Parfois dans le creux de la nuit je réponds à des contraintes bizarres.
Alors je me mets en transe et je transforme les actes sociaux en prose déjantée.
Ah : le pouvoir des mots !
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jeudi 16 décembre 2010
Par Lyjazz le jeudi 16 décembre 2010, 10:25
Parfois dans le creux de la nuit je réponds à des contraintes bizarres.
Alors je me mets en transe et je transforme les actes sociaux en prose déjantée.
Ah : le pouvoir des mots !
dimanche 14 novembre 2010
Par Lyjazz le dimanche 14 novembre 2010, 01:48
La bouseuse m’a taggé.
Soit.
Mais elle a du goût. De la culture. Et il faut parler de livres ; citer 15 auteurs qui m’ont marqué, sans réfléchir plus de 15 mn.
Si vous voulez aussi raconter vos auteurs : Leeloolène, Floh, Akynou, Planeth, je suis curieuse de vous lire… et si vous ne voulez pas, tant pis. Alors laissez-moi vous dire ce qui est sorti de mon chapeau après 5 mn, ma liste s’allongeant inexorablement au bout de 15… il a fallu faire un choix.
- John Irving, Le monde selon Garp, et puis tous les autres au fur et à mesure des traductions en français. Longtemps il a été le seul auteur dont j’achetais tous les livres en édition brochée, dès leur parution. J’ai été déçue par le dernier. Il a changé. Et moi aussi. Découvert à 17 ans, c’est normal.
- Marguerite Yourcenar, avec un fétiche L’œuvre au noir, parce que Zénon me suit et me guide depuis mes 17 ans aussi. Mais j’ai tout lu d’elle. Je suis comme ça : quand j’aime je lis tout, et je fonctionne aussi par association, je vais voir sur les côtés ce qu’aiment ces auteurs. Longtemps j’ai relu L’œuvre au noir une fois par an.
- Ella Maillart, qui est ma figure tutélaire, un guide, une boussole. J’ai non seulement tout lu d’elle, mais j’ai aussi des livres de photos, vu ses expos à 250 km de chez moi, écouté ses enregistrements d’émission radio, lu des articles et documents, vu des DVD sur elle, je lui ai écrit et elle m’a répondu. Et chaque année le 27 mars je pense à elle, partie dans la lumière en 1997. Je conseille aussi Elégie pour Ella Maillart d’Anne Deriaz, qui a partagé les deux dernières années de sa vie . J’aime beaucoup ce qu’elle disait à Nicolas Bouvier, venu lui demander conseil : "Partout où des hommes vivent, un voyageur peut vivre aussi..." et "essayez donc cette route, et si elle ne vous convient pas, rentrez!". Un jour j'irais voir sa maison à Chandolin sur Sierre.
- Nicolas Bouvier, également suisse et écrivain voyageur. Ses livres m’accompagnent souvent en vacances, sur la route dans mon camion. J’aime le lire par bribes, l’avoir dans ma bibliothèque, c’est un réconfort. L’image de ce que j’aime : la photographie en noir et blanc, instantanée, pour lui aussi (comme Ella Maillart). L’image de l’aventure humaine dans le monde. Le fait que ces écrivains aient pu, encore, arpenter le monde avec peu. Et surtout l’Asie.
- Tarun J. Tejpal, écrivain et journaliste indien, contemporain, en activité. Pour l’Inde, pour le foisonnement, la langue, sa façon de parler du sexe, tout à fait naturelle. Voilà un auteur qui m’enchante. Un jour j’irais en Inde.
- Haruki Murakami, pour rester en Asie, côté Japon. J’ai commencé par ses nouvelles sur le tremblement de terre de Kobé. Et puis j’ai tout lu, à un moment où trouver ses livres était une gageure. J’ai même écrit aux éditions pour savoir s’ils envisageaient de publier en français. J’avais fait ça aussi pour Ella Maillart. Mon préféré a longtemps été Les chroniques de l’oiseau à ressort, il est supplanté par Kafka sur le rivage. Il y a de la légèreté, de la fantaisie, de la philosophie, de la profondeur, du road movie et du jazz. Un vrai monde.
- Jiro Taniguchi pour représenter la BD, découvert il y a moins de 10 ans, avec Le sommet des Dieux, premier manga que j’ai lu, les yeux écarquillés. Je continue de le lire avec beaucoup de plaisir. Il véhicule une idée du Japon traditionnel que je retrouve au cinéma chez Hayao Miyazaki. Superbe, très personnel et en même temps universel.
- Alexandra David Neel est aussi un auteur qui m’a marqué. Pour l’image de la femme, l’éducation qu’elle a reçu. Elle a fait une fugue à 3 ans, n’a pas connu l’école, mais un destin singulier, une vie libre, une grande recherche à la fois spirituelle et intellectuelle, humaine. C’est le 3ème destin de femme affranchi de l’école de ma liste. J’y pense maintenant (Ella Maillart a été à l’école mais jusqu’à 15 je crois, ça ne l’intéressait pas). Ce qui est important c’est le sens du possible, l’idée qu’elle a pu aller au bout de ce qu’elle envisageait. Et aussi bien sûr le Tibet. J'ai été trois fois à Dignes visiter sa maison.
- Fred Vargas, une autre femme, pour son univers et ses personnages d’historiens J’adore les 2 étages et le sous sol de la maison, pour Mathias le chasseur cueilleur, Marc le médiéviste, Lucien le contemporanéiste, dans Debout les morts. On sent l’influence de son père, surréaliste, dans ses bouquins jubilatoires et libres.Possible que ce soit des polars pour ceux qui n'aiment pas les polars. En tout cas ils me plaisent.
- René Char, pour le rythme, les formules, les antiennes que je me répète, ses métaphores et phrases incisives et habitées. Pour l’Histoire aussi. C’est mon représentant de la poésie. Mais il cohabite dans ma bibliothèque avec Baudelaire, André Velter et Rimbaud.
- Robertson Davies, pour l’érudition et le sens du récit. Je suis arrivée à lui grâce à John Irving, qui l’a considéré comme un maître. Et il ne m’a pas déçu. Non seulement il est en bonne place dans mes étagères, mais je le garde pour le relire, avec plaisir, quand j’en aurais envie. Tout est à lire.
- Gabriel Garcia Marquez, pour représenter la littérature d’Amérique Latine. Pour le foisonnement et la jubilation de ce monde gai et très minutieusement expliqué. Je dois relire Cent ans de solitude, mais je garde un bon souvenir des Funérailles de la grande mémé, ou de Chroniques d’une mort annoncée.
- Martin Winckler, parce qu’il aime les femmes, qu’il fait à la fois une œuvre utile et littérairement intéressante, le tout mêlé à son destin d’homme simple, et d’historien de sa famille (avec Plumes d’Ange). Encore un auteur dont j’ai tout lu (non, je mens, je n’ai pas lu ses essais sur les séries américaines, parce que je ne regarde pas de séries), et qui a l’avantage d’être contemporain, pas trop âgé, facilement accessible. Son blog médical est très informatif, , et le littéraire est une sorte de work in progress auquel chacun peut participer grâce aux jeux littéraires proposés Quant à ses livres, en commençant par La maladie de Sachs qui l’a fait connaître, il faut passer par La vacation qui milite pour le droit à l’IVG, ses polars, ses livres de science fiction, et même ses livres pour enfant avec L’enfant qui n’aimait pas les livres, que je viens de découvrir et que mes garçons ont bien aimé. Il faut surtout lire Le chœur des femmes, très important pour les femmes, et ceux qui les aiment.
- Milena Agus, pour la liberté et les sentiments tellement bien décrits au travers des actes. Je la mets dans la même case qu’Alessandro Baricco, pour le sens de l’histoire poétique et hors du temps, mais on va dire que je cite la femme de préférence. Elles sont trop souvent oubliées de ce genre de listes.
- Philipp Pullman enfin, dont la trilogie A la croisée des mondes me semble plus riche et profonde, plus creusée que Harry Potter. Ce n’est pas le même univers, mais celui de Pullman est plus complexe que celui de J. K. Rowling. L’an dernier j’ai relu tout HP, puis A la croisée des mondes, et j’étais bien plus bouleversée, il y a davantage d’éléments encore dans l’ombre (pour moi) dans cette trilogie, ce qui revient à dire que je la relirais en y trouvant encore de quoi réfléchir. Je ne cesse de la recommander à mes amis, adultes, autant qu’à leurs enfants en âge de la lire.
J’ai réussi à citer d’autres auteurs dans mon énumération. Mais je pourrais
aussi ajouter Perec, Tolkien, Taslima Nasreen, Timothy Findley, Théodore Monod,
Mircea Eliade, Nigel Barley et sûrement d’autres encore…. A lire les listes je
constate que les amours littéraires sont assez tributaires de l'âge du
lecteur : c'est à la fois une façon d'être et de vivre dans son époque,
d'aimer ou de connaître un auteur, et aussi la marque de ce que le lecteur a
vécu. En outre, ma liste est assez figée pour cause d'écrivains morts (environ
la moitié de ma liste) mais je constate qu'elle dit aussi que je découvre
encore des auteurs. Elle est fidèle aussi à mon désamour des auteurs français
contemporains, qui me tombent des mains, ou que j'oublie à peine refermés.
Cependant je constate 7 auteurs francophones, dont 2 vivants...
seulement.
mercredi 13 octobre 2010
Par Lyjazz le mercredi 13 octobre 2010, 17:07
J’ai deux tantes couturières. Ma mère m’a fabriqué assez vite des vêtements pour des occasions particulières (des mariages souvent). Quand elles se retrouvent, les trois femmes parlent de tissus, de coupons, de couleurs et de matières. Dans les magasins elles m’invitent à palper, caresser les matières ; à regarder la façon, le travail du couturier. J’ai engrangé. Mes doigts et mes yeux se souviennent de ces leçons : je sais reconnaître un beau travail, un beau tissu.
Mon père est arrivé en France à 5 ans, accompagné de sa mère et de sa sœur (une des deux couturières). Ils n’avaient rien qu’une minuscule valise et une couverture. A 8 ans je redécouvre la valise et la couverture dans le grenier. Dans la valise des photos noir et blanc du voyage de mon père pour faire son armée à Madagascar. Sur l’une des photos mon père est torse nu, un mouchoir sur la tête, en short, assis en haut d’une montagne. Je découvre mon père aventurier, et je commence à comprendre la rotation de la terre parce que je vois bien que Noël à Madagascar en 56, se passe sous le soleil.
J’aime à la fois les tissus et les couvertures.
Mais à huit ans, difficile de se blottir dans une couverture pour aller jouer avec les copains. Pas d’attirance pour les robes qui tournent. Juste envie de chapeaux, de gants de cuir pour conduire, et d’une belle écharpe.
Mais ça, c’était juste pour devenir un personnage….
En fait, ce qui me plait c’est les couleurs, les tissus légers, les vêtements dans lesquels on est à l’aise. Je suis déjà (ou encore ?) une hippie, j’ai envie de pantalons à pattes d’éléphant, couleur pêche, de tuniques légères en soie ou voile de coton. J’aime aussi les vêtements de sport : short en toile à poches, chaussures hautes crantées en toile (pataugas), tee-shirt et chemise, veste pratique.
Je suis toujours comme ça : un mélange de vêtements indiens colorés, de chapeaux, de belles formes et de beaux tissus quand j’ai envie de me déguiser, de vêtements sport pour passer inaperçue et marcher dans les bois. Mais qu’il était long le chemin pour revenir à mon style personnel !
ooo
En guise de suite à "quand je serai grande", je continue d'explorer et de dévoiler mes 8 ans. Cette fois c'est ma participation à la seconde partie du jeu. Chez chocoladdict
Par Lyjazz le mercredi 13 octobre 2010, 17:02
J’ai 8 ans. Je mords la vie. Je parcours les rues du quartier avec mon mini vélo jaune Peugeot. Je cours avec mes copains dans le bois derrière chez nous. Je grimpe aux arbres et je fais des cabanes dans les bois. Je suis amoureuse de Jean-Yves, qui est premier de la classe, surtout parce qu’il est bon en math. Justement notre maitresse organise très vite des concours : il s’agit de réussir à trouver la solution aux opérations, aux problèmes, et au bout de trois réponses justes on a le droit d’aller lire au fond de la classe.
A ce rythme je finis vite la bibliothèque de la classe et je dois aller chercher de nouveaux ouvrages dans les classes suivantes. Je suis logiquement la première en rédaction. Mes textes sont souvent lus à voix haute et affichés sur les murs.
C’est décidé : je serai écrivain quand je serais grande. Je n’arrête ni de lire ni d’écrire. Mais pas de fiction. Ce qui m’intéresse c’est ce qui se passe dans ma tête, et donc dans la tête des autres. La compréhension, l’explication, la description de sentiments. Je veux savoir, je suis curieuse de toutes ces façons d’appréhender le monde et de la manière de vivre des autres. Pourquoi ? C’est mon leitmotiv. Mon vocabulaire est précis, depuis longtemps. Je suis l’intello de la classe. Mon institutrice, que j’adore, dit que j’écris très bien, malgré mes pattes de mouche difficiles à déchiffrer.
Pendant toute cette année j’y crois. Je sais que c’est une année exceptionnelle : je ne m’ennuie pas à l’école, je profite de tout, j’ai un regard sur ma vie. Je me souviens de ce moment exact, en vélo, dans une rue derrière chez moi, dans la lumière de fin de journée, pendant lequel je me suis dit : « j’adore mes huit ans, c’est une année exceptionnelle ». Indéfinissable. Huit est toujours resté mon chiffre fétiche. L’infini redressé. La rondeur en double.
Je me souviens de mon regard farouche, de mes tresses brunes, de mes yeux rieurs et curieux.
Cet hiver-là j’ai appris à skier, je me suis perdue dans les vastes étendues blanches, j’ai eu mal aux pieds tous les mercredis dans mes chaussures en cuir à lacets bien trop larges pour moi. Mais j’ai aimé me dépasser. Mon moniteur de ski était aussi mon moniteur de judo. J’aimais les bois. Je lisais le Manuel des castors junior. Quand l’été est arrivé nous avons passé nos vacances dans un village perdu de la haute Ariège, dans une maison spartiate : un seul lavabo avec eau froide, les wc au fond du jardin. Mais la montagne, le vert, les lézards, les ânes, le sentiment de liberté et la communion avec la nature.
Plus que jamais je voulais être écrivain et vivre dans une maison de bois, dans une forêt. Je savais déjà que je devais d’abord vivre des tas d’expériences, lire beaucoup de livres. Mais un jour, je serai écrivain.
ooo
Ceci est ma participation au jeu de chez Virginie B. Je l'ai découvert en me promenant chez la bouseuse, et le thème m'a plu.
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