Un lien se fait sûrement entre les personnes que je photographie, leur image, et moi.

J'ai raconté ici comment des personnes de ma vie « avant les enfants » ont resurgi dans ma vie incidemment. Des secouristes, des danseurs/acteurs. Tous liés.

Comment j'ai lu le journal local par hasard chez mes parents (ce que je fais très très rarement) en juin, pour y apprendre le décès de la fille d'une amie secouriste.

Je l'ai revue la semaine dernière.

Elle m'a appris que la photo que je trouvais si belle lors de la cérémonie au crématorium, celle qui était au-dessus du cercueil, était de moi. Je ne me souvenais, et ne me souviens toujours pas que c'est moi qui l'ai prise.

Je prends davantage conscience de mon implication totale dans une façon de vivre, en oubliant toute une partie, tout un pan de ce qui faisait ma vie d'avant. Je laisse de côté. J'ai appris d'une situation, d'un événement, d'une activité, même longuement pratiquée, et puis lorsque je change de vie, j'occulte des moments entiers.

C'est ainsi que je me retrouve à regarder un portrait d'une jeune fille, que j'ai côtoyée, mais fort peu quand même, en me disant qu'elle semble familière et que son expression est à la fois secrète et un peu perdue, pas aussi bravache et souriante que sur d'autres photos ou expressions d'elle.

Et puis ce lien, qui, pour peu que je laisse parler un fluide interne/mon intuition/mes connexions, me mène de nouveau vers des personnes. C'est une étrange impression.

Je laisse faire, en me demandant ce que cela me réserve.

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En ce moment j'ai l'impression que plusieurs fils se déroulent et m'entrainent pour visiter des moments nouveaux, parfois trempés dans le passé, ou alors nourris d'émotions ou de promesses d'apprentissages nouveaux, peut-être espérés depuis longtemps.

Dans le même temps, je vois que je peux m'ouvrir vers des projets que je porte en germe depuis longtemps, qui peuvent commencer de se développer.