Dans un ballet lent et terrible
Au bord de leur grillage
les sans visage
Passent au crible
Leurs jeux électroniques
Remplaçant la poésie
Par la technique
Ils sont déconnectés
De la réalité
Des vraies personnes
Humaines trop humaines
Qui résonnent
Seulement dans leur esprit
Mais voilà qu'à peine
Les portes ouvertes
Nos hommes gris
Pfui !
Partis !

Voilà ma participation au jeu du diptyque 4.4 Cette semaine il s'agissait d'écrire au sujet de cette photo de Bladsurb.
Mais en fait cette rétention de mots vient de mon manque d'inspiration.
Ces personnes ne m'inspirent pas. Trop triste. Même si la photo est graphique et bien composée, elle prend note de l'individualité croissante qui habite notre société.
Et ça me fait peur, je le rejette.
Personne ne regarde plus personne, personne ne s'approche des autres : chacun a une bulle de protection énorme si l'on peut. Et quand on est obligé de se toucher, dans les ascenseurs et transports en commun, chacun regarde au plafond ou s'absorbe dans un objet : carte ou inscription au mur, téléphone, PDA, livre ou journal, lecteur MP3 dans les oreilles ou appareil photo.
Personne ne se dit bonjour, principe basique de politesse plus du tout en cours.
Avec pour corollaire que des groupes mal intentionnés peuvent voler, violer, frapper, sans que les individus présents ne tentent rien pour l'empêcher. L'impunité nait de cette individualité. Personne ne se sent plus faire partie du genre humain. Alors qu'il est sans doute plus difficile de dérober son sac à quelqu'un qui vous a dit bonjour, fait un sourire.
Je note aussi que les rares personnes qui parlent à haute voix dans un transport en commun, les enfants qui s'extasient, remarquent, posent des questions, sont perçus comme des sortes de martiens. Alors que ce sont les seules personnes vivantes du groupe !
Notre société marche sur la tête
Cette photo m'aurait juste inspiré un texte où le premier personnage à gauche prévoit, une fois dans le train, de trucider les autres. Je me refuse à écrire ça. Trop nocif.
