Parchemins Instantanés

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dimanche 25 décembre 2011

Repli de fin d'année

L'an dernier, et celui d'avant, et encore les autres avant, j'aurais pu écrire ce que dit Alizarine.

Cette année, j'ai décidé de fêter Noël, de façon païenne et sous forme d'un simple repas de famille un dimanche midi, avec mes parents, mes cousins et mon frère, que l'on n'avait pas vu depuis plusieurs années. La date étant décidée par le retour dudit frère, notre journée de Noël a eu lieu dimanche dernier. Simplement, sans chichis ni faux semblants.

Pour le reste, j'ai décidé depuis longtemps de ne pas être présente dans un lieu où je n'avais pas envie d'être. J'ai délégué ce que je considérais comme une corvée, d'autant plus que je n'ai eu aucun remerciement l'an dernier pour ce que j'avais offert. J'ai donné mes consignes pour qu'il veille à ce que les enfants soient respectés.

Et j'ai passé une journée seule, tranquille avec ma panthère noire qui n'a qu'un oeil.

Quel luxe !

En effet je considère que cette période est trop surchargée d'attentes, de frénésie, de fausseté. Et j'ai donc bien expliqué à mes garçons que les cadeaux, c'est mieux s'ils sont étalés sur l'année et pas tous donnés au même moment.

Et puis j'ai mis l'accent sur le sens de ces moments : nous avons fêté le solstice d'hiver, ce jour où la nuit est la plus longue de l'année, ces heures où l'on a envie de repos, de calme, de repli sur soi pour bien terminer l'année qui vient de s'écouler. Y repenser, faire un bilan, et préparer dans le secret de son coeur ce que l'on va faire de l'année qui arrive.

Pour moi ça ne peut pas se faire si l'on court, si l'on stresse, si l'on participe à des réunions avec des personnes que l'on ne voit qu'une fois par an, qui véhiculent des tas de fausses idées et projettent leurs propres peurs sur ce qu'elles voient de notre vie.

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jeudi 24 novembre 2011

Activités variées

Il y a les maths avec mes petits garçons. Ceux des frère Lyons. Très bien faits. Et assez ludiques pour les amuser.

Il y a les travaux dans le couloir. Dernièrement : le ponçage. En image, vous allez voir ce que vous allez voir……

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En fait c’est un truc à fusiller un aspirateur, à s’asphyxier, s’encrasser les poumons. D’où le masque. J’ai fini par tuer mon vieil aspirateur, celui qui ne servait plus que pour les travaux. J’ai vaporisé régulièrement de l’eau pour faire retomber la poussière, et je n’ai surtout pas enlevé mon masque.

J’avais bien pris soin de fermer les portes et de protéger les bas de porte. Il n’empêche que la poussière de plâtre s’est déposée partout, y compris à l’intérieur des pièces et des placards. Une vraie partie de plaisir de poncer tous les murs !

Je vais donc pouvoir passer aux finitions : enduit de lissage pour rattraper ce qui est trop irrégulier. Avant peinture.

Pour l’instant, mon père en profite pour remettre l’installation électrique aux normes. Je l’aide comme je peux. Du haut de ses 77 ans ses connaissances sont toujours présentes, mais il a maintenant la sagesse de reconnaître qu’il n’a pas l’endurance, l’envie, de faire de longs chantiers. Il a ainsi pu me dire qu’il était d’accord pour me guider pour refaire ma salle de bain, mais pas pour venir m’aider, sauf quelques jours de temps en temps. Ça, c’est le prochain chantier. D’importance.

Et moi, je me dis que je vais tenter d’apprendre seule, de poser les bonnes questions, de réfléchir et essayer. Et on verra bien. Parce que l’homme qui partage ma vie n’est pas du tout un manuel. Il n’a aucun sens technique, ne sait pas faire, ne sait pas voir ce qui manque, comment aider. Il faut lui dire, lui donner des ordres, et lui laisser le temps de mettre en œuvre. Ce qui veut dire qu’il faut que j’évite de me mettre à faire la même chose que lui sous peine de râler, me mettre en colère, pester parce que ça ne va pas assez vite de son côté. Comme en plus sa vue n’est pas bonne, il se contente de passer les premières couches de peinture, et je peux ensuite faire les finitions, remplir les manques. Ce qui veut dire que je vais d’abord faire des plans, des tableaux, tout organiser, chiffrer, planifier. Et lui expliquer.

La semaine dernière j’ai vidé un vieux cartable dont j’avais besoin. Il contenait des chemises cartonnées pleines de vestiges d’une autre vie : quand j’étais formatrice en insertion. J’ai survolé ces papiers et récupéré des brouillons pour les enfants. Sûre que c’était bien fini pour moi, ce genre de travail.

L’une des chemises, à ma grande surprise, contenait des copies de mails. En 2000, j’imprimais les mails pour les garder, comme je gardais les lettres de mes amis ! Cela me semble tellement loin ! Je ne me souvenais même plus que je pratiquais comme ça. C’était une phase de transition entre le moment où j’échangeais des missives papiers, manuscrites ou tapuscrites, et celui où mes échanges épistolaires sont devenues exclusivement virtuelles. En fait, je me souviens bien que j’ai été connectée à l’internet très vite, en 1992 il me semble que j’échangeais déjà avec mon frère de cette manière. Nous avions un FAI (qui a disparu) et des heures comptées pour nous connecter. J’avais appris à taper avec mes 10 doigts et j’aimais écrire sur l’écran, déjà.

Mais peu de personnes dans mes correspondants étaient reliées à l’internet. Et j’ai retrouvé des mails imprimés qui me disent qu’enfin machin ou bidule sont connectés.

Pourtant, je me souviens bien qu’à la fin de 2001, quand nous avons décidés de nous marier, nous avons seulement envoyé quelques mails, ce qui semblait à la fois cavalier, expéditif, et peut-être je-m’en-foutiste aux plus âgés (mais aux anciens nous avons téléphoné), et simplement normal aux plus jeunes (c'est-à-dire aux enfants des quarantenaires d’alors).

Je constate simplement que la fenêtre sur le monde, que me procure le web, prend de plus en plus de place. Je ne suis pas du tout intéressée par des émissions à heures fixes, statiques, à la télévision. Je n’ai jamais succombé au zapping, même si j’ai eu accès à de multiples chaines puisque ma ville a été cablée en 1992 je crois. J’ai bien essayé pourtant, mais nous avions un téléviseur de 36cm sans télécommande. Cet hiver-là je me souviens que j’étais immobilisée par un épanchement de synovie, devant les JO d’hiver retransmis sur plusieurs chaines, et que je tentais de changer avec un manche à balai. Mais en fait, c’est anecdotique : je restais le plus souvent par terre, à 1m de l’écran, pour tendre le bras et voir l’épreuve suivante sur une autre chaine. Et encore, c’était à cause de ma blessure que je regardais tant la télévision. J’ai toujours été du genre à suivre une émission, ou un film, avec un livre à la main. Il m’arrivait même, parfois, de lire un magazine, regarder une émission, jouer au scrabble et compter les points. Et gagner. Ce qui ne manquait pas d’étonner les parents de mon compagnon.

Cela pour faire le parallèle entre ces moments qui réunissaient des personnes à la veillée, et ce que nous vivons en ces temps modernes de communications virtuelles.

Je passe souvent des soirées à bavarder avec des amis que je connais seulement par internet, et nos échanges sont quand même forts, et ils permettent que je lise, écoute de la musique, parle avec plusieurs personnes de sujets totalement différents, fasse une recherche sur un thème ou un projet ou un objet dans le même temps. Sans renoncer à ma vie personnelle qui peut avoir lieu au même moment. Après tout, si je discute de musique avec un ami par clavier interposé, rien ne m’empêche de surveiller la cuisson du pain, mettre en route une lessive, ou consulter un catalogue sur les salles de bain, un livre sur les huiles essentielles dans le même temps.

Cependant, j’ai passé une bonne semaine sans internet (en refaisant le tableau électrique une fibre optique s’est cassée), je me suis sentie comme en vacances, j’ai dû arrêter de courir, d’amasser de nouvelles informations, de parler avec mes amis, pour terminer des classements commencés parfois il y a longtemps, tirer parti des ressources engrangées dans les dossiers de mon ordinateur.

C’est un peu comme quand on arrête de faire les courses souvent, pour manger enfin ce qui est dans les placards, parfois depuis longtemps. Vivre dans le présent et arrêter de fuir ?

Mercredi 16 au courrier j’ai reçu La revue des 100 voix. Un opus mensuel qui réunit 9 récits de 400 mots, tous autobiographiques. C’est la deuxième fois qu’ils éditent un de mes textes. Et ça me fait bien plaisir. Il me semble d’ailleurs que la qualité est bien meilleure, cette année que l’an dernier (ils débutaient). Le lien entre les textes choisis est bien plus fort, et les écritures bien plus resserrées. Tout le monde peut proposer un texte à Marianne Faure et Philippe Gardien. L’une édite, l’autre illustre. La revue des 100 voix est distribuée dans certaines librairies ou lieux inhabituels. Surtout à Paris, mais aussi ailleurs. A mon avis ça va continuer d’évoluer. J’ignore l’accueil fait à ces revues, si elles se vendent bien. Mais moi je prends plaisir à resserrer mon écriture, à condenser mes idées pour atteindre l’essentiel.

mardi 15 novembre 2011

L’été de la St Martin

Vient de se terminer.

Si les dictons vous intéressent quelques uns sont répertoriés ici

Pour nous il y a eu la plage, presque vide. Un bivouac improvisé après la visite de la Cité de l’océan à Biarritz. Et après un repas de fruits de mer au restaurant, réclamé bien fort par les garçons. J’ai pris ma revanche d’il y a deux mois : le premier jour de ma cure de raisin nous sortions du Musée de la mer à 19h, l’heure où toutes les seiches à la plancha embaument… et je savais bien que je reviendrais ! Samedi j’ai donc dégusté crabe et bulots, crevettes et bigorneaux, à m’en lécher les doigts, à en sentir la mer….

Dormir dans le camion, dans les sacs de couchage légers, alors qu’au mois d’août j’ai rajouté couverture et chaussettes, c’était inespéré. Devant la plage, comme quelques autres, peu nombreux.

Cela nous a valu l’excitation superbe de Lumineux, encore debout et sautillant comme un cabri à 23h30 « mais je ne peux pas dormir ! », et descendant de son lit à 6h20 : « je veux aller voir la mer ! » hum : il fait nuit mon garçon, retourne te coucher !

La belle douceur m’a donné le temps de finir de lire le beau livre sensible d’Hélène Castel : Retour d’exil d’une femme recherchée

Et j’ai pris pendant 2 jours des photos avec un appareil sans écran, sans même savoir s’il fonctionnait. Car j’ai eu l’amère surprise de sortir mon fidèle Ricoh GRD de sa pochette, avec un écran brisé.

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Plus de commandes, plus de réglages. Impossible sans ordinateur de savoir. C’est donc au jugé que j’ai fait mes cadrages. J’ai réinventé le principe de l’appareil photo jetable, dont on ne connait que le nombre d’iso et le nombre de vues. Mais ce type de boite à image avait un viseur, sommaire mais un viseur. Finalement, au vu du résultat, je confirme que je connais bien mon appareil, que le format de la focale me convient parfaitement.

Voilà quelques exemples.

Très peu d'images à jeter. Les seules mauvaises sont dues au réglage : 200 iso couleur en lumière artificielle, en plein soleil sur la plage, c’est assez bizarre.

mercredi 2 novembre 2011

Travaux à l'arrêt

Finalement j’étais bien plus malade qu’un simple rhume. Poumons encrassés, fatigue généralisée. Pas le courage de faire ce que j’avais prévu des travaux du couloir. Alors j’ai laissé faire, je me suis plongée avec délice dans les deux livres de 1Q84 de Haruki Murakami, et j’ai laissé mes murs tranquilles. Comme pour m’habituer à l’idée qu’ils étaient blancs désormais. Snobant la poussière et me nourrissant de soupe de légumes et de tisane au thym.

Finalement, je ne voulais pas rater le rendez-vous au bord du gave de dimanche matin, pour écrire et penser à Beb en compagnie douce de ceux qu’elle m’a fait découvrir. Et malgré ma nuit hachée, demie assise, bouche ouverte dans le noir épais, je me suis levée pour aller à la rencontre des amis. Accompagnée de mes huiles essentielles pour m’aider à extirper la maladie. Et cette promenade dans le brouillard, l’humidité, dans le vert des friches, sur les coussins d’une caravane improbable, vestige d’une journée de spectacle où Beb était là, fut très douce à mon cœur. Emotions de vie en l’évoquant, en partageant nos souvenirs d’elle, en perpétuant ce qu’elle aimait : écrire ensemble avec nos cœurs, avec la vie. En photographiant nos mouvements. Dans la confiance. Le poids de cette absence un peu envolé dans la présence unie de ces personnes qui ne se connaissaient parfois que parce qu’Elle les avait associés. Confiance de nos cœurs purs et sans affectation parce que l’on parlait d’elle, vraie, grave et gaie, entièrement dans son rôle, toujours.

Nous l’avons invoquée en nous tenant par la main, sentant l’énergie nous traverser, sentant sa présence partout. Nous l’avons évoquée en images, parlant des dernières fois, ou des rêves qu’elle nous procurait, maintenant, pour ceux qui rêvent… Et nous avons écrit, parce qu’elle nous avait donné cette confiance, cette assurance qu’il n’est nul besoin de savoir le faire pour gratter quelques mots. Et parce qu’il était doux et fort de réunir nos mots/maux pour en faire des phrases en son honneur.

Finalement, l’énergie revient peu à peu, faiblement. Rythmée par des musiques réclamées par mes garçons, très attentifs et curieux. Hier j’ai souhaité me reposer pendant qu’ils sortaient avec leur père. Et je me suis sentie revivre en écoutant Sangam, de Charles Lloyd tout en faisant le repas. Aujourd’hui le souffle de Dick Annegarn chantant Bruxelles, ou bien Les jardins. Pour finir par Zakir Hussain : Making Music (avec Hariprasad Chaurasia, Jan Garbarek et John Mc Laughlin).

Finalement, j’ai eu mal a une dent plusieurs jours, elle était sensible au froid, au chaud, au sucre, à la pression. Au point que j’ai appelé la dentiste. Qui partait en vacances et ne pouvait me recevoir. Le lendemain matin je n’avais plus mal et j’avais un éclair de lucidité… Trois jours avant cette douleur j’avais eu une bonne séance d’ostéopathie, qui avait bien décoincé des zones mouvantes, notamment à la mâchoire, juste au-dessus de ma dent douloureuse. Et je me rendais compte que mon occlusion était bien meilleure. En outre, la dent correspondait à une problématique interne personnelle tout à fait pertinente. Voir sur ce site la dentisterie holistique et plus précisément le décodage dentaire.

Mon ostéopathe m’a bien répété d’écouter mon corps, qui se nettoie et expulse ce qui l’étouffe. Qui s’ébroue et me parle. J’ai ensuite consulté mon homéopathe pour ce rhume, et quelques jours après notre discussion sur les circonstances de survenue de cette maladie, un herpès ponctuait ma lèvre, finissant de me laver, de sortir les scories qui m’encombrent. La nature est bien faite….

Finalement, je suis toujours habitée par Tengo et Aomamé, les personnages de Haruki Murakami laissés sur le bord de la route, dans l’attente…..

Mais j’avais décidé de lire en suivant le livre d’Hélène Castel Retour d’exil d’une femme recherchée, avec à l’esprit l’histoire d’une amie exilée avec sa fille. A peine commencé je suis dans la profondeur, les récits de cœur. L’introduction par Nancy Huston est déjà une mise en bouche savoureuse. Et cette phrase me semble tout à fait représentative de ce que je vais y trouver « ce sont rarement les faits qui déterminent les peines. C’est la personne elle-même, son positionnement vis-à-vis de ses actes, qui sont examinés au moment du procès. Vertige des mots. » Il faut noter que j'ai rencontré ce livre en lisant le blog d'Agnès, à Mexico.

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