Parchemins Instantanés

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samedi 6 juin 2009

Ce que je fais de mes jours

Plusieurs temps en moi se superposent.

Vie multiple et parfois visible par d'autres.

Il fallait que je termine ce cycle des trois livres ''A la croisée des mondes'' de Philip Pullman, pour pouvoir m'ouvrir à un autre univers.

Et pourtant il fallait que j'ai ce livre d'Alice Munro, pour l'après. Un recueil de nouvelles, conseillé par Aigue Marine intriguée, admirative du style d'écriture, qui se demandait si nous ne pourrions pas explorer cette façon de faire dans un jeu d'écriture qui nous appartiendrait. Aller chercher le livre dans une bibliothèque de l'agglomération, dès le lendemain de la mention par Aigue Marine. Et faire de ce moment une joie parce que la bibliothécaire est une copine de lycée, que je revois de loin en loin, et qu'elle m'a appris qu'elle était devenue maman à 43 ans, de façon inespérée et tout à fait naturelle. Cette année le printemps fleuri dans la morosité : je compte 3 femmes enceintes autour de moi, et cette annonce d'un bébé de 17 mois !

L'emprunt de ce livre est donc chargé d'une émotion joyeuse, d'une énergie de vie.

Je viens de lire la première nouvelle et je comprends pourquoi ce style me plait.

C'est un récit observé mais de l'intérieur, à la fois descriptif des éléments du paysage et des sentiments et sensations, au plus près de l'intimité des personnes et de ce qu'elles donnent à voir. Et construit par étapes comme la réflexion d'une personne qui se remémore un événement ou une sensation parce que ce qu'elle vit lui fait penser à ça, et ainsi de suite jusqu'au dénouement. Un puzzle très fin et extrêmement bien agencé qui donne à voir dans le détail un petit événement, vécu de l'intérieur, et qui exprime bien l'importance que l'intériorité peut avoir. Et le fait que cela semble insignifiant vu de l'extérieur.

Dans le même temps j'ai continué d'être mère et de réfléchir à mes relations avec mes enfants, et comment les améliorer.

J'ai été une compagne et tenté d'exprimer mes désirs et opinions sans acrimonie ni ressentiment. Observé mon compagnon dans ses relations avec nos enfants et su éviter d'être directive et interventionniste entre eux. J'ai su aussi protéger mes enfants d'une sortie et de journées qui n'auraient pas été saines pour eux.

Cette semaine je me suis mise à faire des barres de massage pour un défi organisé par Chabou sur le blog Potions et Chaudrons. Et je me prends au jeu. Ce qui m'a donné aussi l'élan pour faire un baume anti douleurs d'arthrose à offrir à ma mère et à celle d'Humain. Et puis un baume « à tout faire » pour la famille, que l'on pourra emporter dans le camion et se tartiner partout pendant les vacances.

baume_arthrose_et_divers.JPG

En projet : une crème type « Biaf*ne » pour les coups de soleil. Et un lait corporel hydratant. Et une chantilly de karité à cru, pour les voyages aussi (vu chez Venezia).

Début de lecture, toujours repoussée, des livres concernant le phosphénisme. J'apprivoise doucement l'idée que la pratique de la méditation ou d'un état analogue peut advenir sans une foi en une entité quelconque. Et curieusement, comme souvent la lecture du cycle A la croisée des mondes, qui parle de cette idée de Dieu, de la méditation, du chamanisme et des transes, des sorcières et de la sagesse qui vient couronner travail et pratique, m'aide sur ce chemin. De toutes les manières c'est une réalité à expérimenter, et je tourne encore autour.

Photos le week end dernier, de plage et de mer et de rochers, et d'animaux marins. Troisième fois que je photographie ce lieu magique, cette fois avec mon reflex et mes objectifs fixes. La lumière était plus crue, le soleil était présent, alors que les fois précédentes nuages et variations de couleurs m'avaient enchantés. Et très contente d'avoir enfin acheté ce sac photo qui me permet d'avoir les mains libres et de dégainer mon appareil quand je veux. Je l'ai donc testé en ville, en concert, en crapahutant sur les rochers, et c'est un plaisir toujours renouvelé : confort de portage, et accessibilité, solidité et compacité, légéreté...

plage_du_bout_du_monde_.JPG

depuis_Cenitz.JPG

Et puis recherche d'un disque dur externe pour pallier le manque de mémoire des deux ordinateurs. Mes photos prennent de la place et je ne peux plus engranger. Et j'ai vendu ce mois-ci des livres sur l'hygiène naturelle infantile, des chaises qui ne nous servaient plus, notre tente 4 places. Un peu de vide dans l'appartement et le garage.

Du jardinage. Suis allée chercher de la terre au bord du gave, pour rempoter un pied de tomate cerise, et aussi mon beaucarnea, dont j'ai lu cette semaine qu'il avait besoin de changer de pot tous les trois ans, il était temps pour lui ! Appris à cette occasion qu'il faisait partie des succulents et donc de la famille des cactus. Ici, c'est une plante dont les feuilles taillent si l'on n'y prend pas garde et les garçons qui m'ont aidé ont les doigts entaillés. J'ai donc 2 gros pots de tomates sur le balcon, un de basilic aussi.

tomates_balcon.JPG

beaucarnea.JPG On verra comment tout cela va résister lors de notre premier départ en vacances. Je pense que mes parents passeront une fois en allant chercher nos provisions à l'AMAP.

Avec tout ça, jamais couchée avant 3h du matin pour un lever vers 8h30 ou 9h.

Et j'ai un herpès.

Signe que j'en fait trop, que je néglige de me soigner en prévention. Arrêt quelques temps de la TM d'echinacea et ça ne loupe pas : un herpès en début de cycle. Accompagné hier de douleurs jusque dans les dents et gencives. Est-ce l'âge ? Envie d'aller toujours plus loin dans mes explorations d'idées, au bout de la nuit. Et je me rends compte que je suis de plus en plus sensible, que je touche le bout de ma résistance. Pas dans mes muscles, juste sur mes lèvres. Ce n'est pas anodin non plus que mes lèvres, qui me permettent de m'exprimer, soient les premières à me rappeler à l'ordre.... C'est un signal qui me permet de me dire que je suis passée « au-delà de la fatigue ». Je dois recaler ma machine avant de partir en vacances.

jeudi 9 avril 2009

La vie à lire et à vivre

La parole écrite me fuit.

Ou plutôt je ne me donne pas le droit de prendre le temps de m'interroger, de libérer mes mots pour les donner à lire.

Je suis dans le printemps, dans les sensations du soleil revenu, reparti, encore là dans mon coeur et dans les feuilles vert tendre des arbres, qui poussent – regarde maman : elles ont grandi ! Il y en a encore d'autres ! Et là des bourgeons !-

 dans l'émerveillement des promenades en draisienne et vélo, des sensations retrouvées de mes jambes qui avancent d'un bon pas. Si longtemps que j'avançais à l'allure de la poussette, ou de l'escargot qui porte son petit sur son dos …. alors que j'aime marcher vite, parce que c'est mon pas, et que ça me permet de voir vite, de penser vite, puis de m'arrêter subitement pour sentir, regarder, observer, photographier.

Et puis je suis dans les idées, les projets, autres que ceux que je devrais mener à bien (je pense à ce désencombrement nécessaire qui m'ennuie, que je fuis). Alors je profite de la vie, je remets en place des idées, je me ré-approprie mes talents pour me sentir de nouveau exister : bricolages, alchimies diverses, nouvelles lubies au lieu d'approfondir ou de peaufiner (mes photos à classer, organiser, travailler, traiter, imprimer, voir en plus grand, projeter, que sais-je ?). Une fuite en avant, une envie de me sentir en projets qui passe par du nouveau, ou d'anciennes idées qui avaient été ensevelies sous de l'urgent et du nécessaire.

Cependant je sais que l'envie est là, qui se faufile à la lecture de textes à d'autres.

Bien contente que le bloc note du désordre soit de nouveau ouvert, et qu'il nous offre tous les billets reclus qui attendaient tapis derrière l'écran noir de son black out contre la loi HADOPI.

Hier soir je me suis laissée à la fois entrainer dans les méandres des liens de Philippe de Jonckheere et dans ses textes et sujets, si proches, parfois, des miens. J'ai senti une correspondance entre ce qu'il écrivait le 28 mars au sujet du cirque de Navacelles, car je connais l'endroit, qui cristallise bien en effet ce passage entre le ressenti de Philippe, enfant, et ce qu'il peut transposer du ressenti futur de ses propres enfants. Ce mouvement entre passé et présent, et futur de nos enfants, que l'on ne peut ressentir que lorsqu'on est parent et, je crois, lorsqu'on est proche de ses enfants, de leur vie, de leurs humeurs, de leurs sensations et de leurs ressentis, de leur compréhension du monde. Aussi lorsqu'on est proche de nos propres sensations d'enfants, que l'on peut les revivre en voyant ses propres enfants évoluer.

Je me suis sentie proche de lui lorsque le 5 mars il explique comment il photographie en conduisant : je fais pareil ! À la différence que mon véhicule me permet de garder mon appareil sur mes cuisses, posé, ou dans mon sac tout proche.

Quand, le 1er mars il se demande s'il n'a pas réinventé le cinéma en prenant des photos par séries, je le suis, je pense de même : pour moi le mode numérique permet, mieux que l'argentique, de fonctionner par séries parfois rapides qui s'apparentent à des vidéos, des courts récits, des mouvements qui se construisent.

Je le remercie d'avoir mis en mots une impression, des pensées fugaces lorsqu'il évoque ce Trompe la mort qui l'empêche de pester quand il a oublié ses clefs ou une autre bricole qui le met en retard, le 25 février.

Je suis aussi éberluée de savoir qu'il est un sauvage, comme je le suis moi-même, et comme il le raconte, avec des mots et sentiments plus fouillés que les miens. En effet, Philippe de Jonckheere est un sauvage (le 27 mars), comme moi je peux dire « et alors ? » ou bien « So what ? » en entendant la trompette de Miles Davies. Parce qu'il ne se sent aucune affinité avec les groupes de personnes qui ont partagé son existence, en partie, lorsqu'il était au lycée. De la même manière je me suis interrogée sur ces personnes qui ressurgissent de mon passé et qui ne m'évoquent rien, que je fuis même. J'ai lu dans ce billet le pendant de ce que je ressens. Je me suis dit que c'était peut-être ça le miracle d'internet : les sauvages qui écrivent et photographient peuvent ainsi se reconnaître, et assouvir leur besoin de se sentir humains et sociables, sans passer par la case : parler de la pluie et du beau temps avec leurs pairs...

J'ai lu enfin le texte en mémoire de son frère disparu, et, un creux à l'estomac, eu envie d'en écrire un au sujet d'une personne qui me manque, d'autant plus que sa soeur est atteinte (à 78 ans) d'un cancer de la lymphe -ça se rapproche, pouvons-nous dire en pensant que nos parents seront les prochains- je veux dire que ce texte est en construction, un bout dans le cerveau, un autre dans les tripes, mais qu'il est encore retenu, qu'il me manque seulement de m'octroyer le droit de m'asseoir pour commencer à fouiller à l'intérieur de moi.

Au lieu de ça, j'ai répondu à l'appel d'Humain qui me disait de venir voir un film. Un fort beau film que L'heure d'été, d'Olivier Assayas , qui commence par l'anniversaire de la mère (75 ans), une mise en préambule du sujet, avec les enfants qui ne veulent pas bien voir encore qu'elle prépare sa mort, et puis sa mort et comment chacun des enfants réagit. On le voit, je ne quittais pas le sujet, qui rode.

La vie, quoi.

Au lieu de ça, je continue à prendre des photos et à voir la vie avec les yeux de mes enfants.

mercredi 21 janvier 2009

Un réveil exalté

Je me suis réveillée la bouche pâteuse, un horrible sentiment de fierté pointant dans le cœur, un rire sardonique. J’ai ouvert mes volets violemment. Ils se sont abattus sur le mur puis m’ont claqué dans la gueule dans un retour à l’expéditeur digne du meilleur des boomerangs.

Mais comme j'avais vu le coup venir (et que j'ai été goal au hand ball) je les ai retenus les bras tendus, pour les remettre sur le mur et les attacher fermement.

Mes yeux jetaient des étincelles, mon sang battait fort fort dans ma tête, mais j'étais fière de l'avoir fait, enfin !

Et tellement heureuse que je ne sentais plus ma force physique....

Et je voulais recommencer, je voulais y retourner, je voulais savoir si la première fois avait été juste un essai transformé par la chance, ou bien si j'avais maitrisé le processus du début à la fin.

Mais d'abord il fallait que je donne le change, que personne ne sache qu'enfin, je pouvais devenir invisible à volonté !

J'ai vérifié que ma fiole de potion était bien rangée dans le frigo, derrière les hydrolats et le liniment oléo calcaire, derrière les pellicules noir et blanc de mon appareil photo et les autres potions (pour le psoriasis, pour le mal de tête, etc).

Vite, vite, à la salle de bain racler ma langue pour déloger cette couche pâteuse.... c'est un inconvénient de cette potion, les ingrédients utilisés laissent la bouche pâteuse...

J'ai vite bu un verre de lait d'amandes et croqué des dattes, une poire, un kiwi, une banane. Après ma journée de jeûne il fallait que je recommence à m'alimenter de façon douce, mais j'avais besoin d'énergie pour mener à bien mes expériences.

Et puis j'ai vite organisé ma journée pour obtenir 2h de solitude. Il me fallait ce laps de temps pour réitérer mon expérience.

Une fois sûre que les enfants pourraient passer un bon moment avec leur père à la ludothèque et que personne ne s'inquièterait de moi....

J'ai commencé par éteindre mon téléphone portable- quoique j'aurais bien aimé savoir dans quel monde il aurait fonctionné- mais ce n'était pas le plus important. Puis je me suis habillée : Robe noire, chapeau, bottines souples, à mon habitude pour sortir. J'ai versé mes gouttes de potion dans le jus de myrtilles et je l'ai mise dans une petite flasque.

Mon sac contenait mon appareil photo, mon calepin pour noter mes observations et ressentis, pour le prochain cours à l'école des sorciers.

J'ai marché, pris le bus et encore marché. Je ne voulais pas utiliser un moyen de transport magique , et cette fois ma chatte ne m'a pas accompagnée : elle avait une mission et devait me ramener un mulot encore vivant (j'avais besoin de sa salive) pour ma prochaine potion.

Il fallait que je parvienne à la sortie de la ville, au panneau indiquant la fin de l'agglomération.

Une centaine de mètres avant, j'ai pu me glisser dans un petit bois pour avaler le contenu de ma flasque seule, sans être vue. En communion avec la nature, dans les odeurs d'humus, en touchant la rugosité d'un chêne. Aaargh ! Un peu âcre quand même, et râpeuse cette potion d'invisibilité !

Près du panneau indiquant l'entrée et la sortie de Pau, j'ai fait la manipulation prescrite et ….....

je me suis retrouvée devant le panneau à l'entrée de Marciac !

Pas en janvier, non, mais au mois d'août, pendant le festival !

J'avais choisi le concert que j'avais raté : celui de John Zorn, Dave Douglas et Uri Caine, le lundi 4.

Il faisait chaud et il y avait foule, comme toujours aux abords du chapiteau. J'ai pris par derrière, à mon habitude, pour entrer près de la scène, côté tribunes. Et j'ai pu prendre toutes les photos que j'ai voulu, grâce au morceau de cape d'invisibilité que j'avais acheté sur le Chemin de Traverse, dans la boutique Les Embrumes.

La soirée s'est étirée jusqu'à 2h du matin, heure du Festival. Un superbe concert : comme à son habitude John Zorn exalte le public de Marciac, et celui-ci est vraiment très réactif et à l'écoute.

En étant près de la scène et en prenant des photos je peux observer les musiciens et leurs intéractions, l'intimité qu'ils créent entre eux étant la plus forte intimité connue entre deux personnes.

Il est bien connu que dans la formation de sorcier est incluse cette thérapie musicale (le genre de musique est au choix de chacun, mais cela façonne des types de sorciers différents selon qu'ils écoutent du Rock, du Rap, de la musique classique ou du Jazz, etc).

Car « la mémoire musicale est sans doute un des réseaux les plus étendus et les plus résistants de notre cerveau . C'est pour cette raison que les thérapies musicales sont efficaces. Elles ont accès à une partie immergée de notre psyché, où la mémoire, l'émotion et l'identité s'entremêlent.» selon Oliver Sacks.

Les sorciers sont donc obligés de travailler une partie de leur temps en rapport avec la musique, pour comprendre davantage les personnes qui viennent leur demander des potions et des philtres; aussi pour mieux travailler entre eux.

Puis je suis revenue à Pau par le même chemin. Et j'étais en ville 2h après mon départ.

Saoûle de fatigue (et non de floc) après cet effort.

Ma panthère-qui-n'a-qu'un-oeil m'avait bien ramené un mulot, je l'ai subtilisé le temps de lui faire cracher un peu de salive dans une fiole, puis je l'ai rendu à ma féline préférée : elle avait bien gagné un peu de viande fraiche !

Ce soir c'est Mavie qui a choisi l'amorce du grain 9 (le dernier) du sablier givré.

jeudi 30 octobre 2008

J'aime

Les photos d'Elliott Erwitt, photographe américain né en France en 1928.

Ce contemporain de Robert Capa, membre de Magnum Photos depuis 1953, a aujourd'hui 80 ans.

Ses photos sont en noir et blanc, les compositions montrent un esprit décalé et de l'humour. L'ensemble présenté paraît parfois représentatif d'une époque (les années 60) mais il est souvent impossible, si l'on ne regarde pas la légende, de donner une date aux clichés.

Je viens de découvrir son site Elliott Erwitt grâce à la revue Le monde de la photo

Les portfolios sont fournis et il est très agréable de circuler dans ces belles images, qui ne sont pas organisées de manière juxtaposée, mais que l'on peut choisir d'agrandir.

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