Pendant la journée du 25, puis du 26, j'ai hésité à aller skier avec Michel et Damien.
D'abord, j'étais fatiguée, et j'avais peur d'avoir trop froid.
Ensuite, je suis un peu ourse, un peu sauvage, et je n'avais pas forcément envie de sortir de ma tanière...
Petit à petit, consultant la météo montagne toute la journée du 26, je me suis décidée. J'avais bien besoin d'une journée à moi, hors de ma famille, et puis j'avais quand même envie d'aller voir les montagnes de près, de vérifier si nous avions toujours des atomes crochus.
J'ai donc exhumé mon fuseau acheté il y a 20 ans, été cherché mes chaussures de ski à la cave, et j'ai vérifié tout ça.... Mes vêtements sentaient le renfermé, et j'ai trouvé au fond d'une chaussure un jouet d'enfant enfermé là depuis …... 4 ans : j'avais skié enceinte de 4 mois de mon cadet.... Et la fois d'avant c'était 5 ans plus tôt...
Mes compagnons ont embarqué dans ma voiture et nous voilà partis. Difficile démarrage : j'avais perdu les automatismes d'organisation de tout skieur, je n'arrivais pas à organiser mon sac, et il fallait que je me change... Comme j'avais eu peur d'avoir froid, Michel m'avait proposé les vêtements de ski de Cindy, sa compagne, la nièce d'Humain. Je me suis donc changée dans ma voiture : les paris avaient d'ailleurs été lancés la veille entre les filles de la famille, qui se demandaient si j'allais rentrer dans le pantalon de Cindy ou non.... hé hé hé... ça devait piailler et concerter sévère ! D'où la réponse de Michel à Cindy au téléphone à midi : oui, Lyjazz porte le pantalon !
Direction la location de skis. Ah ? Ils sont petits cette année ? Mais oui madame, on n'est plus à la préhistoire...
Et Michel qui m'attendait patiemment, me laissant le temps de m'acclimater, pendant que Damien faisait la queue pour prendre les forfaits.
Enfin, tous prêts, forfaits attachés, nous sommes montés dans les oeufs.
Quand j'y pense, les garçons (ces jeunes hommes qui ont l'âge d'être mes fils) devaient se demander comment j'allais skier, moi qui portaient des fuseaux, des vieilles lunettes Cébé antiques avec coque cuir.....
Même Michel, qui avait skié avec moi enceinte 4 ans auparavant....
Aussi, une fois sur la piste, après avoir bataillé avec les moufles (pas facile de mettre les mains dans les dragonnes), D les skis aux pieds, M chaussé de son snow...... je suis repartie comme si j'avais skié la veille.
Michel m'a d'ailleurs dit très vite « tu n'as rien perdu ! » ben
non : j'aime bien mon corps, il se souvient bien, il m'est fidèle, et mes
muscles se remettent en condition facilement. 
Au bout de 2 h de descentes nous avons décidé d'aller manger, puis Michel a loué des skis pour aller à notre rythme. Et l'après-midi nos descentes furent bien plus rapides, puisque nous skiions à la même allure tous les 3 : une bonne équipe ! Des bosses, des passages en hors piste, des descentes rapides.
Nous étions à Gour*tte, et les pistes ont immanquablement fait remonter à la surface mes débuts : j'ai appris à skier dans ces lieux, entre 1972 et 1978 environ.
Je me souviens
- des montées en bus, des rigolades et des chansons, des odeurs de goûter (pain et chocolat),
- des odeurs de gaz oil, de frites à midi, de soupe à la tomate,
- Des bonnets bleus et blancs rayés qui nous distinguaient tous comme faisant partie du groupe de Péchin*y,
- de mon jean et mon pull couverts par l'ensemble Kway veste et pantalon et des glissades infernales sur neige glacée, le bâton dans le dos une fois,
- des chaussures en cuir à lacets bien trop larges avec lesquelles j'avais une ampoule à l'intérieur de la plante du pied qui se reformait d'un mercredi à l'autre, malgré les multiples paires de chaussettes et malgré le coton,
- des skis en bois avec fixations à l'avant et lacet à nouer autour de la cheville,
- du sourire et du rire de Mr L (qui était aussi mon voisin et professeur de judo) qui nous guidait et nous amenait partout, par toutes les météos. J'ai donc appris à ne pas avoir peur, à skier dans toutes les situations, à me faire confiance.
Et pour la technique, je crois que je me suis arrêtée au stem. On m'a dit un
jour que j'avais parfois la même allure que Marielle Goitschel, ce que je
prends pour un compliment 
Et puis j'ai cessé d'aller dans cette station pour suivre mon compagnon quand je l'ai connu : il allait à La Pi*rre St M*rtin avec ses copains. Enfin, en couple nous avons plutôt fréquenté Caut*rets, son cirque et son ensoleillement. Mention spéciale à la semaine passée à La M*ngie, pour les dernières descentes sous le Pic du Midi de Big*rre, suivis par le pisteur qui fermait, pour profiter du soleil couchant sur la dernière ligne droite du retour.
En tout cas, voilà bien longtemps que je n'avais pas poussé mon corps à son allure, grâce à un groupe qui skie à la même allure que moi ! Nous avons terminé la journée les cuisses en feu après 5h de descentes, et une gaufre dans le ventre.
Et mes petits jeunes hommes m'ont laissé conduire au retour sans même me faire la conversation : repus et fatigués ils se sont endormis ! Comme m'a dit Colette : ils ont fait les enfants !