Oups, ça fait bizarre, non? Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales asymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables.

Saleté de patron, va ! D'abord il cherche à me séduire, il loue mes qualités de bosseuse, il feint de s'intéresser à ma vie sociale, l'air de dire que je peux me glisser dans plusieurs mondes..... et puis ce dernier mail ou il semble vouloir dire que, après tout, mon boulot peut être fait par quelqu'un d'autre.

Que je t'explique... On s'est connus en BTS, et puis, comme son père avait une entreprise en ville, et allait prendre sa retraite, il s'est retrouvé vizir à la place du vizir. Facile ! Moi, pendant ce temps, j'ai fait quelques boulots, j'ai acquis une certaine expérience, et puis un jour je suis revenue dans le coin, plus assurée que sur les bancs du lycée, tu penses bien !

A ce moment j'étais toujours célibataire, jamais très longtemps, mais personne de vraiment stable dans mon appartement. On s'est retrouvés au mois d'août un soir de concert, à la buvette, alors que je discutais de façon véhémente avec un ami, de cette entrée sur scène de Michel Petrucciani... Il m'a coupée, l'air enchanté et charmé de me revoir.....

On s'est revus. Au début je lui ai murmuré certaines évidences sur la manière de faire mieux tourner son affaire. Et puis j'ai gardé mon aura de grande chasseresse d'hommes, parce que chaque fois qu'il était avec moi un homme m'appelait, jamais le même. Et chaque fois on parlait de travail. Souvent on parlait de groupes sociaux où nous nous sentions bien, et il était toujours éberlué que je sois à mon aise aussi bien sur un chantier que dans les coulisses d'un concert de Jazz.

Voilà comment il a pensé que je pourrais lui être utile dans son entreprise. Il m'a embauchée, à mes conditions, qu'il a acceptées. Et puis j'ai vite été son bras droit. Et il a toujours pensé qu'il pourrait un jour m'avoir. Ça se voyait. Dès le début c'était flagrant : son admiration, les lueurs dans ses yeux, ses regards enveloppants et caressants et ses gestes d'appropriation de ma personne.... il n'en avait même pas conscience !

Au bout de 4 ans quand même j'ai coupé court. Je lui ai dit que j'avais une liaison. Que j'étais amoureuse d'une femme.

Et voilà : comme prévu il va me virer ! Tous les mêmes ces patrons !


C'était le grain 3 des sabliers givrés, initiés par Kozlika. Sur une amorce dégotée par saperli. Laquelle a trouvé ces phrases dans un billet de Mavie