Nous avons la chance d’avoir un bon cinéma Art et Essais dans la ville. Donc
mes garçons connaissent le cinéma sans publicité, incitations à la
consommation, climatisation trop froide, traitement des clients à la chaîne et
tronquage de générique de fin.
Notre ciné, Le Méliès, est installé dans une ancienne église, dans un
quartier tranquille, il a une grande salle en bas, accessible aux fauteuils et
autres poussettes, et une plus petite en haut (seulement par l’escalier). Il
organise des séances scolaires à la demande avec un tarif très intéressant et
l’équipe est vraiment arrangeante. Une année que je travaillais comme
enseignante avec des handicapés ils ont même accepté de projeter un film pour
notre seule classe (5 enfants et moi). Même avant ça j’aimais beaucoup leur
programmation, leur dynamique et leur accueil, mais là, j’en ai été
soufflée !
Et puis il organise un ciné goûter une fois par mois.
Dimanche c’était notre deuxième participation. Salle pleine d’enfants et de
parents, légère excitation palpable, magie de la moquette, des escaliers, des
fauteuils repliables et strapontins rouges, des lumières dans l’escalier, du
rideau noir qui s’écarte…
Et puis un présentateur, qui nous explique le film, le déroulement de la
séance ; et nous promet une surprise à la fin : les marionnettes que
l’on va voir dans le film seront là en vrai, elles sont dans le train et
arrivent avec Valentin !
La séance commence. J’ai préparé mes garçons avant d’y aller. Je leur ai
montré
un extrait trouvé sur internet.
On est bien installés, tout en haut. Et les quatre courts métrages
s’enchainent, très poétiques et sans aucun temps mort, ni pour les enfants ni
pour les adultes. Après le deuxième, mon petit lutin me demande déjà
« goûter maman ? » Non, non, il y en a encore deux ! Dans ciné
goûter, c’est le goûter qui l’intéresse mon gourmand !
Quant à mon grand, un peu fatigué, ce sont les insectes et l’aspect à la
fois documentaire et imaginaire des bestioles fabriquées lui plaisent.
A la fin Valentin est devant et pose sur la scène cinq marionnettes. Nous
sommes trop loin et mes garçons descendent, je suis sur leurs talons pour nous
installer par terre et mieux voir et écouter les explications passionnées.
Fabrication du film, image par image, des marionnettes (fil de fer, mousse,
peinture, bois, métal) et de leurs mouvements. La moyenne d’âge des enfants est
d’environ 4 ans, peu d’entre eux ont 7 ou 8 ans, beaucoup ont plutôt entre 3 et
5 ans, comme les miens.

Nous gagnons la salle du haut, qui présente des livres sur les insectes, et
Lumineux est le premier à prendre un livre. On s’installe pour expliquer les
insectes. Un autre garçon écoute mes explications, on apprend, on observe, on
cherche.
La salle est bruyante : sur des tables des jus de fruits, des gâteaux,
des mandarines. Solaire goûte avec son père. Il a besoin de bouger et ils
sortent.
Et puis juste à côté de nous s’installe Valentin et ses marionnettes, et le
présentateur qui explique comment est fait le film, montre la bobine, fait le
parallèle avec la photo argentique : « vous savez, c’est comme avec
les vieux appareils, quand il y avait un film enroulé dedans ? » Oui,
quand on pense que c’était il y a 5 ou 6 ans…
La salle se vide petit à petit. Nous restons seuls quasiment avec Valentin
et les marionnettes. Il continue d’expliquer. Lumineux peut toucher les
marionnettes, leur faire changer de position, il remet même la lumière sur la
barque du lutin à bonnet rouge ! Valentin le trouve très adroit et dit
qu’il va l’amener en lettonie pour l’aider… Je prends des photos. L’autre
garçon aussi, avec le téléphone cellulaire de sa mère.
Un moment riche.
