Parchemins Instantanés

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jeudi 15 décembre 2011

Un petit mot

Pour vous dire que je continue mon chemin...

Travaux dans l'appart à l'arrêt.

Projets d'écriture dans les limbes, mais toujours l'envie qui me titille.

Et en ce moment le désir profond de m'occuper de moi, des miens, de m'extraire de cette frénésie de consommation et de zapper la fin de l'année.

Je me retrouve néanmoins en train de surfer sur l'internet tous les soirs, pour fuir, pour m'abstraire, pour chercher, pour aller mieux. Le tout étant entrecoupé par de bonnes séances d'escalade, de nature, de lecture avec mes enfants.

Une belle découverte ce soir, via facebook (ça arrive, oui) : le blog de Françoise Simpère, et ses éditions Autres mondes.

Et puis retrouver mon frère, présent en France et que je n'avais pas vu depuis de longues années.

Enfin, affirmer ce que je veux vraiment, faire des projets, refuser ce que je ne veux pas.

La vie, quoi !

jeudi 24 novembre 2011

Activités variées

Il y a les maths avec mes petits garçons. Ceux des frère Lyons. Très bien faits. Et assez ludiques pour les amuser.

Il y a les travaux dans le couloir. Dernièrement : le ponçage. En image, vous allez voir ce que vous allez voir……

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En fait c’est un truc à fusiller un aspirateur, à s’asphyxier, s’encrasser les poumons. D’où le masque. J’ai fini par tuer mon vieil aspirateur, celui qui ne servait plus que pour les travaux. J’ai vaporisé régulièrement de l’eau pour faire retomber la poussière, et je n’ai surtout pas enlevé mon masque.

J’avais bien pris soin de fermer les portes et de protéger les bas de porte. Il n’empêche que la poussière de plâtre s’est déposée partout, y compris à l’intérieur des pièces et des placards. Une vraie partie de plaisir de poncer tous les murs !

Je vais donc pouvoir passer aux finitions : enduit de lissage pour rattraper ce qui est trop irrégulier. Avant peinture.

Pour l’instant, mon père en profite pour remettre l’installation électrique aux normes. Je l’aide comme je peux. Du haut de ses 77 ans ses connaissances sont toujours présentes, mais il a maintenant la sagesse de reconnaître qu’il n’a pas l’endurance, l’envie, de faire de longs chantiers. Il a ainsi pu me dire qu’il était d’accord pour me guider pour refaire ma salle de bain, mais pas pour venir m’aider, sauf quelques jours de temps en temps. Ça, c’est le prochain chantier. D’importance.

Et moi, je me dis que je vais tenter d’apprendre seule, de poser les bonnes questions, de réfléchir et essayer. Et on verra bien. Parce que l’homme qui partage ma vie n’est pas du tout un manuel. Il n’a aucun sens technique, ne sait pas faire, ne sait pas voir ce qui manque, comment aider. Il faut lui dire, lui donner des ordres, et lui laisser le temps de mettre en œuvre. Ce qui veut dire qu’il faut que j’évite de me mettre à faire la même chose que lui sous peine de râler, me mettre en colère, pester parce que ça ne va pas assez vite de son côté. Comme en plus sa vue n’est pas bonne, il se contente de passer les premières couches de peinture, et je peux ensuite faire les finitions, remplir les manques. Ce qui veut dire que je vais d’abord faire des plans, des tableaux, tout organiser, chiffrer, planifier. Et lui expliquer.

La semaine dernière j’ai vidé un vieux cartable dont j’avais besoin. Il contenait des chemises cartonnées pleines de vestiges d’une autre vie : quand j’étais formatrice en insertion. J’ai survolé ces papiers et récupéré des brouillons pour les enfants. Sûre que c’était bien fini pour moi, ce genre de travail.

L’une des chemises, à ma grande surprise, contenait des copies de mails. En 2000, j’imprimais les mails pour les garder, comme je gardais les lettres de mes amis ! Cela me semble tellement loin ! Je ne me souvenais même plus que je pratiquais comme ça. C’était une phase de transition entre le moment où j’échangeais des missives papiers, manuscrites ou tapuscrites, et celui où mes échanges épistolaires sont devenues exclusivement virtuelles. En fait, je me souviens bien que j’ai été connectée à l’internet très vite, en 1992 il me semble que j’échangeais déjà avec mon frère de cette manière. Nous avions un FAI (qui a disparu) et des heures comptées pour nous connecter. J’avais appris à taper avec mes 10 doigts et j’aimais écrire sur l’écran, déjà.

Mais peu de personnes dans mes correspondants étaient reliées à l’internet. Et j’ai retrouvé des mails imprimés qui me disent qu’enfin machin ou bidule sont connectés.

Pourtant, je me souviens bien qu’à la fin de 2001, quand nous avons décidés de nous marier, nous avons seulement envoyé quelques mails, ce qui semblait à la fois cavalier, expéditif, et peut-être je-m’en-foutiste aux plus âgés (mais aux anciens nous avons téléphoné), et simplement normal aux plus jeunes (c'est-à-dire aux enfants des quarantenaires d’alors).

Je constate simplement que la fenêtre sur le monde, que me procure le web, prend de plus en plus de place. Je ne suis pas du tout intéressée par des émissions à heures fixes, statiques, à la télévision. Je n’ai jamais succombé au zapping, même si j’ai eu accès à de multiples chaines puisque ma ville a été cablée en 1992 je crois. J’ai bien essayé pourtant, mais nous avions un téléviseur de 36cm sans télécommande. Cet hiver-là je me souviens que j’étais immobilisée par un épanchement de synovie, devant les JO d’hiver retransmis sur plusieurs chaines, et que je tentais de changer avec un manche à balai. Mais en fait, c’est anecdotique : je restais le plus souvent par terre, à 1m de l’écran, pour tendre le bras et voir l’épreuve suivante sur une autre chaine. Et encore, c’était à cause de ma blessure que je regardais tant la télévision. J’ai toujours été du genre à suivre une émission, ou un film, avec un livre à la main. Il m’arrivait même, parfois, de lire un magazine, regarder une émission, jouer au scrabble et compter les points. Et gagner. Ce qui ne manquait pas d’étonner les parents de mon compagnon.

Cela pour faire le parallèle entre ces moments qui réunissaient des personnes à la veillée, et ce que nous vivons en ces temps modernes de communications virtuelles.

Je passe souvent des soirées à bavarder avec des amis que je connais seulement par internet, et nos échanges sont quand même forts, et ils permettent que je lise, écoute de la musique, parle avec plusieurs personnes de sujets totalement différents, fasse une recherche sur un thème ou un projet ou un objet dans le même temps. Sans renoncer à ma vie personnelle qui peut avoir lieu au même moment. Après tout, si je discute de musique avec un ami par clavier interposé, rien ne m’empêche de surveiller la cuisson du pain, mettre en route une lessive, ou consulter un catalogue sur les salles de bain, un livre sur les huiles essentielles dans le même temps.

Cependant, j’ai passé une bonne semaine sans internet (en refaisant le tableau électrique une fibre optique s’est cassée), je me suis sentie comme en vacances, j’ai dû arrêter de courir, d’amasser de nouvelles informations, de parler avec mes amis, pour terminer des classements commencés parfois il y a longtemps, tirer parti des ressources engrangées dans les dossiers de mon ordinateur.

C’est un peu comme quand on arrête de faire les courses souvent, pour manger enfin ce qui est dans les placards, parfois depuis longtemps. Vivre dans le présent et arrêter de fuir ?

Mercredi 16 au courrier j’ai reçu La revue des 100 voix. Un opus mensuel qui réunit 9 récits de 400 mots, tous autobiographiques. C’est la deuxième fois qu’ils éditent un de mes textes. Et ça me fait bien plaisir. Il me semble d’ailleurs que la qualité est bien meilleure, cette année que l’an dernier (ils débutaient). Le lien entre les textes choisis est bien plus fort, et les écritures bien plus resserrées. Tout le monde peut proposer un texte à Marianne Faure et Philippe Gardien. L’une édite, l’autre illustre. La revue des 100 voix est distribuée dans certaines librairies ou lieux inhabituels. Surtout à Paris, mais aussi ailleurs. A mon avis ça va continuer d’évoluer. J’ignore l’accueil fait à ces revues, si elles se vendent bien. Mais moi je prends plaisir à resserrer mon écriture, à condenser mes idées pour atteindre l’essentiel.

mardi 15 novembre 2011

L’été de la St Martin

Vient de se terminer.

Si les dictons vous intéressent quelques uns sont répertoriés ici

Pour nous il y a eu la plage, presque vide. Un bivouac improvisé après la visite de la Cité de l’océan à Biarritz. Et après un repas de fruits de mer au restaurant, réclamé bien fort par les garçons. J’ai pris ma revanche d’il y a deux mois : le premier jour de ma cure de raisin nous sortions du Musée de la mer à 19h, l’heure où toutes les seiches à la plancha embaument… et je savais bien que je reviendrais ! Samedi j’ai donc dégusté crabe et bulots, crevettes et bigorneaux, à m’en lécher les doigts, à en sentir la mer….

Dormir dans le camion, dans les sacs de couchage légers, alors qu’au mois d’août j’ai rajouté couverture et chaussettes, c’était inespéré. Devant la plage, comme quelques autres, peu nombreux.

Cela nous a valu l’excitation superbe de Lumineux, encore debout et sautillant comme un cabri à 23h30 « mais je ne peux pas dormir ! », et descendant de son lit à 6h20 : « je veux aller voir la mer ! » hum : il fait nuit mon garçon, retourne te coucher !

La belle douceur m’a donné le temps de finir de lire le beau livre sensible d’Hélène Castel : Retour d’exil d’une femme recherchée

Et j’ai pris pendant 2 jours des photos avec un appareil sans écran, sans même savoir s’il fonctionnait. Car j’ai eu l’amère surprise de sortir mon fidèle Ricoh GRD de sa pochette, avec un écran brisé.

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Plus de commandes, plus de réglages. Impossible sans ordinateur de savoir. C’est donc au jugé que j’ai fait mes cadrages. J’ai réinventé le principe de l’appareil photo jetable, dont on ne connait que le nombre d’iso et le nombre de vues. Mais ce type de boite à image avait un viseur, sommaire mais un viseur. Finalement, au vu du résultat, je confirme que je connais bien mon appareil, que le format de la focale me convient parfaitement.

Voilà quelques exemples.

Très peu d'images à jeter. Les seules mauvaises sont dues au réglage : 200 iso couleur en lumière artificielle, en plein soleil sur la plage, c’est assez bizarre.

vendredi 11 novembre 2011

Rose ma grand mère

Si à 23 ans je ressemblais tant à ma grand-mère Rose, que dire de mon visage à 47 ans ?

Je suis Lyjazz. Mon 2ème prénom est Rose, comme ma grand-mère. Je ne l’ai pas connue. Ma mère non plus (ou si peu).

Mais des amies de la famille, me voyant pour la première fois le jour des funérailles de mon grand-père, ont été abasourdies, tétanisées. Visage grimaçant et doigts se tordant, lorsqu’elles se sont retournées et m’ont vu les suivant jusque devant la tombe de Miguel.

De sa vie je ne sais pas grand-chose. Elle aimait lire et sortir, au théâtre, au cinéma, au spectacle. A Barcelone. C’était leur vie avant 1936. Leur première fille avait déjà été placée chez les grands-parents. Egalement à cause de la maladie cardiaque de Rose. Au moment de la guerre civile Miguel et sa femme ont été séparés. Rose était en France. Ils se sont retrouvés en 1940. Ont conçu un 2ème enfant. Ma mère est née en avril 1941. J’ai toujours entendu dire que la naissance de ce bébé lui fut fatal, selon le verdict des médecins. Rose est morte 2 ans après, le cœur enrobé de graisse.

Ce jour de funérailles j’ai plongé dans l’Histoire, voyant dans les yeux de ces dames la femme qu’elles avaient connue jadis (il y a 50 ans). De ce que renvoyaient leurs regards je superposais la vieille, unique et retouchée photo de Rose, à mon visage de 23 ans. Dans un vertige soudain je sentais ce pan entier de l’histoire familiale s’écrouler, parce que je n’avais pas posé assez de questions à cet homme qui était mort, que je n’avais plus de vestige familial espagnol à appréhender. Et dans le même temps je me sentais investie de l’image de cette femme que je n’avais pas connue, qui vivait encore en moi. La spirale me faisait tituber, là, sur ce gravier entre 2 tombes, me renvoyait à ce que je n’avais pas pu voir ni entendre, dans l’espace et dans le temps.

Mon visage de 47 ans est-il toujours celui qui ressemble à Rose à la fin de sa vie ? Est-ce que je me rapproche encore davantage de cette femme qui fut ma grand-mère ?

(Ma tante et ma mère sont incapables de me le dire puisqu’elles ne gardent plus de souvenirs de celle qui fut leur mère. Et les regards extérieurs des dames amies se sont éteints. )

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