Parchemins Instantanés

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mardi 11 novembre 2008

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas

Samedi après midi j'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur. Au matin, du soleil : enfin ! D'abord promenade au marché où j'ai pu me promener, fouiner sur les étals et les portants, et trouver un pull vert pendant que mes garçons et leur père observaient les 2 rats qu'une dame avait sur ses épaules.

L'après midi j'ai pris la joie de mes garçons, excités à l'idée de pouvoir enfin aller à la fête foraine, j'ai rajouté une pincée d'intérêt personnel parce que j'ai pris mon appareil photo. Parce qu'au départ l'idée de la fête foraine : cris, mauvaise musique  trop forte et consommation de plastique et de sucre, ce n'est pas tellement mon truc...

Au final je suis montée sur un manège un peu rapide avec eux : ils ont pu être rassurés et on a bien crié pour faire partir la peur qui creuse l'estomac.

Et j'ai pu monter sur la grande roue comme j'en avais le projet. Un moment, trop court, de calme et de poésie. Seul manège sans musique, au moteur silencieux, sans compresseur, qui nous amène en haut pour voir la ville de manière inhabituelle. Et le paysage !!! Les Pyrénées étaient au rendez-vous ! Enneigées !

J'ai fait un premier tour seule, en toute fin d'après midi, et je suis descendue les yeux pleins d'étoiles. J'ai donc entrainé mes 3 gars dans l'aventure. Et tout le monde a été enchanté. Et j'ai pu faire de belles photos, cette fois à la tombée de la nuit....

Dimanche on a enfin pu se mettre à nettoyer entièrement le chut miam miam... j'en parlais ici : pendant son séjour au garage des souris avaient mangé ce qu'elles avaient trouvé de comestible. Là, on a pu se rendre compte que les serviettes en microfibre et les draps sont aussi comestibles pour des souris. J'ai même trouvé 3 cadavres de souriceaux encore nus. J'ai dû tout laver de nouveau : intérieur et contenu.

Le plus inquiétant est cependant le manque d'huile du moteur....

A suivre.

Hier lundi : journée ensoleillée et promenade au parc, goûter offert par Jackie, la dame qui a repris le manège. Discussion avec d'autres mamans.

Et puis surtout : ça y est !!!!

Ce que je pressentais sans pouvoir le vérifier ....

Lumineux avait sa draisienne.

Un copain de sa taille avait un vélo sans stabilisateurs.

Ils ont fait un échange que j'ai observé avec grand intérêt du coin de l'oeil, sans rien dire, dans l'atmosphère habituelle du parc : discussions de parents en petits groupes et enfants qui jouent et courent partout, faisant des va et vient entre le banc des parents et le jeu en cours.

Il a enfourché le vélo, a poussé sur ses pieds, tenté de mettre le pied sur la pédale, compris vite qu'il lui fallait de l'espace devant lui, et puis il a posé les 2 pieds sur les pédales et il a fait 5 m !

Il a laissé tomber le vélo, a fait quelques pas lentement, un peu pensif, et puis il a levé la tête vers moi, à l'autre bout du parc, souriante et fière, il a levé les 2 pouces et s'est mis à courir en criant : ça y est ! Je l'ai fait ! M'a sauté dans les bras et serré fort en redisant : je sais faire du vélo !

2 mamans sur les bancs d'à côté avaient suivi l'action et souriaient poliment, envieuse m'a-t-il semblé.

Il a repris le vélo, a essayé de nouveau, eu un moment de doute, je l'ai rassuré (tu as juste besoin de place) et il est reparti !

Il est sûr de lui : ça marche !

Son copain n'a pas voulu lui prêter souvent le vélo, mais il sait qu'il sait en faire !

Cette fois il va falloir en trouver un à sa taille, c'est urgent. La dernière fois que nous étions partis pour ça (il y a un mois environ) on avait juste trouvé des rollers, et des vélos trop grands. Prévoyons une après-midi chez les compagnons d'Emmaüs.

Aujourd'hui mardi j'ai compris, mais c'est une réflexion qui dure depuis plusieurs jours, que ce que je mets dans l'écriture est tellement intime et personnel que mes mots sont moi, que si j'écris avec mes tripes et que quelqu'un emploie des qualificatifs inappropriés par rapport aux idées que j'ai voulu exprimer, je me sens atteinte dans mon intégrité.

Pour l'instant je ne sais pas l'exprimer autrement. C'est à creuser. Une évolution à suivre. Je ne sais pas quoi en faire non plus. Est-ce que ça va changer ma façon d'écrire ? J'en doute. Peut-être que ça va changer ma réflexion au sujet de mon écriture et celle des autres aussi....

mardi 28 octobre 2008

Conte pour enfants au château et promenade avec vue sur les Pyrénées

C'était le programme de notre dimanche à Pau.

Une conférencière entrainait un groupe d'enfants de 3 à 6 ans (et les parents derrière), à une visite particulière du château. Il s'agissait de partir sur les traces d'Henri IV, enfant qui disait « non, je n'ai pas envie ! » à chacune des propositions d'activités de ses parents Antoine et Jeanne. Dans les salles les enfants s'asseyaient sur le plancher, écoutaient Nathalie et cherchaient avec elle sur les tapisseries ou les tableaux les activités qui auraient pu intéresser Henri IV. Exercice de recherche visuelle et de vocabulaire. Avec toujours la même réaction du héros : « non, je n'ai pas envie ! ». Petit à petit, on récapitulait tout ce qui ne lui plaisait pas (exercice de mémoire). On cherchait encore, tout en se promenant de salles en escaliers, entre les groupes d'adultes blasés ou fatigués et leur guide. Et en plus : on faisait le petit train en se promenant ! A la fin on a fini par trouver : Henri IV avait bien envie de se déguiser, ce qui lui permettait de mettre son beau casque brillant orné de plumes blanches, et de commander tous les gens du château !

Aucune peur du musée, des esprits vifs, des réponses détaillées et parfois à côté, mais pleines de fantaisie. La conférencière était ravie de cette visite et j'ai pu en parler avec elle à la fin. Pour elle, un tel traitement et ça fait des enfants qui n'ont pas peur des musées, qui aiment l'art. J'en suis convaincue. Pour avoir également visité une expo sur les affiches de mai 68 avec Lumineux, au mois d'août dernier : il interroge, il s'intéresse, il enregistre. Et je dois chercher, creuser, formuler. C'est un plaisir !

J'ai bien aimé cette visite et on recommencera : tous les 15 jours il y a une proposition de visite différente pour les 3/6 ans et pour les plus de 6 ans.

Et en sortant, promenade sur le boulevard des Pyrénées en admirant les montagnes, délicieuse glace de notre glacier ambulant, et aller/retour en funiculaire parce que c'est bien ! Ça ressemble à un train, on voit le paysage, on va près de la gare... mes garçons aiment observer et prendre possession de leur territoire.

dimanche 19 octobre 2008

Cheminement

Les chemins sont choisis et de toutes les manières liés puisqu'un chemin mène à l'autre.

Si nous les choisissons ils seront notre et nous pourrons les prendre bras dessus bras dessous pour deviser de concert, de conserve, de recettes, de sorcières, et autres, et plus si affinités ....

Mais je m'égare.

Vite, sortons la boussole, la carte, le GPS pour être modernes (et surtout fichés), c'est pour ça que je reste fidèle à la bonne vieille et belle carte IGN, lisible, relisible, montrable, explicable, sur laquelle je passais des heures à me repérer, à me réparer, à lire et prononcer les noms de villes et de villages, de lieux dits, pour oublier les non-dits et me perdre dans les noms.

Toute petite déjà (vers 8/9 ans) je listais les noms de villes que nous traversions lors des départs en vacances dans l'Ariège, et je remplissais mon carnet de poèmes et de bleds. J'étais donc capable de réciter dans l'ordre le chemin qui nous menait vers les montagnes et les grottes ariégeoises.

Bien plus tard, une année que je partais le lundi matin vers 5h pour rejoindre Bordeaux (2 h 15 de route), seule, à cours de phrases à me dire, ne trouvant pas dans les extraits que je connaissais suffisamment de points communs avec mon périple et ma vie de cette année-là, je me suis surprise et amusée de me réciter les noms des villages que je traversais.

Les chemins me parlent.

Je les élis si je veux.

J'aime faire des boucles, prendre un chemin à l'aller, un autre au retour. Me demander où va celui-ci, explorer l'autre.

On peut les suivre à l'oreille, pour écouter de plus près un chant d'oiseau (à ressort ? voir Haruki Murakami, dont un recueil de nouvelles sort, là, je viens de le lire dans Télérama), une cascade, un bruissement, un son de cloche..

Et puis dans le brouillard ils sont trompeurs, plus ouatés, cotonneux et silencieux, sauf s'il y a un troupeau de moutons qui nous guident de leurs cloches. Et comme la carte est alors inefficace : on est perdu, les moutons sont bienvenus de sonner, montrer que nous sommes dans un endroit habité.

Alors ça y est : on s'y retrouve! Pas forcément là où nous voulions arriver, mais on est capable de se situer sur une carte, et donc de retrouver notre chemin initial.

Mais revenons à la carte : celle que l'on a pris pour la randonnée; celle du pays tout entier; celle du continent; le planisphère qui contient le monde et nous le donne à voir dans son ensemble, incluant les masses d'eau.

C'est un régal, une référence, un chemin à deviner, créer, tracer, que j'aime montrer à Lumineux, qui aime voir où nous sommes, qui interroge les images...

Cela me parle, fait revenir à la surface la prof d'HG.

Cela fait référence à mon Histoire familiale : je n'aime pas les chemins seulement pour leur beauté intrinsèque, mais aussi pour leur sens. Je pense en ce moment à ce chemin de mon père, petit garçon de 5 ans (bientôt l'âge de Lumineux, tiens,donc le moment...) qui a marché en compagnie de sa mère et de sa soeur de 3 ans, pour quitter le pays qu'il avait toujours connu, pour rejoindre par les montagnes la France qui l'a si mal accueilli. Il faut savoir que les Espagnols de 39, qui sont arrivés sur la côte des Pyrénées Orientales, ont été parqués dans des camps de concentration, les hommes mis sur les plages d'Argelès, les femmes et les enfants ailleurs, que les familles ont mis beaucoup de temps à se retrouver... Cela mûrit, cette envie de suivre le chemin, qui serait un peu mon chemin de Compostelle, version mémoire familiale et historique, si jamais le chemin existe encore...de_Collioure_a_Argeles.jpg