Parchemins Instantanés

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lundi 8 mars 2010

Semaine 9 : VSD

5 mars

aujourd'hui pensée parasite

Quand vais-je trouver le temps d'écrire ? Ou plutôt : comment me créer un moment pour me poser ? Ou encore : quand le désir et le projet seront assez forts pour me pousser à m'y replonger ?

C'est un va-et-vient subtil entre moments de création et extériorité.

Mon énergie va de l'un à l'autre.

J'avais besoin de me consacrer à mes enfants, de suivre, d'accompagner, d'être là avec eux.

Aujourd'hui j'avais aussi le sentiment qu'il me fallait être à la ludothèque, pour échanger et partager avec S.

Comme hier soir il fallait que je sois au téléphone avec l'ami J. qui a besoin de dérouler ses projets et états d'âme, de me prendre pour tapis.

Mon personnage de psychologue en camion n'en est pas vraiment un : c'est une partie de moi.

Je suis aussi excitée par un projet de théâtre : monter la pièce Naissance, de Karen Brody. C'est une idée de L. et, si je ne fais pas partie de ses intimes, je suis enchantée qu'elle ait pensée à moi. En lien avec mon rôle de « psychologue-itinérante » j'y vois une reconnaissance de ma personnalité. A suivre.

ooo

6 mars

aujourd'hui il faudrait réparer

le store de la chambre

le bordel du bureau : oui, réparer, ranger, agencer, vider, jeter, trier, nettoyer, déblayer

Au lieu de rester vissée à l'ordinateur pour lire, chercher, écrire....

Groumpf

ooo

7 mars

aujourd'hui leçon à apprendre par coeur

Jouer avec mes garçons.

Eteindre l'ordinateur.

Planifier mes journées pour y inclure du mouvement.

J'ai l'impression d'être revenue à des moments très intériorisés et avoir du mal à m'ouvrir. Pourtant je suis bien aussi à l'extérieur, dans le mouvement extérieur. C'est une phase, je pense qu'avec le printemps et davantage de sommeil ça va passer....

En attendant le froid revient et je suis recroquevillée.

Ce que j'ai appris par coeur ce sont des mots que j'aimais, avec un rythme qui me semblait correspondre tout à fait à ma sensibilité, à ma façon d'appréhender la vie. En primaire et au collège je me souviens de l'aspect performance, de l'envie de me dépasser, d'apprendre des poésies de plus en plus longues. Au lycée j'ai été embarquée par Nadja d'André Breton, dont un passage ne m'a plus quitté. Et par les Fleurs du mal de Baudelaire dont le rythme me revient toujours même si je n'ai pas relu depuis presque 30 ans.

vendredi 5 mars 2010

Semaine 9 : mercredi et jeudi

3 mars

Fragment d'aujourd'hui raconté en statistique

Soit un chat qui veut des câlins ET me demander quelque chose alors que je suis en train de lire ou travailler à l'ordinateur. J'obtiens dans 80% des cas des écrans réduits, des poils dans le nez et le clavier, une souris dont la mollette ne fonctionne plus, des pages web qui ne s'ouvrent plus et autres joyeusetés. Quand ce n'est pas, pour finir, des coups de griffe.

Soit un texte terminé, relu, revu par 3 correcteurs de confiance, tant du point de vue de l'orthographe, que du fond et de la forme. Relu une dernière fois par moi-même, qui veut passer à autre chose. Je prends donc la décision d'imprimer et d'envoyer.

A mon retour le dernier relecteur (outsider) attire mon attention sur des fautes, fait des remarques très justes qui me permettraient un texte quasi parfait (enfin, mieux que maintenant, quoi, gardons raison tout de même !). Que faire ? Recommencer et renvoyer demain le repentir, le texte déguisé en pentimento ?

ooo

4 mars

aujourd'hui oreilles

Les doigts de l'ostéopathe derrière les oreilles de Solaire, à l'écoute de ses cervicales déplacées.

C'est un praticien méthode Gesret que nous avons vu aujourd'hui, à la suite des problèmes respiratoires que mon petit gars a eu début octobre.

Le médecin parlait d'asthme atypique, d'allergie. J'ai constaté des rhumes et toux pendant tout l'hiver, avec fatigue persistante. Et des plaques eczémateuses sur les joues et autour de la bouche, exacerbées par la nourriture raffinée, pleine d'additifs et de conservateurs ingérée au centre aéré la semaine dernière.

L'ostéopathe a bien décelé qu'il était allergique à quelque chose. Il l'a manipulé : thorax, cervicales, bassin, pieds. Il ne doit plus dormir sur le ventre (ni se vautrer sur le canapé sur le ventre). Et on ne doit plus le porter en le prenant sous les aisselles (terminé l'avion).

Observons pendant 3 semaines. Voyons.

Les oreilles de Lumineux, très sensibles, qui n'aime pas et ne supporte pas le bruit. Difficile de se parler dans le camion en roulant, et il est toujours dérangé quand on écoute la radio (les baffles sont derrière eux).

Pour aller à Bayonne rencontrer l'ostéopathe nous avions pris le camion, très pratique par ce temps pluvieux. Après le rendez-vous nous avons été sur la plage et les garçons ont joué avec les vagues, les narguant jusqu'à se faire mouiller un peu les bottes, puis davantage, jusqu'à ce que Solaire tombe dans l'eau mousseuse et salée.

Puis je l'ai porté sur mon dos, il a plu.

On était bien content d'avoir des fringues sèches et des serviettes, et de quoi grignoter dans le camion ! C'était un peu un avant-goût de vacances.

mardi 2 mars 2010

Semaine 9 : lundi et mardi

1er mars

aujourd'hui un compliment

Je désespérais un peu, n'en ayant pas reçu encore de toute la journée, ni de la précédente... c'est que ce n'est pas monnaie courante, et je ne voulais rien forcer...

Et voilà qu'un premier m'est décerné vers 20h30 : une bouche encore à moitié pleine, des yeux gourmands et une assiette tendue « elle est bien bonne ta tarte, j'en reprendrais bien ! » .

Dans la foulée vers 21h un mail au sujet de ma nouvelle m'est parvenu : « Joli travail » m'a dit Marie.

Cela suffit à mon bonheur du jour.

ooo

2 mars

aujourd'hui difficile de

Faire des listes quand on est fatigué

Savoir qu'on ne va pas s'y tenir

ni même les regarder

Y penser le lendemain soir, même heure

et même circonstance

S'apercevoir que la journée à passé

A d'autres occupations

Essayer quand même ?

Difficile de lire des histoires à un groupe d'enfants excités qui n'ont pas envie de rester assis (sauf 2 ou 3) mais plutôt de bouger, manipuler des objets, courir, crier, parce qu'il est 17h, et que la journée au centre aéré c'est quand même les contraintes du groupe. Ce sera pour la prochaine fois, à un autre horaire.

lundi 1 mars 2010

Semaine 8 : VSD

26 février

aujourd'hui machines

Celle dont je me sers le plus : cet ordinateur sur lequel j'écris, avec lequel je surfe, ou plutôt je cherche. Je l'interroge, je lui tire les vers du nez. Je laisse mon esprit divaguer, parfois fort loin du projet de départ, faisant des découvertes. C'est ainsi que je viens de trouver vraisemblablement mon futur pseudo. Car je ne désire pas publier (pour le cas ou cela adviendrait) sous mon nom. Non que j'en sois mécontente ou que je le méprise, puisqu'au contraire je le garde, même étant mariée. C'est le mien. Sauf qu'il est tellement commun que je dois maintenant, à la banque de mon quartier, donner ma date de naissance pour me différencier des autres homonymes. Sans parler de la grande rigolade au consulat lorsque je suis allée demander des renseignements pour savoir les papiers à fournir de manière à obtenir la double nationalité franco espagnole. La personne qui me recevait m'a demandé, un vaste sourire aux lèvres, le nom de ma mère pour me différencier de la multitude d'entrées qu'elle voyait sur son écran. Une rapide recherche des auteurs qui portent ce nom et dont la médiathèque a un livre m'a donné 162 résultats. Bref, à l'inverse de Jorge Semprun quand il a voulu se perdre dans l'anonymat le plus complet en prenant comme pseudo Federico Sanchez lors de ses années de clandestin du parti communiste, j'aspire au contraire à n'être pas noyée dans un flot d'homonymes.

La deuxième machine qui m'importe est mon appareil photo. Ou plutôt mes appareils photos : mon bloc note toujours dans mon sac, qui ne me quitte pas, grimpe avec moi sur les falaises ou les murs. Qui ne prend quasiment que du noir et blanc. Et mon reflex aux objectifs fixes pour des vues plus fouillées en conditions plus difficiles, très souvent utilisé en manuel.

ooo

27 février

aujourd'hui est un slogan publicitaire pour vous vendre

Personnalité atypique ? Ou sorte de sauvage mal embouchée qui fait partie d'une espèce de secte néo-écolo-baba-illuminée-un peu sorcière ? Bien dans son corps et dans ses pompes, yeux verts, taille moyenne, tout moyen sauf caractère plutôt colérique et autoritaire (yeux fulminants à l'avenant). Femme sauvage. Conduit loin et longtemps. Sait bricoler, prendre des photos, cuisiner et écrire, grimper aux arbres, changer un pneu. Secouriste. Fait ses savons, yaourts, laits d'oléagineux, pâtes à tartes et cosmétiques maison. Bonne mémoire. Vit plutôt la nuit. Accompagnée de sa panthère-qui-n'a-qu'un-oeil et aussi sauvage qu'elle. Bon contact avec les enfants. A besoin de hauteurs dans son paysage.

ooo

28 février

aujourd'hui froid

mes pieds.

Ma main droite qui tient la souris et se trouve côté fenêtre.

Sensible à l'humidité surtout quand je suis immobile. Je ne peux m'endormir si j'ai les pieds froids. Douche ou bain de pieds obligatoire en hiver (les mollets du conjoint ne suffisent pas).

Impression souvent de me refroidir de l'intérieur. Parfois un froid sur l'estomac semble le paralyser : inutile de manger quoi que soit lors de cette occurrence. Attendre que ça passe, tenter des manoeuvres de respiration et de calme.

La fatigue souvent me refroidit. Les émotions aussi. A cela s'ajoute alors un grand tremblement intérieur.

Le froid de la montagne avec la neige qui crisse. J'ai encore des images de mes descentes un hiver, depuis le pic du midi de Bigorre, direction Barèges, face au soleil couchant, dans le grand calme et la lassitude, la promesse d'une douche et d'un bon repas nous attendant.

Mon Lumineux se refroidit vite. Enfant mince qui n'a pas de gras, qui n'aime pas manger, qui a une température basse, il a besoin de plusieurs couches de vêtements malgré son agitation quasi permanente, et surtout du rappel suivant : tu as besoin d'énergie, mange un peu. Ne pas lui interdire une cuillère supplémentaire de crème fraiche, au contraire lui ajouter de l'huile dans la soupe.

Il faisait assez doux aujourd'hui au soleil, mais bien plus froid qu'hier soir, pendant le foehn de la tempête et ses 18° à 21h.

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