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Tag - Histoire familiale

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mardi 14 juillet 2009

Retour à Collioure

Retour à Collioure en ce début d'été 2009.

Retour sur ce chemin déjà parcouru d'autres années.

Cette fois, sur l'autoroute un caillou vraisemblablement a cassé le clignotant droit de notre California. Le garage VW le plus proche étant celui d'Elne, et la pièce étant encore à Perpignan, nous avons dû attendre dans la ville.

Et, en cette journée un peu grise, entre les averses, j'ai repris conscience de mon Histoire familiale. Je savais que j'avais déjà entendu parler d'Elne pendant l'année. C'était parce que j'avais appris l'existence de la Maternité suisse d'Elne, ouverte par Elisabeth Eidenbenz en 1939, au moment de la Retirada, quand elle s'était rendue compte que les femmes espagnoles parquées dans les camps de concentration d'Argelès mettaient au monde leurs enfants dans des conditions sanitaires exécrables.

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Environ 600 enfants sont nés à cet endroit, ouvert entre 1939 et 1944. D'abord des espagnols, puis des enfants juifs et tziganes. Les mamans étaient accueillies 2 mois avant la naissance pour se refaire une santé physique et psychologique, et restaient 4 mois après la naissance. Le temps de profiter de cette ambiance de groupe et du savoir des infirmières et puéricultrices qui travaillaient là, le temps de se gorger de vitamines grâce aux fruits et aux légumes qui étaient cultivés sur place.

Parfois des femmes d'autres camps plus lointains venaient accoucher là aussi. Lu un témoignage d'une maman qui venait du camp de Gurs (64). Elisabeth Eidenbenz a tenu les registres précis, avec photos, de ces femmes et de leurs bébés. Et elle garde tout en mémoire. Elle a tenu tête aux autorités allemandes en refusant de livrer les femmes et enfants juifs. Elle a tenté d'adoucir la guerre. Jusqu'à ce qu'elle doive fermer le château.

Son action a été reconnue récemment seulement.

Mais c'est aussi récemment que l'on s'intéresse enfin, un peu, à cette partie de l'Histoire de la France, si étroitement mêlée à celle de l'Espagne.

Pour moi, c'est aussi, et surtout, de l'Histoire familiale. J'en ai entendu parler très tôt. Et ce n'est sans doute pas étranger au fait que j'ai fait des études d'Histoire.

Creuser le passé, le mesurer à l'aune de mes ancêtres. Pas pour vérifier ou valider une ascendance prestigieuse. Seulement je crois pour ce vertige qui me prend lorsque je sens les va-et-vient entre ce qui a été, ce qui est, ce que je suis par rapport à ce que mes ancêtres étaient, la ressemblance ou au contraire les différences qui nous font de la même famille, pris dans la même frise du temps, mais jamais dans la même photo. C'est la spirale que je vois, qui m'entraine dans son miroir sans fond, sans tain.

Le jour de l'enterrement de mon grand père maternel, en 1992, prise dans cette spirale, je suis allée avec les autres sur sa tombe. Nous étions en file indienne, comme souvent en pareil cas, et les femmes qui étaient devant moi, en se retournant, m'ont regardé intensément et n'ont pas pu s'empêcher de s'exclamer « comme elle lui ressemble ! » Elles parlaient de Rose, la femme de mon grand-père, la mère de ma tante et de ma mère, morte en 1943. Un coup à l'estomac. Ressembler à une femme que je n'ai pas connu, que ma mère elle-même n'a pas connu (juste 2 ans autant dire rien). Seule présente, ma tante, qui avait perdu sa mère à l'âge de 12 ans. Rosita donc, qui m'a légué à la fois son prénom, bien qu'en deuxième position, et son grain de beauté sous l'oeil, contre le nez, à gauche, peut-être aussi sa fantaisie.

Incapable de dire un mot, j'ai senti une aspiration et pu mesurer immédiatement tout ce que j'avais perdu avec la mort de mon grand-père. Tout ce que je n'avais pas pu lui demander, pas eu le temps, pas l'occasion, pas l'opportunité, pas l'idée de le faire. Et avec lui tout un pan de cette Histoire familiale s'enfuyait, irrémédiablement perdue alors même que je sentais si fort le besoin de savoir.

Je crois que j'ai pris conscience alors que mes études m'entrainaient sur des chemins du savoir qui n'en valaient pas la peine, puisque la seule chose que je souhaitais connaître c'était pourquoi, comment, quand, avec quelles pensées, quels désirs, quelles envies et quelle philosophie mes ancêtres s'étaient enfuis d'Espagne pour venir en France.

J'interrogeais sans cesse mes parents sur l'éducation qu'ils nous avaient donné, sur la langue qu'ils avaient voulu nous parler, sur leur volonté de faire de nous des français en ne nous parlant pas espagnol.

J'ai mis des années à comprendre ce qu'ils sont incapables de m'expliquer clairement : leur envie de devenir français pour oublier tout le mal qu'ils ont eu en partant de cette terre ingrate qui était celle de leurs parents. Eux ont souhaité s'intégrer si fort qu'ils ont voulu que leurs enfants oublient le reste.

Mais c'est impossible.

Je reviens sur cette terre où j'ai des souvenirs d'enfance : l'endroit où ils sont passés en France.

Ma soeur va souvent en Espagne passer ses vacances, elle parle assez bien la langue.

Mon frère est polyglotte et a vécu quasiment la moitié de sa vie dans des pays étrangers, ses enfants sont bilingues.

Nous creusons, nous cherchons, chacun à notre façon, cette partie de l'Histoire familiale.

Je suis donc à Collioure.

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Pour des vacances au soleil en famille.

Et je ne peux m'empêcher de visiter la maternité suisse d'Elne.

Je cherche des revues et des livres pour enfants et je vais à la maison de la presse.

Là je vois un livre de photos prises par Manuel Moros, présent au moment de la Retirada en janvier et février 1939.

Un creux à l'estomac.

Je feuillette et j'achète ce livre, compte rendu d'une exposition qui a eu lieu à Perpignan au début de l'année 2009.

Mon père y était. Dis-je à la gérante.

Et elle de me raconter.

Pendant les commémorations en janvier et février, des affiches partout dans la ville et la région montraient un jeune garçon de 12 ans tirant un mouton. Une femme, intriguée par la photo et lui trouvant une ressemblance familiale, l'a montrée à son père. C'était lui. Il venait de perdre ses parents dans l'exode, et avait trouvé cet animal abandonné. Il l'a pris avec lui pour un peu de compagnie. C'était son seul réconfort. Et un matin lorsqu'il s'est réveillé au camp d'Argelès, la corde qui le retenait à son mouton avait été tranchée. Il avait cependant survécu, fondé une famille de 5 enfants. Et cet homme s'est retrouvé mis à l'honneur par la grâce de cette commémoration.

Ou encore...

Pendant la Retirada un cheminot a trouvé une valise et savait qu'elle était à un réfugié. Il a fait le tour des camps pour retrouver le propriétaire de cette valise, en vain. Pourtant il a toujours cherché à la rendre, sachant combien elle était importante pour quelqu'un. Et il a légué cette recherche à ses enfants. L'un d'eux a réussi, par internet, à retrouver la trace des réfugiés d'alors, qui s'étaient exilés au Mexique.

Elle me cite un autre livre, paru cette année sur la guerre d'Espagne et les réfugiés en pays catalan. Je note le titre pour le trouver.

A la Maternité suisse d'Elne une mise en scène : dans une sorte de baldaquin de métal rouillé, entouré de fil de fer barbelé, des valises et des couvertures.

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Identiques à ce que j'ai trouvé un jour dans le grenier, alors que j'étais enfant.

Déjà j'interrogeais l'histoire de mon père, ses souvenirs de petit garçon de 5 ans, pendant ce moment de fuite, ses responsabilités pendant qu'il faisait l'intermédiaire traducteur entre les autorités françaises et ses parents. La fuite de son père dans les maquis de l'Ariège, celle de son frère ainé qui auraient dû partir avec le STO.

Je n'ai cessé depuis.

Et cela me retombe dessus.

Que j'aime ce pays ! La végétation sèche, les odeurs, les sentiers et les chemins qui me poussent à exercer mes muscles, l'eau mouvante et les lumières. L'évidence d'une vie saine parce que surtout vécue à l'extérieur.

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Parce que je suis venue ici souvent dans mon enfance ?

Un mois entier de camping à Argelès, c'était notre régime lorsque nous étions enfants. La plage, les pastèques, les pêches et abricots, le vent, le bouquiniste pour acheter de quoi lire sur la plage, la corvée de vaisselle partagée; le repas au restaurant pour manger une paella, la virée en Espagne, à Port Bou, où est né mon père.

Il avait besoin de revenir. Parfois content de voir l'évolution de la ville, parce qu'elle cachait alors dans les couches de sable, son Histoire un peu sordide et alors quasi oubliée (ou que l'on voulait oublier). Souvent porté par ses responsabilités de père de famille : la continuité, la route encore longue pour mener ses enfants aux portes de leur propre destin.

J'en suis là.

Je ne le savais pas.

Je viens de le sentir.

Ça m'a pris par surprise.

vendredi 19 juin 2009

A une amie

Elle s'était levée, confiante, avait lu un peu, parlé avec les enfants et bu un café, surtout, en se levant. Elle ne pouvait pas faire autrement que boire un café pour se sentir d'aplomb.

Et puis elle avait pris son élan, avait décidé d'aller se doucher, pour se sentir parfaitement propre, apte à recevoir et à donner, pour prendre de la force et laisser de côté ces jours derniers et affronter les jours prochains, se faire une douce violence pour affronter les sentiments et les moments suivants.

Toujours en pantalon léger et débardeur, simple et frais par cette chaleur, pieds nus sur le sol ami, elle a pris son petit garçon dans ses bras, elle l'a embrassé et consolé parce qu'il n'avait pas aimé que son père lui lave un peu le visage et lui passe un tee shirt propre. Elle ne lui a pas parlé de ses sentiments, ne lui a pas dit qu'elle était désolée de lui faire quitter les jeux avec les autres enfants. Et puis elle a enfilé ses bras dans les manches d'une grande tunique, destructurée, qu'elle a zippé jusqu'à son cou, tout en mettant ses pieds dans des ballerines vernies noires . Elle me disait alors qu'elle n'avait pas revu ses grands parents depuis des années, que leurs rapports étaient compliqués parce qu'ils se sentaient comme ses parents puisqu'ils l'avaient en partie élevée. Elle était un peu nerveuse, ne savait pas ce qu'allaient être ces nouvelles relations.

Dans la précédente maison familiale (celle de son compagnon) les parents avaient critiqué le petit garçon, disant qu'il n'était pas assez si ou trop ça. Cela avait été difficile pour lui et pour elle.

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Le soir, en revenant, elle disait « Ah, ça fait du bien de revenir chez vous ! »

La visite chez les grands parents avait été sereine et pleine de compréhension mutuelle. Comme si les vieilles personnes sentaient, avec leur bon sens et leur sagesse, qu'il ne fallait pas tenir rigueur à ces jeunes de vivre comme ils l'entendaient, de reparaître après des années....que seul le moment présent et le partage ici et maintenant comptaient.

C'était surtout le contact avec le père qui avait été difficile. Sa lente transformation du soixante huitard proche et respectueux de la population locale en un potentat adulé par les politiques régionaux, vivant dans une maison bourgeoise du centre ville, décorée selon les canons en vogues sur les magasines. Compromis, faux semblants et pression sur les enfants adolescents, vérité revisitée par une sorte de lavage de cerveau par lui-même et sa deuxième femme. Elle avait cru revivre sa propre adolescence, le moment où elle s'était dit qu'il fallait qu'elle parte. Tout son poil hérissé, toutes ses griffes dehors dans ce décor clinquant, sans âme, ni poussière, ni humanité, elle avait subi les paroles blessantes envers la jeune fille de 18 ans (sa soeur), que ses parents s'ingéniaient à rabaisser, disant qu'elle n'aurait pas son bac parce qu'elle n'avait pas assez travaillé et autres phrases blessantes.

Là, devant une bouteille de Côte de St Mont rouge (du Monastère 2002), mangeant camembert et compote de pêches, ils avaient raconté tous les deux leur famille, tourmentée, aux liens et aux vies distendus et inadéquats, mais qui, néanmoins, leur importait d'une certaine manière. Mais leur pesait terriblement.

Plus tard, apaisée par les paroles et le vin, elle avait été heureuse de pouvoir partager tisane de fruits et odeurs, parler de parfums, de recettes et de comment ces odeurs représentaient une partie de nous même qu'on voulait donner à voir, ou à sentir, pour être perçus tout à fait comme on était à ce moment. Alchimie de paroles amies, de sorcellerie, sur fond de ciel d'orage, de grondements de ciel, fenêtres ouvertes sur le vent et la pluie, les averses venant laver les affronts de la journée.

mercredi 29 octobre 2008

Illustration d'un fragment de "Cheminement"

Ceci est ma participation au diptyque d'Akynou, 4.5

Il s'agissait d'illustrer un fragment de Cheminement

En même temps, je sens bien que mes chemins ne sont que virtuels, intérieurs et rêvés autant que suivis.

Je pourrais parler aussi d'un fil, d'une tige, d'un centre qui me maintient sur ma voie.

Et puis il faut bien dire que, si j'aime suivre des chemins élus, d'autres ne sont là que pour le confort, de manière tout à fait pragmatique, comme on prend un véhicule pour aller d'un lieu à un autre.

En pratique, sur le terrain, il est rare que je suive toujours entièrement le chemin, mais je prends souvent les traverses. A moi la ligne droite quand je veux arriver : celle que je trace entre deux chemins, qui me permet d'aller plus vite, de couper.

Bref : ça pour dire que parfois je n'ai pas envie d'illustrer tout à fait le texte.

Je ne l'ai pas écrit pour ça.

Et d'ailleurs je l'avais illustré déjà, d'un bout de chemin littoral entre Collioure et Argelès, où j'étais en vacances en juillet dernier. Car je reviens dans ces lieux où mon Histoire familiale m'a déjà posée avant même que je ne sois une idée dans l'esprit de mes parents, et qu'eux-mêmes ne soient amoureux. En pays connu et aimé, très familier, dans le cycle de mes naissances et renaissances peut-être ?

C'est mon chemin du littoral qui illustre le passage de la frontière par la mer.

Mais je suis curieuse et heureuse de voir tous les chemins des participants au jeu.

Ça pour dire que mes chemins élus pourraient être ceux de l'imaginaire, ceux qui ne sont pas tracés pour circuler, ceux que l'on voit mais qui n'en sont pas, ceux que l'azimut nous permet de tailler dans le paysage, ceux de l'amitié qui sont impalpables et nous font tournoyer, dont nous sommes la base...

Et puis ceux de la montagne, là-haut, que je peux me remémorer parce que je les ai suivis et qu'ils me manquent. Comme la chèvre de Mr Seguin je regarde par les rues de ma ville, ces montagnes inaccessibles pour cause de petits garçons qu'il faut encore porter.

S'ajoute donc une part de regret dans l'illustration : j'aurais aimé aller en montagne pour photographier un chemin particulier, et je n'ai pu que photographier ceux de la ville.

Mes chemins en ligne droite (vue de l'esprit ou pirouette) :

Différents chemins de ville :

Ligne de fuite en chemin de fer :

Manque mon chemin de montagne pyrénéenne, tout en haut : quand on est au sommet et que l'Espagne, c'est en bas.

dimanche 19 octobre 2008

Cheminement

Les chemins sont choisis et de toutes les manières liés puisqu'un chemin mène à l'autre.

Si nous les choisissons ils seront notre et nous pourrons les prendre bras dessus bras dessous pour deviser de concert, de conserve, de recettes, de sorcières, et autres, et plus si affinités ....

Mais je m'égare.

Vite, sortons la boussole, la carte, le GPS pour être modernes (et surtout fichés), c'est pour ça que je reste fidèle à la bonne vieille et belle carte IGN, lisible, relisible, montrable, explicable, sur laquelle je passais des heures à me repérer, à me réparer, à lire et prononcer les noms de villes et de villages, de lieux dits, pour oublier les non-dits et me perdre dans les noms.

Toute petite déjà (vers 8/9 ans) je listais les noms de villes que nous traversions lors des départs en vacances dans l'Ariège, et je remplissais mon carnet de poèmes et de bleds. J'étais donc capable de réciter dans l'ordre le chemin qui nous menait vers les montagnes et les grottes ariégeoises.

Bien plus tard, une année que je partais le lundi matin vers 5h pour rejoindre Bordeaux (2 h 15 de route), seule, à cours de phrases à me dire, ne trouvant pas dans les extraits que je connaissais suffisamment de points communs avec mon périple et ma vie de cette année-là, je me suis surprise et amusée de me réciter les noms des villages que je traversais.

Les chemins me parlent.

Je les élis si je veux.

J'aime faire des boucles, prendre un chemin à l'aller, un autre au retour. Me demander où va celui-ci, explorer l'autre.

On peut les suivre à l'oreille, pour écouter de plus près un chant d'oiseau (à ressort ? voir Haruki Murakami, dont un recueil de nouvelles sort, là, je viens de le lire dans Télérama), une cascade, un bruissement, un son de cloche..

Et puis dans le brouillard ils sont trompeurs, plus ouatés, cotonneux et silencieux, sauf s'il y a un troupeau de moutons qui nous guident de leurs cloches. Et comme la carte est alors inefficace : on est perdu, les moutons sont bienvenus de sonner, montrer que nous sommes dans un endroit habité.

Alors ça y est : on s'y retrouve! Pas forcément là où nous voulions arriver, mais on est capable de se situer sur une carte, et donc de retrouver notre chemin initial.

Mais revenons à la carte : celle que l'on a pris pour la randonnée; celle du pays tout entier; celle du continent; le planisphère qui contient le monde et nous le donne à voir dans son ensemble, incluant les masses d'eau.

C'est un régal, une référence, un chemin à deviner, créer, tracer, que j'aime montrer à Lumineux, qui aime voir où nous sommes, qui interroge les images...

Cela me parle, fait revenir à la surface la prof d'HG.

Cela fait référence à mon Histoire familiale : je n'aime pas les chemins seulement pour leur beauté intrinsèque, mais aussi pour leur sens. Je pense en ce moment à ce chemin de mon père, petit garçon de 5 ans (bientôt l'âge de Lumineux, tiens,donc le moment...) qui a marché en compagnie de sa mère et de sa soeur de 3 ans, pour quitter le pays qu'il avait toujours connu, pour rejoindre par les montagnes la France qui l'a si mal accueilli. Il faut savoir que les Espagnols de 39, qui sont arrivés sur la côte des Pyrénées Orientales, ont été parqués dans des camps de concentration, les hommes mis sur les plages d'Argelès, les femmes et les enfants ailleurs, que les familles ont mis beaucoup de temps à se retrouver... Cela mûrit, cette envie de suivre le chemin, qui serait un peu mon chemin de Compostelle, version mémoire familiale et historique, si jamais le chemin existe encore...de_Collioure_a_Argeles.jpg