Parchemins Instantanés

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dimanche 25 septembre 2011

Petit à petit le retour à une alimentation variée

Vendredi 23

Journée tranquille.

Je décompense. Je ne sais pas pourquoi. Un herpès me pousse au coin de la lèvre à droite.

Peut-être que j’élimine encore des toxines de cette manière.

De même, comme je l’avais constaté l’an dernier, la cure de raisin raccourci mes cycles. Je dois éliminer aussi par des lunes plus rapprochées. C’est donc un temps de repli, de réflexion sur soi, où je m’écoute davantage, un peu comme quand on est enceinte. Je suis attentive, consciente. Comme on devrait l’être en permanence.

Je bois un jus de pommes et carottes.

Puis je goûte mon caviar d’aubergines sur du pain des fleurs.

Je mange toujours peu. En prêtant attention aux effets des aliments sur moi. C’est le moment idéal pour déterminer si un aliment me provoque des effets indésirables. Certaines amies ont pu grâce à cette cure savoir que le gluten était néfaste pour leur santé. Elles ont éliminé cet aliment de leur vie et sont en bien meilleure santé.

Le soir je vais écouter et prendre en photos un spectacle de jazz plus lecture de textes : Kind of Blue, par la compagnie L’oiseau tonnerre Un très bon moment, prise entre la musique du trio, jeune et néanmoins talentueux, et celle des mots dits par Jean-Claude Tessier.

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Je m’enfuis du lieu qui propose une collation. Je préfère rentrer pour goûter une verrine à la tomate que j’ai préparée dans la journée.

Samedi 24

Un verre d’eau, quelques grains de raisin, et nous voilà partis : j’amène les garçons à leur cours de musique.

Et je profite de ma solitude pour aller errer dans une médiathèque où je sais que je vais trouver Bride Stories, un manga dont on m’a parlé.

Au retour je fais un smoothie banane/mangue/lait de cajou et noisette. Et ça me suffit.

L’après midi est calme.

Je fais du pain et ne peux m’empêcher de me demander quel effet il va avoir sur moi. Vers 17h j’en mange deux tartines avec du beurre demi-sel. Et c’est vraiment un peu lourd encore pour mon estomac : je ne mangerais rien d’autre de la journée, sauf quelques grains de raisin.

Je ne pousse pas trop les garçons à sortir parce que j’ai prévu de les amener au cirque ce soir.

Nous allons voir Tube, de la compagnie Les mauvais esprits. Et c’est un régal : inventif, poétique, joyeux, plein d’énergie d’enfance et de surprises ! Et graphiquement c’est aussi très beau. Ce soir encore je prends des photos, et je me régale : il faut aller vite, et je suis portée par la dynamique des circassiens.

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vendredi 23 septembre 2011

Sortie douce (2)

Jeudi 22

Depuis hier soir je recommence à avoir faim. Je crois que je me donne ce droit. Ou bien c’est parce que j’ai moins mangé de raisin, dont le pouvoir rassasiant est fort.

Mais au réveil je n’ai pas faim. Ma langue est toujours chargée. Mes sinus toujours un peu douloureux dans la journée à la pression.

Aussi j’hésite à sortir de la cure.

Je vais très doucement.

Je bois de l’eau. Un peu de tisane (un reste d’hier que je garde dans mon thermo en inox).

Je mange une mangue. Puis je bois un jus de mangue/pomme/raisin frais (à l’extracteur).

Quelques heures après un reste de banane pas assez mûre donc trop astringente, que je complète avec une banane mûre.

L’après midi je mange une poire.

Le soir un jus de tomate maison (des tomates du jardin de mes parents) et quelques graines de tournesol germées.

Je complète le tout par quelques grains de raisin.

Et j’ai de nouveau acheté du raisin.

Hier soir j’ai vu le documentaire de Jean-Paul Jaud : Nos enfants nous accuseront Rien à dire : je suis déjà convaincue. Mais cela peut donner des arguments pour continuer à ouvrir d'autres personnes ou instances au bio.

Aujourd’hui j’ai trouvé un condensé du livre de Johanna Brandt sur la cure de raisin je ne connaissais pas son histoire, qui est édifiante. Elle reflète bien cette volonté d’expérimenter dans son corps. Je l’avais déjà sentie chez d’autres femmes de cette envergure, comme Alexandra David-Neel et Ella Maillart.

Je fini la journée en collectant des recettes crues.

Tout en écoutant des vieux Charles Lloyd.

mercredi 21 septembre 2011

Sortie douce (1)

mercredi 21

Toujours pas faim.

Je prends ma première grappe vers midi (je n’ai rien mangé depuis hier 22h)

J’ai perdu du poids. C’est visible.

Je sens que mon corps n’a pas fini d’évacuer ses toxines. J’ai toujours un point douloureux au toucher sur les sinus frontaux. Mon point faible de ces dernières années.

C’est une raison de continuer.

Cela fait 10 jours que j’ai commencé. Je décide de me faire confiance et de sentir quand je romprais cette mono-diète.

J’amène mes garçons au centre aéré et je rentre passer ma journée seule, sans interruption de ma pensée par des demandes, cris, bagarres.

Une journée à m’écouter, à faire ce que je veux quand je veux.

Je pense à Théodore Monod, qui pratiquait un jour de jeûne par semaine. C’est une hygiène de vie très pure, de parvenir à cet équilibre qui suppose à mes yeux de savoir s’écouter, d’être toujours conscient de ce que l’on va manger ou boire, pour ne pas trop encrasser son corps. Parce que le jeûne peut fonctionner comme un régulateur, mais je crois qu’il sera très difficile à tenir si l’on fait des excès 6 jours pour se restreindre le 7ème. Cela ne peut fonctionner que si on est sobre et que la nourriture est à la fois simple et goûteuse, parfois festive, exceptionnellement, mais juste ce qu’il faut pour se maintenir en vie.

Dans notre société pléthorique il est bon de s’en rappeler parfois.

Ce faisant je ne jette la pierre à personne : je suis la première à remplir mes placards et à courir au magasin s’il me manque un produit que je juge indispensable (alors qu’il n’est est rien, souvent) par « peur de manquer ».

C’est une autre économie de vie qui peut se dessiner si je prends conscience de cette surabondance et du fait que l’on peut être heureux de peu. C’est cette liberté que je touche du doigt quand je pars en camion : avec peu, en ayant fait des choix drastiques parce que tout ne rentre pas.

Tout de même, vers 16h j’ai envie d’autre chose et je mange quelques graines de tournesol germées, et vers 18h une nectarine, comme hier.

Le soir je mange une poire, deux tomates cocktails, je goûte mon caviar d’aubergines avant de le servir.

Je sors doucement de la cure de raisin proprement dite.

Mais je vais garder une alimentation crue le plus possible parce que mon deuxième garçon est malade lui aussi, et je n’ai pas envie de succomber au virus moi aussi.

Même pas faim....

Mardi 20

Je prends le rythme. Je n’ai plus envie de manger. En fait c’est la première semaine qui met tout en place.

Comme j’avais mangé des protéines animales la veille du démarrage, j’ai eu un peu de mal les 2 premiers jours : je mangeais des fruits et des légumes un peu compulsivement, j’avais quelques étourdissements quand je me levais trop vite (mais je suis sujette aux baisses de tension, ça m’arrive donc quelquefois).

Je crois que j’ai appris la lenteur et la tranquillité, à me ménager sans foncer.

Et mon estomac apprend de nouveau à se satisfaire de ce qui lui est nécessaire. Cela remet les envies, les compulsions de sucre, ou de n’importe quoi d’autre, à leur juste place.

Je pense de plus en plus à ce prof d’Histoire à l’université qui nous disait qu’il jeûnait 3 jours avant un examen ou un concours, que ça lui éclaircissait les idées et lui donnait de l’énergie. Cela allait tellement à l’encontre de ce que je pensais alors ! Je n’étais tout simplement pas capable de le faire, et donc je n’ai jamais tenté.

En fait j’avais déjà expérimenté la faim, et la trop grande envie de « faire/vivre/être » en Italie lors d’un camp d’ado itinérant (j’avais 17 ans). Les animateurs n’avaient pas assuré du tout et on a tous eu faim, et dépensé notre argent de poche en glaces. Le jour où l’on est monté au Stromboli par exemple nous n’avions mangé qu’1/2 tranche de pain d’épices et 1 bille de chocolat. Je me souviens de repas composés de pastèque et fromage. Bref, j’ai dû perdre 5 kg en 3 semaines, mais je m’en moquais : c’était bien !

Ensuite j'ai repris une alimentation "normale" (enfin, selon ma normalité, pas forcément celle de tous), parce que je pensais qu'il fallait manger pour vivre, et parce que je suis gourmande...

J’ai ensuite expérimenté la faim en allaitant. Pour le premier je n’étais pas bien organisée, totalement éberluée devant ses besoins, fatiguée, anémiée, et je sentais que je perdais du poids si je ne mangeais pas suffisamment. Quand le 2ème est arrivé, 18 mois après, c’étais encore plus fatigant, et ma perte de poids plus flagrante. Il fallait absolument que je mange un peu plus que ma faim sous peine de perdre 2kg dans la journée. Mon petit était donc un formidable régulateur de poids. Il tétait, et je devais boire et manger immédiatement sinon je fondais. Directement du producteur au consommateur.

A ce moment je me suis rendue compte que ce n’était pas vital de ne pas manger, et j’ai senti que cela me forçait à me concentrer sur l’essentiel : la nourriture vivante.

J’ai juste veillé pendant l’allaitement à ne pas perdre trop de poids pour ne pas libérer trop de toxines de mes réserves et polluer mon petit. Mais je suis gourmande, et j’aime cuisiner (par moments). Et comme tout le monde il m’arrive de me venger de l’adversité en croquant des gourmandises. J’assume. Mais j’y réfléchis et je me soigne.

J’ai donc tenté l’an dernier une première cure de raisin (que j’écris très souvent cure de raison) qui a duré 5 jours il me semble. Cette année je suis plus sûre de moi. Je continue.

A plus forte raison parce que mon Lumineux a une trachéite et que l’an dernier à même époque, après la cure, j’avais trop forcé et été malade comme lui, au moins 15 jours. Je sais que si je ne prends que de la nourriture vivante je ne vais pas attraper le même virus…

Bonne énergie. Un peu de frilosité ce matin à l’intérieur. Mais dehors il faisait chaud !

J’ai fait les courses, attendu chez le médecin avec mes enfants, j’ai amené tout le monde au cours de cirque, été à la pharmacie, au parc. Puis j’ai été à mon cours d’escalade : du bloc, des voies en tête, sans forcer, de bonnes sensations qui reviennent. Pas faim. Même pas en rentrant.

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