Le 24 avril, je passe sur le blog Potions et Chaudrons et je lis que Chabou propose un défi. Il s'agit de réaliser une barre de massage sans cire, sur le modèle des barres de la célèbre boutique L*sh. Elle devra contenir les ingrédients suivants :

  • 2 beurres de votre choix
  • 1 huile végétale au choix (pour les macérâts) + antioxydant
  • toutes poudres naturelles
  • huiles essentielles
  • facultatif : paillettes, micas naturels et sans phtalates

Le défi porte en fait sur l'odeur. Parce que Chabou a senti les barres L*sh mais n'en a pas trouvé une à son goût olfactif.

Et nous devrons lui trouver un nom. Et raconter son histoire.

Avant de vous livrer la recette et les photos, voici donc l'histoire de cette macération cérébrale.

Première phase L'idée me plait. Je m'emballe et je réponds présente. Alors même que je n'ai jamais fait de barres de massage, simplement copié des recettes, juste un peu aménagées à ma sauce. Mais le défi porte sur l'odeur, et je suis en train de laisser mûrir deux parfums : ça me donne des ailes.

Deuxième phase Je cherche partout sur la Toile des infos, des recettes, des réalisations analogues ou cousines pour m'inspirer. Et je me dis que ce ne doit pas être bien compliqué. J'ai pas mal d'ingrédients.

Je dresse des listes d'ingrédients avec leurs parfums. Un peu comme une femme enceinte liste les prénoms qu'elle veut donner au bébé. Et puis je laisse de côté, emportée par autre chose ….

J'y pense parfois et en lisant des recettes de cuisine indienne et chinoise, en repensant au titre d'un bouquin, il me vient l'idée d'un macérat plutôt culinaire, qui pourrait être intéressant.

Troisième phase La date approche. Je reviens lire les commentaires sur le blog pour me donner une montée d'adrénaline. Ça marche ! Lire que les participantes sont catastrophées, embêtées, veulent laisser tomber, ou ont terminé.... me donne le coup de pied aux fesses dont j'avais besoin pour passer à l'action.

Et là, j'ai oublié mes premières recherches, pourtant bien classées dans l'ordinateur, et je m'inspire des proportions données dans les commentaires.

Je fais le macérat dont j'ai eu l'idée. Je rajoute des HE et j'obtiens une odeur suave et chaude, qui se marie bien avec les ingrédients que j'ai sélectionnés.

Premier essai pas mal. Mais subitement la température extérieure du printemps est devenue très chaude. Ça fond ! On dirait un bonbon oublié trop longtemps dans la main de mon fils (le cadet, celui qui est toujours chaud). Le deuxième essai est mieux. Mais ça fond toujours. Je refonds en rajoutant du beurre de cacao. Le résultat final est toujours pitoyablement fondant.

J'en fait part sur le forum, plutôt désespérée. Et Venezia me conseille de mettre au congélateur pour que ça tienne.

J'y cours !

Mais une barre s'effrite. Elle est granuleuse à l'intérieur.

Je débute un mail pour Chabou, disant que je me désiste.

A ce moment je suis déjà piquée au jeu, et j'ai une nouvelle idée. C'est que j'ai déjà le nom, que l'odeur me plait, alors pourquoi abandonner ?

Je laisse le mail dans mes brouillons.

Vite : essayer cette troisième idée, très différente !

Toujours en nocturne. Les barres passent la nuit au congélateur. Au matin elles sont superbes, brillantes et transpirantes.

En fin de journée leur aspect a changé : elles ont éclaté, sont mâtes et leur odeur est trop forte, très entêtante et presque désagréable.... Pendant ce temps les barres des deux premiers essais ont mûri, ont pris corps.

Quatrième phase Essai sur la peau.

Ma température n'est pas très élevée, je chauffe peu. Je frotte et ça me semble un peu dur, ça ne fond pas entre mes doigts, très lentement sur ma jambe ou mon bras.

J'aime bien l'odeur : mon mélange se marie très bien avec les ingrédients choisis.

Par contre... je suis brune et mon compagnon, blond/roux, n'aime pas l'odeur sur sa peau.

Je choisis de réaliser la recette de mon deuxième essai.

Je rajoute au mélange quelques gouttes d'une HE supplémentaire, au dernier moment, sur un coup de tête, comme un cuisinier rajoute une épice sur le plat avant de le servir.

Petite tambouille de nuit.

Congélateur pour les barres. Lit pour moi.

Et laisser à température ambiante.

Le soir mon bureau embaume.

Je fais des essais d'emballage et d'étiquettes. C'est qu'il s'agit de transporter, déballer et remballer pour un nouveau transport. Chez moi rien de glamour ni de sophistiqué : je ne sais pas faire. Mais plutôt du rustique, du brut, du recyclage d'emballage, de l'utilisation des moyens du bord.

Demain je photographie, j'emballe et j'encartonne pour envoyer.