Parchemins Instantanés

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mardi 31 janvier 2012

Mercy merci

pour cette belle musique éthiopienne entendue en concert par Le tigre des platanes, puis en disques par la collection des Ethiopiques. Signalée par Humain qui m'a informé de cette émission sur l'histoire de cette musique sur France Inter

Pour cette journée de pluie où je fais du pain, en écrivant, en écoutant de la musique, ma chatte sur les épaules.

Où je n'attends rien mais reçois de gentils mots de mes amis et ma famille. Une belle conversation de femmes pendant laquelle nous avons parlé de ce livre important : Femmes qui courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estès.

Quelques citations :

pour éviter de jouer les petites marchandes d'allumettes,  il faut impérativement effectuer un geste essentiel. Il faut refuser de perdre votre temps avec ceux qui ne vous soutiennent  pas dans votre art, dans votre vie. C'est dur mais c'est vrai. Sinon, vous allez mener une vie réduite qui va geler toute pensée, tout espoir, vos dons, l'écriture, la peinture, le théâtre, la danse.

Ce sont les dons et la force de nos prédécesseurs qui nourrissent les histoires que l'on raconte et que l'on écoute. D'après moi ce qui fait la force de la narration, c'est une haute colonne d'être humains, unis dans le temps et dans l'espace, richement ou pauvrement vêtus comme à leur époque ou encore dans leur nudité et pleins de la sève d'une vie qui continue. S'il existe une source unique aux histoires et à leur numen, c'est cette longue chaîne humaine.

Souvent ces femmes étaient des artistes  qui tentaient de se montrer raisonnables  en consacrant 80 % de leur temps  à des tâches qui tuaient dans l'oeuf, jour après jour,  leur créativité. On retrouve une constante : on leur a fait remarquer très précocement qu'elles étaient différentes avec connotation péjorative. En fait, elles étaient passionnées, curieuses, particulières et dans le droit-fil de leurs instincts. La journée n'est pas finie, je dois encore faire deux gâteaux, jouer avec mes fils, aller grimper, et partager boisson et gourmandise. Mais elle ma va bien comme ça déjà.

Aujourd'hui, j'ai 48 ans.

samedi 28 janvier 2012

Un moment

Complexité de la pensée.

Sinusoïde luxuriante et fuyante, lignes d’adn qui jamais ne se rejoignent.

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Je pense à ce mal au ventre de mon garçon et je le trouve normal, au vu de ce qu’il a mangé ce soir.

Je relis un passage de Chère Ella, élégie pour Ella Maillart, d’Anne Deriaz. Je recopie des citations dans Babelio, la 4ème de couverture, une critique. Je replonge dans ce livre qui me prend aux tripes. Envie de revoir, d’entendre Ella Maillart. Mais je ne me lève pas pour aller chercher le DVD Entretiens avec Ella Maillart.

Au lieu de ça, je charge des photos sur mon ordinateur, et j’ai bien envie de les classer en écoutant de la musique.

Ah, il fallait que je m’inscrive et que je télécharge Spotify. Ok, fait. Mais comment ça fonctionne ? Par ici une radio ? J’essaye Adèle. Très belle voix, profonde. Mais chanson calibrée, qui racole les émotions, qui tire vers le plus facile. Aucune complexité. Deuxième chanson : berk ! Bah, un essai pour rien. Retournons aux valeurs sûres : Little Red Moon par Archie Shepp. Voilà l’essence de la complexité des émotions, de l’âme, du moment et du temps. De la vraie musique qui ne cherche pas à étaler son sirop, à appâter le chaland, non, qui dit les tripes, les déboires, les douleurs, les peurs, la vie d’en-dessous et celle que l’on montre quand on est fatigué. Pas les lumières mais l’ombre et le gris, la profondeur des sentiments, les cris et les feulements, les paroles dites et de suite regrettées. La colère et la tristesse.

Et de suite les mots viennent. Pas de galop d’essai. Juste le rythme qui fait couler les phrases.

J’écris dans les replis des instruments. Dans les notes et l’histoire décrite par ce que je sens. Je vois les musiciens sur la scène.

Tellement d’heures passées sous la scène, sous les spots, à écrire, à photographier, directement dans les vibrations.

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Et quand elle s’arrête, ce sentiment d’entendre de nouveau mes battements de cœur, de les voir s’écrire dans l’air et suivre ce qui reste des vibrations de la musique.

Le jazz est une musique vivante. Qui dit la vie, la vraie, la tatouée… qui s’écoute dans la solitude, dans la communion du public, dans ses silences même.

mercredi 4 janvier 2012

Reliés

Etrange comme, en cette période où je n’ai envie que de faire l’ourse misanthrope je me sens tout de même reliée à tous.

Me vient, à la lecture de ce billet l’envie de donner moi aussi un mot ou une expression à ce début d’année. Cela ne sera peut-être pas valable pour toute l’année, ou peut-être est-ce valable pour toutes les années qui me restent à vivre.

C’est un mantra qui me monte maintenant aux lèvres.

O mitakuye oyasin

Nous sommes tous reliés.

C’est une parole d’Humain. Mais pas seulement. Je me sens aussi reliée à la nature, aux animaux, aux vents et aux nuages.

Laisser parler ce qui est à l’intérieur. Me laisser guider par une force qui, pour peu que je l’écoute, me dit sans parole, me pousse.

Ecouter et lire ce que je trouve.

Avancer petit à petit sur ce chemin que je me trace, que je dessine à mesure que je le marche.

Lâcher prise et ainsi changer subtilement mon regard, en prenant un autre point de vue.

Voir comment mon entourage intervient et inter-agit.

Poursuivre ma route et sentir que le travail se fait d’abord en dedans.

C’est cela : j’hiberne, je travaille depuis le fond, je commence à sentir que mes graines veulent monter, que les journées rallongent, mais il n’est pas encore temps de rester dehors, de montrer, d’avoir une vie sociale.

Ce sont mes vœux pour 2012 : que chacun s’écoute et suive son propre élan intérieur.

O mitakuye oyasin !

jeudi 15 décembre 2011

Un petit mot

Pour vous dire que je continue mon chemin...

Travaux dans l'appart à l'arrêt.

Projets d'écriture dans les limbes, mais toujours l'envie qui me titille.

Et en ce moment le désir profond de m'occuper de moi, des miens, de m'extraire de cette frénésie de consommation et de zapper la fin de l'année.

Je me retrouve néanmoins en train de surfer sur l'internet tous les soirs, pour fuir, pour m'abstraire, pour chercher, pour aller mieux. Le tout étant entrecoupé par de bonnes séances d'escalade, de nature, de lecture avec mes enfants.

Une belle découverte ce soir, via facebook (ça arrive, oui) : le blog de Françoise Simpère, et ses éditions Autres mondes.

Et puis retrouver mon frère, présent en France et que je n'avais pas vu depuis de longues années.

Enfin, affirmer ce que je veux vraiment, faire des projets, refuser ce que je ne veux pas.

La vie, quoi !

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