11 novembre

aujourd'hui pierre à pierre

patiemment je construis des véhicules en Lego.

Mes garçons deviennent grands. Je peux (chouette !) renouer avec mon amour des petites briques auxquelles je jouais quand mon frère était petit. Je ne me souviens pas d'en avoir eues : née en 1964, je ne sais pas si ce jouet était déjà connu par mes parents, ou s'ils ont préféré m'acheter d'autres jouets. Je me souviens avoir eu un vélo, des billes, joué aux soldats et aux cyclistes (le Tour de France), au château, mais pas aux Lego. Par contre, mon frère, de six ans plus jeune que moi, en a eu, et j'ai beaucoup construit avec lui.

Jusqu'à l'été Lumineux était encore passionné par les Playmobil quasi exclusivement, avec une brève incursion vers les jouets qui se transforment. Avec la vague de catalogues de jouets qui pleut dans notre boite aux lettres, et qu'ils épluchent quotidiennement, voilà que Lumineux, quasi 6 ans, nous demande des Lego Star Wars.

Comme j'avais en réserve une vieille boite de Lego Technics, j'ai proposé de fabriquer les véhicules pour qu'il voit bien que ce jeu était plein de possibilités, mais très technique cependant.

Alors nous voilà dans l'organisation et la lecture de plans, la recherche précise des pièces dont on a besoin. J'aime beaucoup. Lumineux m'aide. Surtout pendant ces jours de pluie. Mais c'est moi qui construit. D'abord une moto avec deux roues à l'arrière. Maintenant la voiture de course. Et ils aiment vraiment les parties mobiles, les engrenages et transmissions.

ooo

12 novembre

aujourd'hui derrière une porte

Celle de l'herboriste du quartier. Une petite boutique, aux murs tapissés d'étagères, remplies de produits souvent bio que je connais quasiment tous, de l'encens au milieu sur une console basse. Un sol en plastique reproduisant des galets, des spots de lampes fluocompactes. Tout est si petit... on est obligé d'être en face du comptoir, donc en face du maître des lieux.

Celui-ci est un homme mince au visage fatigué, un peu rouge, aux cheveux gris et plats. Mais à l'esprit acéré et à la mémoire performante et bien entraînée. Et qui parle sans arrêt, qui a le temps aussi d'observer les clients qui l'écoutent et le regardent, alors qu'il explique patiemment et sans s'arrêter un instant aux personnes qu'il sert tout ce qu'il faut qu'ils prennent, quand, pour quoi.

Il régnait là une atmosphère de familiarité, d'habitués un peu incrédules parfois. La grand-mère devant moi, répondant aux constatations et conseils sur le confort moderne (téléphone portable et four à micro ondes) disait que son four était très bien, et qu'elle ne s'en passera pas. Mais elle vient quand même chercher sa tisane pour le foie, préparée juste pour elle.

Quand ce fut mon tour il a choisi de satisfaire d'abord la demande d'un vieil homme habitué qui était « sûrement pressé ». J'ai pensé à un homme à la profession exigeante dans le quartier.

Après remerciements pour ma patience il m'a écouté, mais n'avait aucune des plantes que je désirais. Il a cherché comment remplacer ce que je voulais, en vain. Et, ne voulant pas me laisser insatisfaite, m'a affirmé, sur la foi de son observation, que j'avais besoin d'être vermifugée. Tout ça parce que je faisais ce geste mécanique en attendant, de passer mon index replié sous mon nez pour le gratter.... il m'a laissé perplexe. Mais pourquoi pas ?

Depuis cette heure je n'arrête donc pas d'y penser, et de me gratter le nez.... en pensant que je vais aller voir l'autre herboriste de la ville pour chercher des racines d'orcanette.