Semaine 2 : lundi et mardi
Par Lyjazz le mercredi 13 janvier 2010, 00:36 - 366 réels à prise rapide, de Raymond Queneau - Lien permanent
11 janvier
aujourd'hui à midi pile
Rien de spécial.
Mais il y a six ans cela faisait 1h que mon premier bébé était né.
J'étais en colère, sous le choc des violences subies, et mon placenta ne voulait pas sortir.
La gynécologue, quasi sadique, aux dents jaunes de nicotine, m'a fait une révision utérine sans anesthésie.
J'ai hurlé pendant que mon petit, manipulé par la sage femme sous les yeux de son père ne sachant plus qui épauler, pleurait et criait son incompréhension.
Il est né en colère, surpris, ses grands yeux ouverts et son expression profonde , ses poings fermés, en témoignent. Dès que je la retrouve je scanne cette photo, 1h après sa naissance.
ooo
12 janvier
aujourd'hui description du comportement des humains
Un humain parent défend toujours ses enfants, même ados, même de mauvaise foi, surtout s'il est affligé, peiné, dans le deuil, et cela peut le rendre totalement injuste
Un humain qui voit mal range tout les bocaux devant dans le placard, même s'il y a beaucoup de place derrière
Un humain qui grimpe regarde, a peur, fait confiance, se fait confiance, essai, tremble, est content d'arriver en haut; et tout cela est visible d'en bas Un humain qui n'a pas aimé lire de la littérature est hermétique aux jeux de mots visuels et auditifs que l'on peut trouver au bas des murs d'escalade; c'est dommage : ils sont souvent savoureux. Un exemple ? Les cénobites tranquilles. Ou bien : Errare humanum ouest.
Un humain content peut courir, sauter, parler, sans arrêt pendant.... longtemps
Un humain hédoniste peut s'arrêter en silence, nous dire « chut ! », pourquoi ? « je rêve de Lucie.... »
Un humain fatigué peut crier, tempêter, râler, parce qu'il rêve intérieurement d'une sorte de perfection et ne supporte pas l'erreur : la sienne ou celle provoquée par l'autre. Mais il peut aussi, à la première sonnerie de téléphone, s'arrêter, reprendre une contenance, se demander quelle voix va sortir quand il dira « oui ? » en décrochant.... et puis enchaîner sur une conversation sympathique et constructive, très heureux et tout à fait conscient que son accès de mauvaise humeur s'est envolé, parce que ça n'en valait pas la peine.