Sagesse qui avance
Par Lyjazz le vendredi 28 août 2009, 01:21 - Perso - Lien permanent
J'avais 27 ans. Toujours étudiante. Toujours en recherche de connaissances et d'expériences, surtout intellectuelles. Pas assez dans l'action. D'autant plus que l'action était souvent une fuite. Je n'habitais pas ma vie, n'en étais pas actrice complètement.
Je vivais une situation émotionnelle difficile, un choix arraché à mes tripes.
Et je me suis vue un matin telle que j'étais : avec mes premières rides visibles et marquées sur le front et autour des yeux.
Fini la première jeunesse
J'abordais la maturité sans avoir eu le temps de vivre entièrement (du moins c'est l'impression que j'en avais) une adolescence et une jeunesse.
Une page se tournait. Et j'étais dans un creux.
Remonter. Petit à petit. Mais toujours dans la difficulté. Pour moi jamais de réussite du premier coup dans mes entreprises, aussi bien intellectuelles que concrètes.
Contente d'avoir 30 ans cependant, de commencer à devenir celle que j'aspirais à être.

A 40 ans j'étais pleine de force et dans la réalisation de projets personnels, dans le travail aussi. J'ai aussi fabriqué deux petits garçons à 18 mois d'intervalle.
Je me sentais encore invincible.
Je voyais encore mon père dans une forme incroyable pour ses 70 ans.
Et puis il a été malade.
Et moi je m'en voulais d'être fatiguée alors que je venais de vivre 4 ans de stress, de bouleversements hormonaux et nerveux, et psychologiques.
J'ai maintenant 45 ans. Je me vois plus reposée, reprenant le cours de mes désirs et le cours de ma vie créatrice. Et en même temps je sens une fragilité, de ma peau, de mes muscles plus assez entrainés, une usure, des rides bien marquées. Des douleurs qui me marquent physiquement, qui sont le rappel psychologique de mes indécisions et questionnements.
Constat de sagesse qui avance.
Commentaires
J'aime ce message...tellement vrai...
J'ai quelques années de plus que toi...et je suis dans le même cheminement...
Rendre enfin leurs vraies places aux choses qui nous font vibrer...
Je t'embrasse...bonne soirée et bon w-e...
Fille_bavarde, saches que j'apprécie beaucoup tes passages, l'énergie que tu transportes ici, et tes embrassades virtuelles alors qu'on ne s'est jamais vues....
Bon week end à toi aussi, si tu ne travailles pas.
C'était la nuit, pour un billet d'humeur suivant une soirée pluvieuse et lasse, ou bien précédant un matin d'anniversaire?
On pense souvent ce que tu racontes, ces nuits là de veille.
La nuit du 27 au 28, je me souviens, était frisquette et je ne dormais pas devant l'Atlantique alangui sous sa première lune, où me clignait de l'œil mon phare de Cordouan.
Andrem, ni la météo ni un anniversaire ne sont cause de ce billet.
La veille est mon habitude cependant et il est vrai que j'écris surtout la nuit. Je trouve que mes connexions sont plus ouvertes et perméables.
Celui-ci est né à la lecture d'un passage d'un livre que je trouve important : Train de nuit pour Lisbonne, de Pascal Mercier.
Souvent, quand un livre est important, il résonne en moi et me permet d'exprimer des idées. Je m'évade des personnages et je fais lien avec ma vie, les mots des personnages m'aident à dire ce que je ressens. C'est un tremplin.
C'est le cas pour ce billet.
J'aime la façon apaisée dont tu en parles.