C’est dans un paysage entretenu et qui porte néanmoins l’empreinte d’une présence très ancienne que j’ai passé 3 jours le week end dernier.

IMGP0032.JPG

Dans un contexte de pression interne j’ai couru, sauté, volé, tout organisé pour y aller !

Je ne savais pas que c’était si beau, mais je savais qu’il fallait que j’y aille !

J’avais commencé par armer le California : remplir les placards de victuailles pour toute la famille, de fringues pour les enfants, de lampes de poches pour chacun. Puis Humain l’avait amené chez le centre auto du coin (No…to) pour la vidange et les changements de filtres, la vérification des freins. En vue des 4h de route aller.

Sauf que : à peine sorti de là mon véhicule ne démarrait que très difficilement, se mettait à caler après 1km, et semblait avoir des prises d’air. Je le ramène illico en priant le chef d’atelier de vérifier le travail. Il me rend mon California en me disant qu’il n’y a rien qui soit de leur faute, que la panne est indépendante de leur intervention.

Je prends des avis. On me dit « relai 102 », ou « contacteur ». Dans la foulée je passe une journée dans différents garages pour m’assurer que ces éléments fonctionnent. Tout semble bon de ce côté.

Mais la panne subsiste. On est vendredi, le départ pour le week end de grimpe est prévu demain matin. Impossible de partir en famille. C’est donc entre 20h et 23h que je me démène par mail et téléphone pour m’assurer que je peux y aller quand même.

En fait une partie du groupe devait bivouaquer, l’autre dormir à l’auberge du village. J’arrive à trouver in extremis une place dans une voiture, une autre pour mes bagages (petits, tout petits m’a-t-on demandé), et un lit pour dormir. Dans la foulée je trouve même un chauffeur pour m’amener au lieu de rendez-vous (j’avais envisagé d’y aller en vélo, mes 2 sacs sur le dos…).

4h de sommeil seulement et me voilà à l’heure. Mais j’y suis !

Et c’est là qu’une défection de dernière minute me permet de faire le voyage, non pas entassée avec 2 autres à l’arrière d’une kangoo, mais seule à l’arrière d’une volvo aux sièges de cuir et toit panoramique. Je décompresse et me laisse bercer, les yeux tantôt fermés pour somnoler et récupérer, tantôt ouverts pour suivre la course des nuages… je me rends compte que cela fait 3 ans que je ne me suis pas fait transporter. La dernière fois c’était dans le train de nuit pour Paris, juste avant de revenir au volant de mon California.

Je savoure.

Et je suis seule.

C’est rarissime.

Rien d’autre à organiser que ma vie et ma petite personne.

Poser les sacs à l’auberge, investir un lit. Reprendre le sac d’escalade. Au bout de la route c’est la fin du village. Après 2km de piste, nous sommes au bord de l’eau et devant les falaises.

Et là nous pouvons pique niquer au soleil. Et grimper sous le crachin. Dans un paysage grandiose. Dans le chant des oiseaux.

IMGP0041.JPG

Toujours une bonne ambiance dans le groupe, des occasions de trinquer et de partager nourritures et boissons, d’échanger recettes et lectures, plaisanteries et bons mots.

Le soir à l’auberge nous mangeons ensembles, ivres de fatigue et de grand air, à peine revenus de notre semaine et tombés dans l’activité physique.

Le lendemain matin nous repartons pour la journée.

Je suis étourdie par l’odeur de l’herbe, le chant des oiseaux, la sensation du vent sur ma peau. Je regrette de ne pas avoir pu bivouaquer, dormir dehors, d’avoir dû rester entre les murs sonores de cette auberge sympathique mais en dur.

On découvre un autre secteur, après 20mn de marche enchanteresse dans les oliviers, les bambous, le long de la rivière et des falaises, entre les coquelicots et les buissons de romarin énormes. J’en suis bouleversée. Je continue de décompresser.

IMGP0060.JPG

Je n’ai pas peur, je connais mes capacités, je sais que je peux grimper, que mon mental est bon. Je fais une voie en 2 longueurs, en 5 et 6A. Mais je suis aussi dans la contemplation des lumières, du ciel, des plantes. J’ai besoin d’un moment seule pour aller m’isoler, prendre des photos, toucher les plantes et les regarder. Prier notre Terre-mère et notre Soleil-Père. Me reconnecter à la nature.

IMGP0170.JPG

Je reviens ensuite vers le rocher et les grimpeurs. Revivifiée.

IMGP0228.JPG

C’est bon aussi d’être acceptée comme on est, pour ce que l’on est.

Le soir le repas en commun permet de continuer à souder le groupe.

Et le lendemain nous n’avons pas beaucoup de temps pour grimper. C’est pourtant à ce moment que j’ai le plus de capacité. Alors j’en profite : je grimpe, je grimpe, je me régale !

Cet endroit est magique. Il donne envie d’y revenir faire une retraite, vivre comme une sauvage sans contacts humains pour me ressourcer.

Le retour nous semble plus long et morne. Emaillé de ralentissements, surtout au passage des Pyrénées où nous rencontrons la grêle, le froid…. Malgré la fatigue physique l’énergie est bien revenue.