Je vous parlais hier de mes heures passées dans la grange, avec un amoureux...
Quelques années après le collège, quand j'ai senti que c'était le moment, j'ai tout naturellement pris le chemin du Planning familial.
Je suis partie un mercredi, en bus, faire 20 km pour me rendre dans les locaux de cette association. J'y ai appris la forme et l'utilisation de tous les moyens de contraception. J'ai rencontré des femmes rassurantes, écoutantes, accompagnantes des ados complexées et débutantes que nous étions toutes.
Il y avait peu de gars.
Je crois que j'ai amené mon amoureux, je ne me souviens plus bien.
J'y ai beaucoup appris.
Je sais par contre que je suis revenue souvent entre mes 17 et mes 20 ans. C'était pour moi faire acte de militantisme. J'ai toujours aimé les associations, leur esprit d'aide et de don.
En tout cas j'ai pu me faire examiner par un gynéco, sans tout le ronflant du cabinet et la peur de l'institution. Un jour j'en ai trouvé une avec laquelle j'ai eu confiance, une douce et qui expliquait bien, répondait à toutes mes questions. Alors je l'ai suivie quand elle a fait des remplacements, puis quand elle a eu un cabinet à elle.
C'est à ce moment que j'ai arrêté d'aller au Planning Familial. J'ai laissé la place...
Mais je n'ai jamais cessé de conseiller cette association, auprès de toutes mes copines ou des filles que j'ai rencontrées. Puis plus tard lorsque j'ai été secouriste, sur le terrain ou lors des formations que j'ai animées.
C'est un organisme très important, historiquement, et aussi par son action continue et têtue, quotidienne et difficile, au sujet de ce qui est une des acquisitions les plus importantes des femmes dans les 50 dernières années : la contraception.
Le Planning familial est aussi pour moi rattaché à un livre : La vacation, de Martin Winckler, dans lequel il défend le droit à l'avortement.
Et à un film d'Agnès Varda L'une chante l'autre pas (1977)
Aujourd'hui l'Etat veut empêcher le Planning Familial de continuer son oeuvre.
Une pétition est en cours pour tenter quelque chose.
Elle dit ceci :
En diminuant de 42 % dans la Loi de Finances 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial, l’Etat programme à très court terme la suppression totale des actions d’information, d’éducation et de prévention dans les domaines de la sexualité et de la vie de couple et affective. Par cette décision, l’Etat montre sa volonté d’abandonner les missions qui sont les siennes quant à l’accueil, l’information et la prévention concernant la contraception, la fécondité, la sexualité. Il se désengage, par là, de la préparation des jeunes à la sexualité, à leur vie de couple et à la fonction parentale. Il marque son désintérêt pour les pratiques d’accueil et de conseil, qu’elles soient mises en oeuvre lors d’activités collectives ou d’entretiens individuels.
Ces missions d’utilité publique sont donc très clairement menacées par la baisse des financements, déjà largement insuffisants, alors que la Loi Neuwirth a clairement affirmé le rôle essentiel joué par les associations aux côtés de l’Etat.
Pourtant, dans une société où les relations filles-garçons sont de plus en plus marquées par la violence, où les campagnes nationales de prévention et d’information ont besoin des relais de terrain pour être efficaces, ces missions définies par la loi, plus que jamais, sont primordiales !
450.000 personnes bénéficient chaque année des actions du Planning Familial dans ses 70 associations départementales de Métropole et des DOM. La conséquence de cette brutale démission de l’Etat est la fermeture programmée d’un grand nombre de ces lieux d’accueil individuels et collectifs.
Vous pouvez aller la signer là.
Attention : d'abord page blanche, puis il faut valider la signature pour qu'elle soit effective.