Après avoir écouté le texte d'Idir.
Très très beau en effet.
ça m'a fait penser à des aveux de mon père, il y a environ 10 ans, alors qu'il était hospitalisé dans ma ville pour une grosse opération et que j'allais le voir tous les soirs.
On bavardait de ses douleurs, hématomes et progrès, de la rééducation prochaine. Notre intimité n'avait jamais été telle, puisque je le voyais dans cette tenue d'hôpital si peu couvrante. J'adoptais le regard professionnel de la soignante (secouriste), le regard tendre devant sa fragilité nouvelle; je le massais.
Un soir, à la faveur de ces quelques 45 mn quotidiennes de visites, lui qui avait peur que je ne prenne pas plaisir à venir le voir m'a dit qu'il avait l'impression d'avoir passé tellement de temps au boulot ou à faire autre chose, que le temps était passé si vite, et qu'il pensait qu'il ne nous avait pas vu grandir, qu'il regrettait. Il m'a demandé pardon.
Et je sentais tellement que cet homme, ouvrier qui avait bricolé et/ou fait le jardin tous les jours de sa vie, avait été présent en pensée avec nous, et avait été embarqué dans le flot de sa vie, que j'ai oublié moi aussi tous les moments où il avait douté de lui et de moi, où il m'avait fait mal. Maladroitement je lui ai dit qu'il avait fait de son mieux, qu'on avait bien senti sa présence et son amour, que c'était ce qui comptait....
C'est difficile les choix d'une vie, vus de plus loin. C'est difficile de faire ce que l'on veut de sa vie sans supporter malgré nous le poids historique des choix parentaux.