Nous sommes de vieux campeurs, habitués à dormir sous les étoiles, à peine abrités par notre toile, partis un été avec un opinel et vingt pinces à linges, un réchaud minimaliste et deux récipients, trouvant le soir un endroit pour passer la nuit, expérimentant des campings divers et variés... regardant sur la carte le lieu prochain de nos explorations.

Devenus parents. Deux ans de tente familiale, mais toujours repris par le virus de l'itinérance et embarrassés par l'ampleur de cette tente et du temps nécessaire au rangement.

Je revends.

On passe au petit camping car, tout à fait dans notre façon d'être. Le confort moderne grâce à l'électricité et au frigo, au gaz intégré. La facilité de l'installation et des départs puisque vite rangé.

Et tout le monde est en route, sur la route.

Humain me laisse le soin de trouver l'endroit où nous nous installerons. Le soin et la responsabilité de croiser les paramètres de chacun... Chercher un emplacement dans un camping, parmi toutes les propositions.....

Assez près des sanitaires, mais pas trop.

Un point d'eau est bienvenu.

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Electricité à tous les paliers du camping en terrasses.

Mais surtout :

assez plat

calme et sans trop de vis à vis

des arbres pour l'ombre et pour le hamac, le fil à linge

des buissons pour la chatte, qu'elle puisse se cacher

Réfléchir comme un chat : pas trop de vent non plus lorsqu'on est près de la mer

Ainsi : vivre dehors, dans le vent, la poussière, sous le soleil et cherchant l'ombre, sous la pluie et l'orage parfois, dans la lumière et la nuit, partageant notre territoire avec les fourmis, cigales et autres insectes très divers.

Et marcher, nager, grimper.

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Le contraire de la ville, du confort intérieur de l'appartement. Très différent de faire 100 m pour aller aux toilettes au lieu de 5.

Mais c'est la vraie vie, non ?

Je me souviens d'un mois de juillet passé sous la tente. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dormir dans mon appartement. Sensation d'être dans un cube, de sentir le plafond comme écrasant potentiellement, enfermant, même si je laissais la porte fenêtre entièrement ouverte.

Cette fois je dors dans le camion mais je le laisse ouvert : la chatte n'a pas besoin de me réveiller pour sortir chasser, mes petits peuvent m'appeler et je suis de suite dans la tente pour les voir.

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Ou bien je dors dans le hamac, savourant l'air extérieur, les éléments, le bercement, le soutien de mon dos en douceur. C'est la seule nuit où je n'aurais pas mal au dos en me levant.

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Je fais corps avec le vent, les arbres sont mes amis, les insectes sont à leur place et je suis redevenue animale : un mammifère dans son élément.

Je m'ancre dans le réel et la terre, et je me sens bien !