Aujourd'hui temps d'automne gris, pluvieux et froid. Se replier, envie de chaud, de nourritures roboratives : purée de pois cassés, poires belle hélène avec sauce au chocolat maison et autres gourmandises au chocolat, élaboration de vins et apéritifs maison pour offrir.
Penser à Noël, aux cadeaux.
Depuis des années cette période me met dans un drôle d'état. Je n'aime pas. Je boycotte le père Noël, je dis la vérité à mes enfants : c'est un moment où on s'offre des cadeaux mais chacun les fait ou les achète pour les autres, la publicité est faite pour nous pousser à acheter des choses dont on n'a pas besoin.
Marre de cette pléthore de décorations plus d'un mois avant, de cette course effrénée à l'achat qu'il faudrait être moine/nonne reclus(e) pour pouvoir éviter.
Du coup je ne décore pas chez moi, je ne fais rien que freiner et calmer les ardeurs nées de la frénésie ambiante.
Plusieurs fois j'ai bien pensé m'en aller en cette période, trouver un endroit hors du temps pour vivre sans m'encombrer avec ce que l'on a fait de cet esprit de fête.
Mais j'ai décidé cette année de tenter d'y voir surtout le positif : retrouver des personnes que nous ne voyons pas suffisamment pendant l'année, faire preuve d'imagination et d'ingéniosité pour offrir des cadeaux faits mains, d'autant plus que nous n'avons pas les moyens d'acheter des cadeaux, sauf pour les enfants. Et que les personnes qui nous entourent, comme nous, ont déjà tout et ne désirent rien que du superflu. J'espère bien qu'elles seront contentes de mes trouvailles, au moins autant que j'en serais fière, parce qu'elles seront originales et goûteuses !
Pour les enfants d'ailleurs : comment organiser ça ? Généralement on donne les cadeaux de l'entreprise dès qu'ils sont là, et sans participer à la fête de Noël. Déjà ça de moins à la frénésie du jour J. Et puis tenter de minimiser l'excitation, tenter de lui donner un sens. Le fait de ne pas aller à l'école leur permet aussi d'éviter les délires des groupes : il y en a assez avec la télé et les catalogues dans la boite aux lettre, depuis déjà 15 jours au moins !
Cette histoire de consommation, sur fond annoncé de crise, qui démarre au début de l'automne, soit 3 mois avant la fête ! Pire que les collections d'hiver qui sont dans les magasins en plein cagnard du mois d'août, les cartables qui squattent les rayons des supermarchés avant la fin de la kermesse de fin d'année scolaire, les catalogues de VPC qui arrivent en plein coeur de la saison précédent celle qu'ils annoncent : complètement délirant de penser à s'acheter un maillot pour la plage alors qu'on ne rêve que bottes fourrées et doudoune moelleuse ! Sauf pour aller dans l'autre hémisphère, mais il me semble que peu de personnes sont concernées.
Impression que l'on marche sur la tête, que l'on zappe au lieu de vivre, que toute la société ne sait qu'offrir de la Rita.ine aux enfants -comprendre : des tasers et des CRS sur la route pour verbaliser- alors qu'elle leur propose toute la journée de voir le programme de TV suivant quand celui-ci n'est pas terminé. Tout est fait pour qu'on aille de plus en plus vite, qu'on ait envie d'avoir « le truc suivant » alors qu'on n'a même pas encore tiré parti de celui qu'on vient de s'offrir. Tout est fait pour s'user à la vitesse grand V : cette année mes prises CPL qui sont tombées en rade alors qu'elles avaient 13 mois (garanties 1 an). Mon ordinateur portable qui a une avarie de disque dur alors qu'il a 6 mois. Mon appareil photo compact qui refuse de sortir son objectif alors qu'il a 4 mois. Le mieux étant la machine à laver complètement HS au bout de ... 3 ans !
A chaque fois il faut changer la pièce ou la totalité de l'outil : personne ne prend le temps de réparer, on jette !
Ok, je suis la première à jeter mes chaussettes si elles ont un trou, je ne réparerais pas.
Mais pour des objets chers, qui sont censés durer, je trouve que c'est terriblement représentatif de la société toute entière, de cette spirale qui nous pousse en permanence.
Voilà dans quel état me met cette idée de consommation effrénée ... et plus particulièrement en fin d'année.
Je ne dis pas que j'ai raison, je me demande juste comment faire pour vivre mieux cette période ...