Les sans visage
Par Lyjazz le samedi 11 octobre 2008, 01:22 - Jeux - Lien permanent
Dans un ballet lent et terrible
Au bord de leur grillage
les sans visage
Passent au crible
Leurs jeux électroniques
Remplaçant la poésie
Par la technique
Ils sont déconnectés
De la réalité
Des vraies personnes
Humaines trop humaines
Qui résonnent
Seulement dans leur esprit
Mais voilà qu'à peine
Les portes ouvertes
Nos hommes gris
Pfui !
Partis !

Voilà ma participation au jeu du diptyque 4.4 Cette semaine il s'agissait d'écrire au sujet de cette photo de Bladsurb.
Mais en fait cette rétention de mots vient de mon manque d'inspiration.
Ces personnes ne m'inspirent pas. Trop triste. Même si la photo est graphique et bien composée, elle prend note de l'individualité croissante qui habite notre société.
Et ça me fait peur, je le rejette.
Personne ne regarde plus personne, personne ne s'approche des autres : chacun a une bulle de protection énorme si l'on peut. Et quand on est obligé de se toucher, dans les ascenseurs et transports en commun, chacun regarde au plafond ou s'absorbe dans un objet : carte ou inscription au mur, téléphone, PDA, livre ou journal, lecteur MP3 dans les oreilles ou appareil photo.
Personne ne se dit bonjour, principe basique de politesse plus du tout en cours.
Avec pour corollaire que des groupes mal intentionnés peuvent voler, violer, frapper, sans que les individus présents ne tentent rien pour l'empêcher. L'impunité nait de cette individualité. Personne ne se sent plus faire partie du genre humain. Alors qu'il est sans doute plus difficile de dérober son sac à quelqu'un qui vous a dit bonjour, fait un sourire.
Je note aussi que les rares personnes qui parlent à haute voix dans un transport en commun, les enfants qui s'extasient, remarquent, posent des questions, sont perçus comme des sortes de martiens. Alors que ce sont les seules personnes vivantes du groupe !
Notre société marche sur la tête
Cette photo m'aurait juste inspiré un texte où le premier personnage à gauche prévoit, une fois dans le train, de trucider les autres. Je me refuse à écrire ça. Trop nocif.
Commentaires
C'est vrai que la photo a un côté inquiétant, trouble, malin (dans le sens d'une tumeur maligne)... Ce qui choque d'emblée c'est, surtout, la distance entre les personnages, dont tu parles aussi... Mais en lire les différentes solutions, les causes peuvent en être très variées...
J'ai été enchantée de lire les différentes versions des autres participants.
Pour moi, je n'étais pas "in the mood", je n'ai su voir que le côté glaçant, parce qu'il m'apparait de plus en plus... je prends le bus avec mes enfants et nous sommes les seuls à émettre des sons plus hauts que le chuchotement. Mes garçons sont indignés que personne ne leur dise bonjour alors qu'eux le disent par exemple...
Anyway, c'est à la fois intéressant de lire l'histoire du point de vue de chacun et je me demande si parfois certains n'ont pas intégré tout à fait cet état de fait : nous sommes tous des individus qui n'avons que notre petit moi à traiter, et rien à faire des autres....
En Espagne ce doit être plus vivant, non ?
J'ai un souvenir sympa de Rome...
"ce n'est pas parce que deux nuages se rencontrent que l'éclair survient. C'est pour que l'éclair survienne que deux nuages se rencontrent"
Je suis incapable de me rappeler l'origine de ces propos non fidèles (proverbe quelconque ?)
Bien que l'image me donne, comme toi, un petit froid dans le dos, elle a quelque chose de fascinant, d'hypnotisant..."Les envahisseurs ?"
Je sais c'est...nébuleux! Forcément !
Mais pas tant que cela au bout du compte...QUI EST LE COUPABLE DE CET INDIVIDUALISME ?