Plongée dans la ville, dans mon intérieur.

Marcher, arpenter les rues, les places et les passages de Paris, marcher sur le bitume, les pavés.

Et vivre !

Etre observatrice et montrer aussi que j'aime, que je participe.

Voir au-delà de la réalité

C'est tout moi, ça !

Dire au boulanger qu'il est beau dans sa blouse blanche, y voir un prince de la farine,

parler aux chats de rencontre, me baisser pour les caresser et ronronner avec eux : je sais quand ils souffrent et quand ils sont heureux, ils me le disent, je le sens dans mes doigts !

Passer sous un pont et m'émerveiller des reflets de la ville dans l'eau, du son décuplé, et pousser un cri pour l'entendre mieux, pour entendre les voix des oiseaux qui me répondent,

Je vois, au-delà des choses, des objets étranges

Je peux retrouver mon aimé dans un lieu où nous n'avions pas prévu d'être, bien plus tôt que notre rendez-vous organisé, j'ai la prescience de ces moments de rencontre

Interroger un passant sur son passe temps favori... parfois il est interloqué, ne parle pas, c'est dommage !

Regarder un couple d'amoureux et leur dire que leur amour me touche, me plait, qu'il est une éclaircie dans la journée, un lumineux sourire au monde

Faire des gestes souples et amples, bouger les bras de haut en bas, courir quand je veux, sautiller aussi, puis m'arrêter devant une vitrine pour voir les objets de couleur rouge,

Passer la nuit dans la forêt de Fontainebleau en compagnie d'un archéologue.

Repartir et saluer toutes les personnes qui me croisent, même si elles ne me disent rien en retour, et ne sourient même pas : mais pourquoi ?

Je suis vivante et en empathie avec le monde : personnes et objets, nature et mobilier.

Il m'est déjà arrivé d'être si émue !

Parce que d'autres s'étaient vus autorisés à me dire ma faiblesse, mon inadaptation au monde.

Le ciel en est témoin

Les hommes ne comprennent pas...

Ils me regardent de loin, au mieux, tête dans les épaules et regard de biais

Il leur est arrivé de me dire que j'étais folle

Alors que je suis un génie libre !

Heureusement mon ami Jérôme veille, et ce jour-là il m'a prise en photo alors qu'il m'attendait sur une terrasse en hauteur.

Nadja, le 16 novembre 1927

395845163_545e930ba2_s.jpg

Ecrit en hommage à Nadja, d'André Breton. Cette photo m'a fait penser de suite à cette héroïne surréaliste qui a vraiment existé.

Ce texte est ma participation au diptyque 4.5, jeu proposé par Akynou. Il s'agissait d'écrire un texte que nous évoquait la photo de Jérôme