Etrangeté ?
Par Lyjazz le samedi 16 mai 2009, 00:25 - Vie quotidienne - Lien permanent
Alors hier vu des copines et copains de l'assoc qu'on a créée pour avoir -20% dans une épicerie bio, et qui, accessoirement, sont assez hippies/baba/bio/non scolarisants ou proche/alternatives et j'en passe et des meilleures....
Les enfants jouaient, les adultes discutaient en buvant une infusion. Thèmes : langue des signes pour bébé, architecture troglodytique ou dans les bois ou cohabitation en quartiers, cuisine, jeux... nous venions de visiter un artisan qui fabrique des jeux en bois avec du bois de hêtre local et des peintures non toxiques. Un jeudi parfaitement sain commencé par une promenade à pieds sous la pluie après que j'ai amené mon camion chez le garagiste.
Mine de rien ça fait du bien de se promener sous la flotte, de sentir mes jambes toujours efficaces, après des mois de sédentarité. D'autant plus que j'étais contente pour Aigue marine, empêtrée dans une prise de décision et qui venait de rallumer sa lumière interne, un peu grâce à mes questionnements amis par courriel.
Si j'avais des sous je m'achèterais un vélo Yuba mundo pour sortir avec mes 2 loustics, pour aller faire des courses ou me promener sans utiliser de véhicule motorisé et polluant.
En chemin un conducteur de fourgon n'avait pas vu que j'étais arrêtée et m'avait cassé un phare et le pare choc, nous avions, tout à fait amiablement, établi un constat, non pas sous le crachin néfaste au papier, mais dans le bar du coin, où la tenancière, antique, petite et à chevelure blanche, mais curieuse, nous avait demandé comment s'était passé l'accident, et avait supposé, la brave dame, peut-être sans permis, que c'était moi qui avait commis la faute... que nenni avait répondu mon chauffeur de fourgon, c'est moi qui n'ai pas été maitre de mon véhicule. Poursuivant, très aimablement, une fois que j'ai eu rempli ma partie, je suis partie faire le croquis sur le terrain, dans la rue d'à côté, histoire de connaître son nom et de vérifier si ma mémoire ne m'avait pas fait défaut. Mon chauffeur de fourgon n'ayant pas ses lunettes m'avait demandé de bien vouloir vérifier les n° de son permis et de sa police d'assurance. Il avait en outre tenu à payer les consommations. Nous nous étions quittés bons amis et cela avait été un plaisir de traiter avec lui.
Par la suite donc j'ai rejoint les copains. Ambiance de connivence comme je le disais. Parfois il est rassurant de voir que mon étrangeté ne semble pas si étrange ni si extravagante lorsqu'elle se frotte au caractère, non moins normalisé, de personnes aux moeurs aux moins aussi particulières que les miennes. Je veux dire qu'il est fatigant de faire attention lorsqu'on veut exprimer le fait qu'on mange bio, ou sans gluten, ou sans produits laitiers, qu'on fabrique des cosmétiques, ou du pesto, ou des confitures de fleurs, qu'on utilise du sucre complet et qu'on évite comme la peste le sucre blanc. Il est tout aussi pénible de répéter une fois de plus que le portage en écharpe est très confortable, que la langue des signes pour les bébés est un outil de communication extraordinaire et très libérateur, que les fessées sont un mode d'éducation coercitif et contre productif, que la naissance est bien plus sauvage et saine et bien vécue lorsque la maman peut bouger à son aise et n'est pas entravée par tout un ensemble de protocoles médicaux (en l'absence de problème bien entendu), qu'on peut toujours réfléchir à un mode de vie plus écologique et moins tourné vers la consommation à outrance.
Le contraire d'une fin d'après midi télé ?
Beaucoup plus vivant et réflexif en tout cas.
Personne n'a ouvert de grands yeux lorsque j'ai dit que j'avais de la mandragore et du sang de dragon, que je faisais des potions le soir lorsque la chouette hulule dans le cimetière derrière, ni que je venais de terminer le tome 7 de Harry Potter, après quelques fins de soirées vers 3h du matin. C'est aussi parfait et relax que de parler avec un copain chercheur, à peine conscient de l'étrangeté de ses réflexions.
Ça oblige à considérer des faits et des situations d'un autre point de vue.
Et ça fait du bien !
Commentaires
C'est vrai que c'est parfois un peu fatigant de répéter ce qui semble des évidences. Ça l'est encore plus quand on se sent obligé de se justifier, genre "mais non, les couches lavables, c'est plus ce que c'était", "mais non, je ne veux pas vivre dans une caverne, juste faire attention à ne pas gaspiller l'eau (ou l'électricité)"…