Faire des photos (2)
Par Lyjazz le mardi 21 octobre 2008, 01:06 - Photographie - Lien permanent
J'ai été prise d'une crise de doute concernant la photo : je n'avais
pas touché l'appareil depuis aout, et lors de l'anniversaire d'une copine des
garçons, j'ai pris des photos. Juste visualisées sur l'écran arrière et j'étais
déjà déçue. J'ai donc mis 15 jours avant de les mettre dans l'ordinateur pour
les "voir en face". Et là je suis contente : certains portraits, certaines
scènes sont très belles. 
Je me souviens aussi que le papa de la petite Lucie dont on fêtait les 5 ans, s'est approché pour voir l'appareil, m'en parler, et que je l'ai évité sciemment. Alors que d'ordinaire j'aime parler, montrer...
Et depuis aout aussi je recule le moment de commencer à retoucher, donc à potasser le logiciel de retouche. ça m'ennuie donc je recule. Pour moi une bonne photo est déjà bien cadrée et les couleurs sont bonnes, il n'y a rien à faire. Mais je sais bien que parfois il faut redresser une perspective, recadrer un poil pour enlever un morceau de bras intrus ou un objet intempestivement posé sur un côté.... Cette partie-là me repousse. Mais je sens bien qu'il faut que j'y aille, pour apprendre encore, et améliorer mes photos.
Parfois je me dis que je pourrais faire des minis reportages d'événements comme ça, plutôt en atmosphère familiale, tellement je suis consciente que la photo pour moi est tributaire de sentiments d'amour/amitié/respect, du positif, quoi. Me demande dans quelle mesure un photographe pro homme est assujetti à ça ?
Bref, je suis contente et surprise à la fois que ces photos soient bien, comme si j'avais eu besoin d'être dans une sorte d'état second des sentiments pour que mon fluide agisse et permette à mes mains sur mon boitier de traduire... comme à Marciac pendant les concerts : la musique coule dans mon esprit et je traduis en image les sentiments que je ressens, en utilisant la technique de façon plutôt intuitive (hum : faut encore que j'apprivoise mon numérique, et il n'est pas fameux en très basses lumières, m'enfin bon...)
J'aime faire des photos de personnes, dans leur environnement, mais ce qui me gène c'est que j'ai toujours besoin d'avoir un bon contact, d'éprouver des sentiments de respect, d'amour, d'amitié (que du positif) pour réussir mes images. Lorsque je n'aime pas, que mes sentiments sont ambivalents ou négatifs, ou neutres, mes photos sont plates et je ne les aime pas. Je ne sais pas comment résoudre ça, comment parvenir à des résultats techniques même si ..... ou alors c'est moi qui me fait des idées ? C'est compliqué...
Commentaires
Deux petites questions :
Qu'utilise tu comme logiciel de retouche pour tes photos ?
Et est-ce que tu ne crois pas que tu trouves tes photos (celles de choses ou de gens que tu n'aimes pas) parce que tu trouves les sujets plats. Et que c'est le sujet plutôt que la technique ou le rendu qui sont à déplorer ? Je te demande ça parce que c'est une question que je me pose aussi.
Pour le logiciel photo : je veux utiliser The Gimp, parce que c'est un logiciel libre, mais je n'ai fait que l'installer pour l'instant.... je recule, je recule.... avant de sauter !
Et pour la seconde question.... tu as peut-être raison... c'est une façon de considérer le problème autrement, d'un autre point de vue. Mais il me semble que ça revient au même, non ? Je veux dire que si j'écoute un concert que je n'aime pas, je vais prendre de mauvaises photos, ou des photos plates. Mais pas toujours : si je n'aime pas la musique, qu'elle ne m'évoque rien, mais que le musicien est quelqu'un d'humain, que j'apprécie, mes photos de lui seront bonnes.... A l'inverse il m'est arrivé d'apprécier la musique et pas le musicien, et mes photos, au moins au début, étaient mauvaises. Est-ce que c'est moi ou est-ce que c'est le sujet ?
En tout cas je suis contente de voir que je ne suis pas seule à ressentir ça. C'est en ça que la photo est un moyen artistique : ce n'est vraiment pas seulement un instantané figé, mais la traduction d'un état d'esprit, celui du photographe et de l'entourage (parce qu'on porte aussi les ondes qui nous entourent) alors que le sujet agit devant nous et qu'on s'emploie à le rendre le mieux possible selon notre vision et notre matériel.
Voilà bien longtemps que je ne pratique plus la photo, en dehors de photos de voyages et d'événements familiaux. La question récurrente est toujours celle-ci: pourquoi réussissons-nous certains thèmes, certains sujets, pourquoi sommes nous presque toujours déçus par d'autres?
J'étais le roi des lumières étonnantes sur les pierres, sur les paysages, montagnes ou ports, déserts ou bocages. Les monuments n'avaient pas de secrets pour moi, ils me parlaient leur langue quand je les photographiais, en pellicule TRI X 120, un rolleifleix bi-objectif au début, perdu de mon porte bagage entre Caen et Honfleur en novembre 1971, d'ailleurs je l'ai retrouvé dans la collection d'Akynou, suivi d'un Mamiya 645.
Les enfants pris sur le vif, les gens en général, me permettaient (plus rarement) de belles réussites.
Quant aux portraits, je n'ai jamais réussi qui que ce soit que j'aime. Impossible de trouver le recul nécessaire, cette empathie dénuée d'amour qui seule permet de saisir l'instant magique où la personne, sur ses gardes, soudain se laisse aller, s'offre, se donne, comme en une sorte d'acte sexuel virtuel avec la machine que je tiens, alors que pas un cil n'a bougé.
Avedon m'a toujours fasciné, d'avoir su à ce point donner la vérité des gens à travers une pose délibérément organisée.
Encore aujourd'hui, même en numérique de vacances, je ne réussis jamais ni ma femme, ni ma fille, ni ma petite fille, en pose, et seule des clichés multiples et sournois parviennent à saisir quelque chose, voyeur plus qu'observateur, coup de bol et non coup d'oeil.
Bonne journée à vous deux.
Andrem, au-delà des thèmes, je crois qu'on met (je mets) davantage dans la photo.
Il m'est arrivé par exemple d'être si émue, que je n'ai pas pu prendre de bonnes photos d'une personne, même bien placée, dans des conditions parfaites de lumière et de réglage : photo floue.
Et, oui, je te rejoins : pour prendre des enfants, toujours en mouvement, il faut redoubler de prises, et le numérique pour ça est parfait. Je me dis aussi que la photo parfaite, celle que j'avais vu "au début", n'adviendra pas, mais sera remplacée par d'autres, et parfois de très bonnes surprises.
Akynou, dont j'aime beaucoup les photos de ses filles, pourra dire aussi comment elle s'y prend et ce qu'elle attend des séances photo....