Ce matin sur le parking, devant les bambous, l'air était doux et chaud au soleil.
Lumineux disait que ça sentait comme les matins de vacances quand on est en camping. Et j'étais d'accord avec lui. Je me disais même que la vraie vie c'est celle-là, qui nous manque tant : être dehors dès le matin, sentir les odeurs, le vent, les arbres, se mouiller les pieds dans la rosée. Mais sans me leurrer toutefois : le sens, le but d'une journée à l'extérieur, s'il n'y a pas « quelque chose à faire » ou « quelqu'un à voir ». Je veux dire que la vie en ville a ceci d'important pour nous qu'elle est chargée de sens : on peut aller dans le courant voir d'autres enfants, à la rencontre d'un film, d'un livre, d'un documentaire. Et d'activités. Pensées senties en un éclair. Rêve d'un endroit au vert entre mai et octobre, puis en ville pour les mois d'hiver ?
Après un départ chaotique et une décision emportée avec un peu de persuasion pour faire sortir Solaire, en colère parce qu'on l'empêche de manger ce qu'il veut....
il s'est bien amusé au judo.
Moi j'ai bien grimpé sur les murs du gymnase. Profitant à fond de mon heure de sport.
Juste déçue de ne pas pouvoir aller demain à la sortie en falaise, parce que je serais seule avec les garçons....
Plus tard j'ai reçu un message de mon amie, encore plus déçue parce que son avion ne peut pas atterrir en France, elle est donc bloquée à Tunis et notre plan ne peut pas fonctionner.
Pas la peine que j'aille à Nantes à sa rencontre.
Je ne vais pas la retrouver. Il faudra attendre cet été pour nous revoir, partager, parler, écrire à 4 mains, rire et nous voir, vérifier que ses expressions sont en accord avec son être, observer dans son souffle et sa démarche quel est son état. Alors je vais faire autre chose de ces jours que l'on aurait pu voler au temps et à la géographie.
Etre avec mes garçons, partir à la plage peut-être.
Ecrire sans doute.
En attendant j'ai bien aimé faire cet exercice sur Chevaliers des Touches.
L'après midi se passe en activités calmes (livrets avec autocollants, jeux sur l'ordinateur).
Puis j'ai très envie d'aller à la médiathèque du centre ville chercher Sang d'encre pour pouvoir continuer cette histoire de Cornélia Funke.
Mes garçons sont un peu fatigués, alors pour emporter la décision il a fallu que je trouve l'idée.... Monter en vélo (chacun le sien) jusqu'à la place, prendre la navette gratuite de la ville, marcher un peu pour aller à la médiathèque.
C'est sans compter sur l'approximation des transports palois : le site indique des passages toutes les 15 mn, et le dernier bus à 19h15. Sur place on attend 20 mn et le chauffeur me dit que le dernier passage est à 18h. Heureusement ça va assez vite et nous atteignons la médiathèque 5 mn avant la fermeture. Juste le temps d'emprunter le livre désiré, Solaire en trouve un autre (il ne peut pas s'empêcher de prendre un livre dans une bibliothèque, on se demande d'où ça vient...).
Dehors ils jouent et me demandent de lire le livre. Je commence, malgré le bruit que fait un groupe d'étudiants bavards derrière nous.
Ils veulent aller jouer sur la place Clémenceau, avec les jets d'eau intermittents à fleur de sol. Et finissent mouillés, bien entendu. Solaire est tellement joyeux et heureux quand il joue avec l'eau ! C'est un régal de le regarder.
Pendant qu'ils courent et s'aspergent j'avise un chauffeur de cycloville pour lui demander s'il peut assurer notre retour. Il appelle sa collègue qui vient nous prendre. Isabelle nous a déjà transportés et nous amène jusque devant nos vélos en appliquant un tarif sympa. C'est un moyen de transport bien moins dangereux que le bus et bien plus agréable.
Où comment se réapproprier la ville avec des enfants, sans prendre la voiture.















