J'avais 27 ans. Toujours étudiante. Toujours en recherche de connaissances et d'expériences, surtout intellectuelles. Pas assez dans l'action. D'autant plus que l'action était souvent une fuite. Je n'habitais pas ma vie, n'en étais pas actrice complètement.

Je vivais une situation émotionnelle difficile, un choix arraché à mes tripes.

Et je me suis vue un matin telle que j'étais : avec mes premières rides visibles et marquées sur le front et autour des yeux.

Fini la première jeunesse

J'abordais la maturité sans avoir eu le temps de vivre entièrement (du moins c'est l'impression que j'en avais) une adolescence et une jeunesse.

Une page se tournait. Et j'étais dans un creux.

Remonter. Petit à petit. Mais toujours dans la difficulté. Pour moi jamais de réussite du premier coup dans mes entreprises, aussi bien intellectuelles que concrètes.

Contente d'avoir 30 ans cependant, de commencer à devenir celle que j'aspirais à être.

A 40 ans j'étais pleine de force et dans la réalisation de projets personnels, dans le travail aussi. J'ai aussi fabriqué deux petits garçons à 18 mois d'intervalle.

Je me sentais encore invincible.

Je voyais encore mon père dans une forme incroyable pour ses 70 ans.

Et puis il a été malade.

Et moi je m'en voulais d'être fatiguée alors que je venais de vivre 4 ans de stress, de bouleversements hormonaux et nerveux, et psychologiques.

J'ai maintenant 45 ans. Je me vois plus reposée, reprenant le cours de mes désirs et le cours de ma vie créatrice. Et en même temps je sens une fragilité, de ma peau, de mes muscles plus assez entrainés, une usure, des rides bien marquées. Des douleurs qui me marquent physiquement, qui sont le rappel psychologique de mes indécisions et questionnements.

Constat de sagesse qui avance.