Prise dans la folie savonnière qui court sur les blogs de cosméteuses (et teurs), j'ai voulu me mesurer à la soude. Mélanger des ingrédients, faire fondre, remuer, mixer, et mettre en pot au frais : ça je sais (un peu) faire. J'avais envie de tenter un mélange plus dangereux : celui de la soude avec de l'eau, eux-mêmes mêlés à des huiles fondues, le tout à une température adéquate, battus puis coulés à un moment précis.

Une fois tous les ingrédients achetés, réunis. Une fois ma recette élaborée. J'ai, encore une fois, attendu que l'heure de la-chouette-qui-hulule-le-soir-dans-le-cimetière-derrière, soit venue. J'ai attendu que ma chatte noire soit allée chasser nuitamment donc.

Pour enfiler mon costume de lumière, ou plutôt mes frusques de bricolage : vieux fut, tee shirt hors d'âge, chaussures fermées antiques et tâchées, blouse qui a été blanche mais présente des traces de diverses peintures, glacis, pigments. J'ai attaché mes cheveux, retenus par un bandeau de pirate, et chaussé mes gants et mes lunettes de protection. J'ai préparé mon matériel et mes moules.

Et me voilà en quête du moment où le mélange devient savon.

Les glaçons et la soude, le récipient les fesses dans l'eau fraiche de ma bassine. L'huile et le beurre qui fondent. Rien de compliqué.

Mon thermomètre à la main j'ai attendu que tout soit à la même température.

Ça m'a rappelé encore une fois mes sessions dans le labo photo, pour développer mes négatifs noirs et blancs.

Sauf que cette fois j'étais en pleine lumière.

J'ai juste oublié de lire une ligne : mélanger lentement en remuant toujours, la soude au mélange d'huiles.

Moi j'ai mélangé d'un coup et j'ai remué au mixer plongeant ensuite.

Résultat : la trace est venue très vite, je n'y croyais pas, donc j'ai versé mes ingrédients supplémentaires en urgence, et j'ai coulé itou.

Alors que la couleur naturelle obtenue me semblait sympa, mon colorant a donné une couleur plutôt opaque et très peu naturelle, que je n'aime pas.

Alors que l'odeur naturelle me plait d'ordinaire, j'ai mis presque 10 ml d'HE mélangées qui m'agressent les narines. Entendons que le mélange me plaisait assez, me semblait vert et frais, mais que, mélangé à la soude, il ne me plait plus.

Ce que j'en pense ? Pour un coup d'essai, je m'en contente. D'autant plus que l'odeur et la mousse plaisent à mon monsieur, à une amie à qui je l'ai montré...

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D'accord, il est doux et lave bien.

Mais je sais maintenant que je vais très peu parfumer mes savons prochains, et que je me méfierais de l'utilisation du mixer plongeant.

Allez : sous peu, un nouveau savon, pour racheter le premier !

Ah, si vous voulez la recette, j'ai utilisé celle-ci :

Une formule simple pour 500g de savons (6/7 savonnettes)

31%coco = 155g

27% palme (bio et équitable) =135g

42% olive macérée avec des plantes de la mort qui tue (curcuma, paprika, girofle, macis, cannelle, etc) = 210g

soude pour un surgras de 7% = 71g

Eau ou infusion en glaçons (infusion de tisane Bonne nuit : orangée) = 150g ou ml (dont 120g en glaçons et 30g liquide pour commencer la dilution de la soude facilement)

A la trace : aloé vera concentré, poudre de coquelicot, mica doré, lait de coco, huile de sésame. Et un mélange d'huiles essentielles (romarin, lavandin, clou de girofle, cryptoméria, cyprès, rhododendron) environ 10 ml.