bois est très petit maintenant, il a rétréci déjà quand l'autoroute a été construite.

La grange où nous allions, quand j'avais 13 ans, avec mon premier amoureux sérieux (celui qui voulait toucher mon corps, qui me montrait le sien, quoi...), en sortant du collège, en vélo, je l'ai revue il y a quelques années, elle semblait petite et fragile, et surtout très exposée, plus du tout un endroit abrité et un peu secret. En moi il y a toujours ce film des moments magiques que j'ai passé là, dans l'odeur du foin, après une échappée du collège un peu plus tôt quand un prof était absent le samedi matin. Il fallait éviter les copains qui proposaient une activité, dire qu'on était attendu chez nous. Partir chacun de son côté. On était dans la même classe, c'était un redoublant, déjà ado, moi même pas, on faisait du judo ensemble, on connaissait déjà des moments d'intimité, on connaissait nos odeurs, on se faisait confiance. On s'était donné rendez-vous là. Et on grimpait dans la grange par l'échelle, vélos planqués, oreilles aux aguets parce que parfois le propriétaire venait, avec son chien, et là il fallait filer vite... Le point de vue était superbe d'en haut : des champs, un endroit hors du temps, des moments magiques de peu de paroles et de beaucoup de retenue, de regards, sans aucune cérébralité. Merci Pascal !

Même si je n'envisage pas de vivre dans ce village, que je ne suis pas attachée à cette maison dans laquelle j'ai grandi, je me retrouve maintenant, regardant avec les yeux de mon fils ainé (je suis l'ainée moi aussi) tous ces endroits dans lesquels j'ai expérimenté beaucoup de sensations, avec la fraicheur de l'enfance retrouvée....

Outre le fait que ça réactive en moi ce questionnement récurrent : vivre en ville ou à la campagne ? Je me dis que c'est précieux de pouvoir de nouveau pédaler, à hauteur d'enfant, dans cet endroit qui existe toujours, même s'il est transformé.

Ah, voilà un billet écrit au fil de la plume (du clavier, ma plume est au chômage et mon écriture hiéroglyphique reste tout à fait indéchiffrable pour les non initiés) alors que je voulais seulement parler de vélo...

Au départ je voulais expliquer comment, de la draisienne, on est passé sans aucun accroc au vélo avec pédales, sans course après un enfant qui a peur de tomber et qui n'a pas la sensation d'équilibre (ce que j'ai expérimenté enfant). Mais c'est déjà du passé, ça : il sait faire du vélo, la draisienne est remisée au garage, on n'en parle plus, elle servira pour son frère quand il voudra s'y mettre...

Je voulais juste faire un petit tour de la semaine écoulée, dire que j'avais eu 45 ans hier (enfin, le 31), que mes petits m'ont offert des graines trouvées en promenade pour que je me fasse un collier....que mon amoureux m'a offert 2 fois 2 heures dans une piscine où je pourrais profiter des jets d'eau, des bulles et du hammam ....

Mais mon grand fait du vélo.

Et c'est bien !

mardi 4 novembre 2008

Positiver


Sur les conseils d'un ami, et même de deux, et puis aussi d'un livre, que je ne mets pas assez en pratique, je vais tenter de positiver.

On parlait d'environnement. Je l'ai assommé de références négatives pour lui montrer que je ne voyais aucune amélioration dans le comportement de mes semblables, et encore moins dans les agissements politiques et économiques de notre gouvernement.

Malgré tout : il y croit, et dit que je ne suis pas assez positive.

Il n'a pas tort.

J'ai donc bien envie d'essayer de lister tout ce que je fais déjà pour mon mieux être et celui de la planète.

Je ne masquerais pas les éléments qui sont à changer ou à améliorer.

  1. Manger bio : fruits, légumes, farine, céréales, très très peu de viande, le plus souvent de production locale ou au moins européenne. Avec des entorses pour les bananes toutes les semaines, les mangues et la noix de coco parfois. J'aime ça, il y a des vitamines intéressantes, et je veux faire goûter ça à mes enfants.

  2. Pas ou peu d'aliments raffinés : pas de sucre blanc en particulier, vecteur de caries et d'addiction, ni de farines blanches. Sauf farines blanches dans les biscuits industriels, pratiques à emporter.

  3. Ne pas manger de produits laitiers de vache (PLV) : mais de chèvre et brebis. Les garçons boivent du lait de riz, parfois des desserts au soja. Les entorses : le parmesan, le beurre, parfois un camembert, de la crème fraiche de temps en temps.

  4. Faire partie d'une AMAP : depuis plus de 2 ans maintenant nous y achetons des légumes, du pain, des fromages de chèvre et de brebis bio et locaux, des kiwis, des pommes, des lentilles, des haricots secs. Il y a aussi du miel, des oeufs et des poulets, qui ne sont pas bio. Et du lait et des yaourts de vache bio.

  5. Cuire mes aliments de manière à ne pas les dénaturer : vapeur douce, jamais de grillades, frites (rares) au four, cuissons à l'étouffée. Bien entendu nous n'avons pas de micro ondes. Mais j'ai encore des poêles à revêtement téflon et je n'ai pas encore retenté (après un premier essai désastreux) de faire des crèpes sur une galétoire en fonte. J'ai en vue des poêles Baumstal, mais là encore le budget ne peut pas suivre.

  6. Fabriquer mes produits d'entretien. Et utiliser du bicarbonate de soude, des cristaux de soude, du vinaigre d'alcool et des huiles essentielles (HE) pour nettoyer. Un nettoyeur vapeur aussi, acheté en commun avec ma mère. J'ai suivi les conseils de Raffa dans le grand ménage et ses recettes sont venues compléter ce que nous pratiquions déjà : pas de chlore ni de produits chlorés, pas de blanchissant chimique ni de détachant chimique (mais du savon au fiel ou du savon noir sur les tâches avant de mettre en machine). Je ne fais pas ma lessive mais je pourrais la faire, avec du savon de marseille (du vrai, sans glycérine) et des cristaux de soude. C'est un peu long et je privilégie d'autres activités. Ou encore avec de la cendre, mais je ne sais pas où en trouver. J'habite en ville.

  7. Fabriquer mes produits cosmétiques. Crèmes pour les mains, les pieds. Huile pour le visage, les massages. Savon liquide pour remplir mes flacons pompes de récupération, fait avec les restes de savon additionnés de savon d'alep ou de marseille. J'utilise aussi un déodorant stick d'alun de potassium, voire je n'en mets pas. Monsieur utilise un blaireau et un savon à barbe avec son rasoir mécanique plutôt que de la mousse à raser. Je lui fait son déodorant. Les rares produits que l'on achète, comme le shampooing, sont bio et certifiés. Je fais même mon parfum à base d'huiles essentielles. Et je ne supporte plus les odeurs de parfums chimiques.

  8. Utiliser des produits exempts de PVC, de formaldéhyde et autres COV (composés organiques volatils). C'est à dire pas de bois agglomérés mais brut le plus souvent, que je traite moi-même avec une huile dure généralement. Par exemple pas d'alaise imperméable ni de rideau de douche en vinyl. Mais ma cuisine comporte 4 placards Ikea en agglo, pour une raison de budget : c'était trop cher de faire faire sur mesure et ces meubles existaient aux dimensions qui nous intéressaient.

  9. Utiliser des peintures, colles, huiles et lasures écologiques et non nocifs, c'est à dire qui ne contiennent pas de solvants à libération lente qui vont me polluer longtemps. Il y a des marques très bien pas plus chères que les produits que l'on trouve dans les grandes surfaces de bricolage. Et c'est un plaisir de peindre quand je n'ai pas la bouche pateuse et mal à la tête (c'est l'effet que me font les peintures glycérophtaliques habituellement). J'ai même fabriqué et utilisé dans la salle de jeux de la peinture à la pomme de terre colorée avec des pigments. Seul un mur de ma cuisine et l'intérieur de mes placards est peint avec des peintures non saines (dans l'urgence et la rapidité on a utilisé des fonds de pots)

  10. Me soigner à l'homéopathie et aux HE (huiles essentielles), aux plantes. Et même : me considérer comme parti prenante de ma santé, c'est à dire ne pas aller voir le médecin en pensant qu'il est mon sauveur, mais en le considérant comme un allié de mon mieux être, que je prends habituellement en main seule. Si je vais voir le médecin c'est que je n'ai pas trouvé ce qui suffisait à me soigner et que j'ai besoin de son diagnostic.

  11. Circuler à vélo quand c'est possible : c'est à dire que je ne peux pas le faire quand je suis seule avec mes 2 petits, mais que nous le faisons quand nous sommes en famille : un vélo pour chacun et un siège pour enfant sur chacun. J'envisage d'acheter un vélo qui me permettra de sortir seule avec mes 2 enfants, qui atteignent le poids limite pour être à l'aise à l'arrière. C'est le Yuba mundo qui m'intéresse, mais pour l'instant je n'ai pas d'argent, et l'hiver arrive, on verra au printemps.

  12. Ne pas prendre ma voiture pour aller simplement faire une course au bout de la rue, mais grouper les endroits en un circuit qui permet de minimiser l'impact polluant. Nous avons cependant fait le choix d'avoir 2 véhicules, après avoir essayé plus de 7 mois de n'en avoir qu'un. Il s'avère que dans notre ville circuler avec 2 petits qui ne marchent pas longtemps et/ou qu'il faut porter, en utilisant les transports en commun est un vrai calvaire. Je me souviens d'une après midi à la ludothèque pour laquelle nous sommes partis à 14h pour rentrer à 20h, après 1h de jeu. Sans compter que le bus n'est pas du tout sécuritaire pour des petits de 15 kg : je dois les tenir parce qu'au moindre coup de frein ils s'envolent :-(. Donc nous avons 2 véhicules diesel, achetés d'occasion, dont un petit camping car : ce dernier nous évite la corvée fastidieuse (avec 2 petits) de monter la tente, et nous permet d'être itinérants et autonomes grâce au petit frigo et à la réserve d'eau.