Parchemins Instantanés

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mercredi 23 septembre 2009

(Auto)portrait en émotion

J'aime ce visage qui est le mien. Marqué maintenant par l'âge, les cernes, les rides.

Nez busqué et toujours le premier vu par le soleil. Yeux gris verts un peu tristes mais si prompts à rire et sourire, à observer les humains qui m'entourent. Front large, haut et plat.

Lèvres fines et pâles, au sourire un peu de travers, un coin plus relevé que l'autre.

Pommettes hautes et joues un peu creuses, inégalement de chaque côté. Menton un peu plat, sur le même plan que le front, plat aussi, ce qui me fait un profil dont le nez seul ressort.

C'est surtout en mouvement que je me sens moi-même, que l'on peut sentir mes émotions.

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Je ne pourrais pas dire, et je me demande, si, comme Carole, on peut connaître dans l'instant ce que je ressens.

Je l'ai vue hier et elle était vulnérable mais parlait de papiers concrets, professionnellement, et puis elle a su parler de mon mail, et immédiatement j'ai vu qu'elle était émue et touchée par mes phrases passées, qui faisaient encore de l'effet plusieurs jours après, à l'évocation. Son visage alors, si mobile, imperceptiblement, m'a montré combien elle était profondément émue, alors que ses mots étaient anodins parce qu'en public (enfin, je le pense).

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Et j'ignore si mon visage peut divulguer ainsi mes émotions, sans que je n'en sache rien, ou si je parviens à les masquer.

D'ordinaire, les personnes que je cotoie ne se laissent aller que dans des moments de calme où elles ne pensent pas être vues.

C'est ainsi que j'ai pu prendre des photo de copains, totalement perdus dans leurs pensées.

Michel, qui m'apparaissait jusque là comme quelqu'un de vif et acéré, qui se cache derrière un humour caustique. Visage un peu verrouillé, jeune et interrogateur, un peu arriviste. Il me semblait qu'il montrait aux autres seulement une façade, pour garder à l'intérieur le reste...

Que j'ai vu dans le train montant à La Rhune, alors qu'il était retiré en lui-même. Ses yeux baissés, perdus et flottants, ses lèvres pleines entrouvertes qui catalysaient sa jeunesse et ses interrogations. Il était émouvant parce qu'il se sentait seul.

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Je ne m'étonne pas, à prendre des photos de ce genre, à être réelle et authentique, à parler vrai – c'est à dire du plus profond de mon coeur – que les personnes ne me remercient pas de ces photos.

A peine me disent-elles, incidemment, du bout des lèvres, lorsqu'elles sont obligées de me parler, merci, j'ai reçu les photos, elles sont jolies. Je crois que c'est au-delà. Que mes photos ne sont pas seulement « jolies » qui a un côté un peu mièvre et superficiel. Mes portraits montrent un aspect de la personne qu'elles ne veulent pas souvent voir, qu'elles ne peuvent percevoir que de l'intérieur. Elles reçoivent les photos comme si j'avais pénétré dans leur âme, vu une partie de leur personnalité qu'elles n'osent montrer que dans certaines conditions très personnelles. Dans ces conditions je ne peux m'étonner de ne pas recevoir de nouvelles.

Les relations habituelles entre des personnes qui ne se connaissent pas beaucoup ne parlent pas d'intimité. Le visage que l'on montre n'est pas à nous mais il est changeant, il peut être ému ou émouvant, mais il ne reste pas. On ne sait pas ce que l'on a montré réellement, qui est mêlé à ce que l'on a dit.

Parfois je parviens à prendre en photo cette intimité que l'on pense très personnelle.

Et dans ce cas je sens un lien très fort et très particulier avec cette personne. Elle le sent aussi. Comment lui dire alors que je respecte éminemment ce moment et cet aspect que j'ai entraperçu ? Je m'en sens redevable. Il me manque les mots pour dire que je suis très émue aussi d'avoir capté ce moment.

Instant de grâce.....

De même, une personne extérieure, je veux dire une personne qui n'a pas vu et ressenti ce que j'ai capturé par mon objectif, peut être interloquée et peu réceptive à ce genre de portrait. Ne pas reconnaître, ou ne pas aimer cette image. Trop intériorisée ou trop inhabituelle de l'image habituellement donnée.

Les émotions capturées par l'objectif sont d'ordinaire celles que l'on veut bien montrer. Sauf dans le cas de musiciens ou chanteurs, d'acteurs ou de danseurs sur scène, de sportifs en plein effort.

C'est pour cela que j'aime faire des photos de scène. Je peux à ce moment voir les personnes dans leur entière humanité, dans la complicité qui les lie à leurs collègues. Je vois les liens se faire et se défaire entre les musiciens, je les entends et les sens entre le public et les artistes. C'est un moment de rare intensité dans lequel le son et le visuel entrent en communication étroite, le visuel traduisant ce que j'entends, mon point de vue entrant en résonnance avec les intéractions perçues par tous mes sens. Un courant d'émotions et d'ondes passe et s'imprime sur mes photos. Les artistes alors acceptent de donner à voir une image d'eux qui n'est pas celle qu'ils donnent à leur entourage habituellement. Ils sont mis à nu, émotions à fleur de peau et visibles par tous.

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vendredi 30 janvier 2009

En ville et sur la route

Pas le temps de me laisser l'esprit à l'écriture....

Mais l'envie de vous montrer mon bloc note d'images instantanées.

En ville, un coin que j'aime bien, à une heure que j'aime : quand le soleil va se coucher et que je file vers lui, à l'ouest toute !

Plus loin, je regarde à ma gauche, la rue en pente me donne un point de vue vers les Pyrénées...

Sur la route, je prends aussi des photos en conduisant, seule dans mon camion... c'était après la tempête, et la lumière était revenue...

Les nuages filaient dans le ciel...

Et moi j'allais plus loin, contre les Pyrénées...

mardi 21 octobre 2008

Faire des photos (2)

J'ai été prise d'une crise de doute concernant la photo : je n'avais pas touché l'appareil depuis aout, et lors de l'anniversaire d'une copine des garçons, j'ai pris des photos. Juste visualisées sur l'écran arrière et j'étais déjà déçue. J'ai donc mis 15 jours avant de les mettre dans l'ordinateur pour les "voir en face". Et là je suis contente : certains portraits, certaines scènes sont très belles. Helios_fleur_et_Lucie_talons.jpg

Je me souviens aussi que le papa de la petite Lucie dont on fêtait les 5 ans, s'est approché pour voir l'appareil, m'en parler, et que je l'ai évité sciemment. Alors que d'ordinaire j'aime parler, montrer...

Et depuis aout aussi je recule le moment de commencer à retoucher, donc à potasser le logiciel de retouche. ça m'ennuie donc je recule. Pour moi une bonne photo est déjà bien cadrée et les couleurs sont bonnes, il n'y a rien à faire. Mais je sais bien que parfois il faut redresser une perspective, recadrer un poil pour enlever un morceau de bras intrus ou un objet intempestivement posé sur un côté.... Cette partie-là me repousse. Mais je sens bien qu'il faut que j'y aille, pour apprendre encore, et améliorer mes photos.

Parfois je me dis que je pourrais faire des minis reportages d'événements comme ça, plutôt en atmosphère familiale, tellement je suis consciente que la photo pour moi est tributaire de sentiments d'amour/amitié/respect, du positif, quoi. Me demande dans quelle mesure un photographe pro homme est assujetti à ça ?

Bref, je suis contente et surprise à la fois que ces photos soient bien, comme si j'avais eu besoin d'être dans une sorte d'état second des sentiments pour que mon fluide agisse et permette à mes mains sur mon boitier de traduire... comme à Marciac pendant les concerts : la musique coule dans mon esprit et je traduis en image les sentiments que je ressens, en utilisant la technique de façon plutôt intuitive (hum : faut encore que j'apprivoise mon numérique, et il n'est pas fameux en très basses lumières, m'enfin bon...)

J'aime faire des photos de personnes, dans leur environnement, mais ce qui me gène c'est que j'ai toujours besoin d'avoir un bon contact, d'éprouver des sentiments de respect, d'amour, d'amitié (que du positif) pour réussir mes images. Lorsque je n'aime pas, que mes sentiments sont ambivalents ou négatifs, ou neutres, mes photos sont plates et je ne les aime pas. Je ne sais pas comment résoudre ça, comment parvenir à des résultats techniques même si ..... ou alors c'est moi qui me fait des idées ? C'est compliqué...