Planeth il y a quelques temps expliquait combien la
volonté et l'intention étaient difficiles à cerner. Combien il était difficile
d'être dans l'instant, connecté à soi et au monde par de subtils échanges.
C'est un phénomène très étrange, dont j'avais
entendu parler, sur lequel j'avais lu, mais que j'expérimente consciemment
depuis que mon ainé est né.
J'ai compris ça (je veux dire réellement
compris, entièrement) quand mon premier garçon a eu 6 mois.
Il fallait que je sois entièrement présente et
connectée à lui pour comprendre comment il fonctionnait et de quoi il avait
besoin. C'était un bébé aux besoins intenses, très demandeur, qui ne dormait
quasiment jamais (enfin : par tranches de 45 mn nuit et jour). J'avais du mal à
comprendre ce qu'il voulait, je pensais, comme je l'avais lu, qu'un bébé était
satisfait quand il avait fait quelques expériences et promenades dans la
journée, et que, surtout, il avait besoin de beaucoup de sommeil. Que nenni
!
Je n'étais pas du tout préparée
psychologiquement à un tel maëlstrom et, si j'avais le désir intellectuel et
raisonné, de donner beaucoup à mon enfant, j'avais beaucoup de mal à puiser au
fond de moi des trésors de patience et de maternage que personne ne m'avaient
accordés lorsque j'étais un bébé. La mode lorsque j'étais enfant étant de
laisser pleurer, de nourrir à heure fixe et de ne surtout pas prendre dans les
bras un nourrisson.
Je me retrouvais donc, épuisée et troublée
durablement par cette
naissance qui n'avait pas été conforme à ce que j'espérais, et certaines
fois submergée, très agacée et excédée par des demandes répétées qui ne
correspondaient pas à la littérature que j'avais lu.
J'ai donc passé les six premiers mois de son
existence à chercher des livres, des réponses, à me questionner, à tenter de
gérer mes sautes d'humeur ….
C'était surtout lorsqu'il fallait le coucher que
c'était difficile. J'avais envie qu'il dorme vite, et lui restait, même
visiblement fatigué, en alerte, yeux grands ouverts. Je me souviens de mes
tentatives d'atmosphère douce : bougies, musique calme, lorsqu'il avait 4 mois,
et de ses yeux grands ouverts dans la pénombre, superbement attentif et luttant
contre sa fatigue.....
Jusqu'au jour où j'ai pensé à réfléchir avec mon
corps et mon coeur au lieu de ma tête.
Je me suis allongée près de lui avec l'idée
d'être entièrement avec lui, présente à lui et pour lui, centrée dans mon corps
et ma respiration, et j'ai laissé divaguer ma pensée en la connectant à lui, en
touchant de ma main sa joue, son front, son épaule ou son ventre.
A partir de là sont nées des
pensées/idées/phrases/images flottantes et disparates, qui devenaient parfois
des lettres, des projets, des idées à creuser, ou des lambeaux de riens qui me
faisaient du bien.
Un moment à moi et à lui, que nous partagions et
qui n'appartenait qu'à nous.
Et depuis j'expérimente avec d'autres personnes.
ça marche aussi par internet et par téléphone. Et c'est magique de
compréhension.
Je lis, ou j'écoute un ami, et je suis capable
de ressentir ce qu'il ressent et de me mettre en phase avec lui pour pouvoir
lui répondre de la manière la plus personnelle et appropriée.
Ce que j'appelle se connecter.
C'est Ella Maillart qui m'a appris.
Elle parle de la cérébralité de
l'occidental.
Qu'elle oppose à la puissance du désir, de la
vie dans le moment présent, des indiens/orientaux.
La volonté est une puissance frontale, qui est
réfléchie, calculée, orientée, qui peut être contre (le corps de l'autre, le
sien)
L'intention c'est être pleinement soi dans le
mouvement, l'être, le sentiment, l'acceptation. Pouvoir observer ce que l'on
est, ce que l'on fait. Etre conscient à soi et aux autres
ET
laisser faire/être...... pour sentir
une communication supra sensorielle, par tous
les pores et par un canal du cerveau qui permet de ressentir entièrement
l'autre et ses besoins, sa réalité exprimée par le corps, le non verbal
derrière le verbal.