Bien entendu cette petite fille à la sensibilité un peu spéciale, à la grande force de vie, est devenue ado, puis adulte, s'est construite malgré ce qu'elle ressentait. Malgré les épreuves suivantes aussi.

Comme Kozlika, je sais bien que je ne serais pas celle que je suis sans ce que j'ai vécu. Valclair le dit aussi très bien, qui parle de source. Luciole va même jusqu'à gommer ce qu'elle a vécu pour expliquer que seul le présent a de l'importance, et d'ailleurs elle a transmuté tout le reste, elle a sublimé sa vie pour la jouer.

Je suis intimement convaincue de tout ça.

Mais cette petite fille-là me fait encore de la peine.

Et en même temps elle m'aide à regarder mes petits garçons d'un autre oeil. Pas celui de la mère. Celui de la personne connectée à ces sentiments qui sont la source de vie.

Mes enfants vivent, ils évoluent, et je veux être toujours au plus près de ce qu'ils ont de plus fort.

Les laisser libres d'expérimenter et de dire. Leur expliquer les sentiments qu'ils ressentent, et mes erreurs, mes sentiments, mes regrets quand je les sens malheureux par ma faute.

Comme le dit une amie : l'amour est toujours la réponse. C'est en tout cas celle que je ne veux pas perdre de vue quand je considère mes enfants. C'est ce qui les construit.