Parchemins Instantanés

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dimanche 18 janvier 2009

Réunion

Ce matin, derrière la petite porte du n°5, des trucs pas très ragoûtants… Un œil orange et gélatineux, et un alien bleu à cheveux verts.

A l'intérieur l'odeur de la colle et de l'encre, du bois, sont présents.

L'atmosphère épaisse et glauque.

La lumière vient d'une lucarne au-dessus de la porte, et des traits dansent aussi sur le sol, formés par le store vénitien à moitié fermé, au fond.

Il ne faut pas trop de lumière ici, sous peine de décoloration.

Gling, gueling, gling !

Il est à peine 9h.

Un homme vient d'ouvrir la porte. Ses yeux s'habituent à la pénombre de l'intérieur. Il descend avec précaution les trois marches qui mènent dans la salle.

Son chapeau aux larges bords couvre ses yeux mais il relève la tête pour m'apercevoir.

Je suis au fond, contre la bibliothèque qui tapisse tout le mur. Juchée sur un escabeau de bois.

Je me retourne pour voir ses yeux.

Il baisse la tête pour me saluer et cherche ensuite du regard les objets qu'il convoite.

Je suis occupée à mon rangement, mais je le suis du coin de l'oeil, comme à l'habitude.

Aujourd'hui je suis seule dans le magasin.

Gling, gueling, gling !

Entre une femme brune aux cheveux longs, longue robe noire et rouge à manches tombantes en tulipe, cape ouverte et fibule d'argent.

Elle est accompagnée de son chat. Noir. Borgne. Celui-ce se faufile et va s'asseoir sur le rebord de la fenêtre, en habitué des lieux, observateur calme et néanmoins toujours en alerte, plein d'énergie. Il commence une toilette rituelle, en se léchant l'épaule gauche.

Il nous manque un troisième personnage. Qui arrive bientôt. Il s'agit de ce grand-père bonhomme au ventre rond, à la barbe drue et blanche, que l'on nomme Saturne.

Le chapeauté a trouvé sa boule de cristal.

La femme s'est assise autour de la table et a sorti un grimoire de son sac.

Saturne, dont l'emblème est la chouette, vient me saluer et me demande si j'ai besoin d'aide.

« Non, non, merci, j'arrive dans un instant ! »

A peine fini de ranger les derniers livres et je descends de mon escabeau.

Je prends mon catalogue et je les rejoins à la table ronde.

Voilà, nous allons pouvoir commencer.

Mandragore. Mauve. Mimbulus mimbletonia.

Nous en étions arrivés à ces plantes lors de notre dernière réunion. Mes amis spécialistes sont toujours prêts à partager leurs connaissances. 

Aujourd'hui nous allons lister les propriétés et connaissances au sujet de celles-ci :

  • Napel ou Aconit [Aconite] (Tue-loup)
    Plante extrêmement dangereuse (d'où le nom de tue-loup). Le nom monkshood (Monk's hood : littéralement capuche de moine, traduit par napel) vient de la forme des fleurs.
    L'intrigue médiévale Monk's Hood de Ellis Peter, le troisième tome de la série Frère Cadfael, est recommandé à la fois comme une excellente histoire et comme source d'informations sur les effets à la fois positifs et négatifs de cette plante. Le botanique Cadfael fabriquait à partir de cette plante une huile utilisée pour masser les articulations douloureuses, mais si elle était absorbée directement par n'importe quel orifice de la peau, l'huile pouvait être mortelle.

  • Ortie [Nettle]
    Ingrédient entrant dans la composition d'une simple potion pour soigner les pustules.

Deux lettres !

Notre Dictionnaire des plantes communes et magiques avance vite !

Je vends des livres de magie et de plantes et mon magasin s'appelle Les Embrumes. Vous pouvez me trouver au n°5 Chemin de Traverse.

Au moment de partir, après le thé et les scones (eau et foie de poulet pour le chat) Saturne me demande ce que font ces objets dans ma vitrine en me montrant d'un air de dégout un œil orange et gélatineux et un alien bleu à cheveux verts.

« Ah, ça ! Je lève les sourcils et sourit. C'est mon fils qui les a ramenés d'une fête avec des moldus ! »

C'était ma participation au grain 6 du sablier givré. Voir chez Kozlika pour les règles et l'organisation. Ce soir c'était une amorce choisie par Bbt dans le blog de Lola : D'ici là, il s'agissait du billet Monstrueuse surprise .

mardi 25 novembre 2008

Tisha et autres chats (2)

Il a fallu 16 ans et un projet à tiroirs pour qu'on déménage dans notre actuel F4, derrière le cimetière, avec un coin vert au fond du parking. Et là j'ai vu que c'était possible !

Une jeune fille descendait sa chatte tous les matins avant de partir travailler. La minette l'attendait le soir à son retour, perchée sur l'une ou l'autre des voitures au soleil.

Au même moment, en visite chez des copains, je constate que leur chatte, une fine greffière blanche, a le ventre bien rond. Ben oui me disent-ils... Prenant mon élan j'ai rétorqué : «  si elle a une chatte fine comme elle mais foncée, quasi noire, je vous la prend ». Ce qui fut fait en octobre 2001 : j'ai pu assister aux naissances en échiquier de cette portée noire et blanche alternativement, et choisir celle qui me plaisait.

Un voyage plus tard nous ramenions notre chatte chez nous.

Petite féline perchée sur nos épaules, qui dormait avec nous et m'a pris pour sa maman.

Je lui ai appris à répondre à son nom, à descendre l'escalier à ma suite, à prendre l'ascenseur, à aller se promener dans le cimetière. J'ai même trouvé un itinéraire taillé au sécateur pour entrer dans le cimetière, tandis qu'elle m'attendait sur le mur de pierres, et nous allions nous promener ensemble parmi les tombes. Une vraie chatte de sorcière...

Elle a eu un accident vers ses 7 mois, nous l'avons retrouvée après 1 h de recherche, guidés parfois par ses miaulements rauques de douleur, sous un crachin de mai, à mon retour de ma première échographie, le côté de la tête amoché et un oeil exhorbité. Appel en urgence chez le vétérinaire, qui n'a pas pu sauver l'oeil.

Ma_panthere_qui_n_a_qu_un_oeil.jpg Pendant les 15 jours suivants, en convalescence, elle m'a suivi partout dans l'appartement, s'installant sur moi ou tout à côté, ne me quittant pas de l'oeil, et elle n'a pas demandé à sortir. Petit à petit elle a repris confiance, je l'ai aidé. Elle est restée bien plus craintive que dans sa jeunesse.

A la naissance de Lumineux elle a laissé sa place de fille ainée, mais surveillait le bébé, m'appelait quand il pleurait et que je n'arrivais pas assez vite.

Puis elle s'est mise à m'attaquer quand je criais, ou quand je riais avec les enfants excités : elle ne supporte pas les cris et bruits trop forts et elle me saute sur la jambe, oreilles en arrière, l'oeil courroucé.

Elle ne supporte pas non plus qu'on parte sans elle et me l'a fait comprendre un jour où je venais la récupérer chez mes parents : elle m'a attaqué alors que je pliais la tente, parce qu'elle venait de sentir qu'on avait dormi dedans, sans elle !

Depuis nous l'amenons partout avec nous, et elle descend même sur les aires d'autoroute : je lui dit quand on repart et elle s'installe dans sa caisse. Maisons amies, campings, hôtel, camping car, elle a tout testé avec nous.

Maintenant je lui ronronne que c'est ma panthère-noire-qui-n'a-qu'un-oeil, ma belle et ma féline-câline, elle me frotte le nez avec le coin de sa bouche, et mes garçons rétorquent « non, c'est MA belle ! » et « non, miaou MOI ! ».

Parfois je pense à l'importance qu'elle a pris dans nos vies, à sa longévité et à la douleur des garçons quand elle mourra. ça m'évite de penser à ma peine à moi. Mais ce qui est sûr, c'est que lorsqu'elle n'est pas là elle nous manque.

Cet été on avait tous décidé de la laisser chez mes parents pour partir camper, parce que nous ne savions pas si elle pourrait être bien dans ce camping. On l'a descendue du camping car, installée avec ses croquettes, et on lui a dit au revoir. On est partis. 1 km après Lumineux hurlait qu'il ne voulait pas s'en séparer. Il a fallu retourner la chercher. Elle est restée avec nous, m'attendait le soir quand je rentrais de concert. Je ne manque pas de lui expliquer ce qu'on fait, quand on va rentrer, elle passe inaperçue dans la plupart des campings et nous attend toujours. On a même visité la bambouseraie d'Anduze, en la laissant 3 h sur le parking arboré, en lui disant qu'on repartirait le soir. Quand on est revenu elle était à portée d'oreilles.

Je pense très souvent à Ella Maillart, à son séjour en Inde avec sa chatte Ti-Puss et je me dis qu'il est décidément faux qu'un chat soit davantage attaché à son lieu de vie qu'à son humain de référence. Tisha_sur_imprimante.jpg

mercredi 15 octobre 2008

Le feu et l'air

J'ai toujours eu un sommeil de félin : réveillée au moindre bruit, et de suite en alerte et l'esprit clair.

Normal, je suis un Chat dans l'astrologie chinoise. Un Chat d'Eau. Je ne suis pas à un paradoxe près.

D'ailleurs il y a une correspondance avec mon signe astrologique occidental : je suis Verseau ascendant Lion. Eléments antinomiques, opposés, parfois difficiles à vivre.

Facultés de voir les contraires sans effort : dans les situations, les personnes, les raisonnements, les événements.

Mais je n'ai aucune culture astrologique : ce sont seulement des considérations sur des éléments simples et visibles. Ce que je sais, ce que je sens, c'est que les éléments feu et air font partie de moi.