Vivre le moment présent
Par Lyjazz le mercredi 14 janvier 2009, 15:27 - Perso - Lien permanent
Ne pas se sentir vivant entièrement parce qu'on pense à écrire
J'aime cet état pour ma part.
Me sentir dissociée parfois, pouvoir me reconnecter et me déconnecter, sentir que j'ai un débordement de mots qui ne demandent qu'à se laisser glisser sur du papier/un écran.
Je regarde alors la réalité comme au travers du prisme d'un appareil photo : c'est toujours la réalité, c'est toujours moi derrière, je peux choisir d'ouvrir les 2 yeux et de regarder sans déclencher.
C'est un peu comme quand j'écoute un concert : j'entre dans la musique, et je suis mieux si je ferme les yeux, parce que la vision des musiciens, de l'interaction entre leurs complicités, l'observation de leurs visages, mains, physiques, postures, peut m'empêcher de bien entendre et ressentir. Il m'a fallu du temps, lorsque j'ai commencé de prendre des photos de concert, pour m'acclimater avec ces 2 versants de la musique. Et maintenant je ne saurais m'en passer : il me faut observer les êtres humains en écoutant la musique qu'ils m'offrent.
Tous mes sens sont ainsi renseignés, et mes perceptions se nourrissent l'une l'autre, sont plus riches.
De la même façon, quand je conduis, je peux faire naître des mots, des phrases qui sont nourries des images mouvantes que je traverse. Et quand je pense à un texte, à des moments que je voudrais écrire, alors que je vaque à d'autres occupations, que je ne peux pas arrêter, je me sens riche de cette autre vie qui circule en moi.
C'est proche d'une sorte de méditation qui ferait sa vie seule dans mon cerveau. Ça m'arrive par exemple en faisant une activité répétitive qui ne requiert pas toute mon attention intellectuelle : vaisselle, ménage, peinture, etc. C'est à ce moment que peuvent naître des idées, des solutions que je n'avais pas envisagées.
Ou alors dans un demi sommeil, lorsque j'endors mes enfants et que je me couche avec eux, mettant ma respiration au grand calme pour qu'ils puissent se mettre au diapason. Naissent alors des images non verbales ou des lambeaux de phrases, des idées ou impressions.... que parfois j'oublie, mais qui restent souvent et me nourrissent.
Mais pour moi, je me sens quand même entièrement présente au monde quand je pense à l'écrire...
Commentaires
Ce sentiment dont tu parles, cette capacité à faire partir le cerveau ailleurs, le laisser divaguer sans ne plus vraiment le contrôler... c'est en faisant des puzzles que je réussis à "l'atteindre".
C'est une forme de dissociation du corps et de l'esprit un peu... l'un qui ne contrôle plus l'autre... J'aime bien cette "transe" que tu appelles "méditation"
C'est bien ça, corps et cerveau fonctionnent un peu à part.
Je dis aussi qu'un coin de mon cerveau fonctionne tout seul, sans que je m'en occupe, et il trouve des solutions alors que je fais autre chose, de très différent.
J'aime conduire aussi pour ça : être actrice mais un peu en roue libre (j'ai le permis depuis 83) puisque ce sont des automatismes qui jouent, et laisser mon cerveau vagabonder devant les paysages...
Les puzzles, longs et solitaires, doivent aussi produire ce genre d'effet. Mais pour l'instant nous les faisons en famille