7/08
Musique festive, qui fait plaisir, qui fait rire, danser, taper dans les mains, chanter.
Je traduis ça en images en racontant l'histoire de ce concert, de la complicité entre les musiciens, de celle qui existe aussi avec le public. Je note les expressions et moments marquants des sets que l'on peut photographier.
Dans l'après midi à la salle de presse, échange avec une anthropologue qui voit mes photos et dit qu'elle reconnaît bien les photos de pro (elle voit passer beaucoup d'images). Ma légitimité n'étant pas probante, disons que je me sens confortée et que cela me donne de l'assurance intérieurement. Mais effectivement, toutes ces années de pratique se voient, même si moi je vois surtout ce qu'il faudrait que j'améliore.
Soirée trois concerts.
Daniel Humair. Le premier morceau est un peu grinçant et puis j'entre facilement dans son monde et je me régale.

Je trouve que malgré (ou grâce à ?) la morosité ambiante la musique est plus gaie cette année, moins introvertie. Ou est-ce moi qui le ressent de cette manière ?
Changement de plateau et voilà Dave Douglas. Musique cette fois plus introvertie et moments intenses de solos de batterie, terminé très abruptement. Après le premier morceau je sors dans les coulisses.
C'est parfois difficile encore d'entrer dans les mondes de chaque groupe. Envie de garder l'énergie vibrante du premier groupe intacte.
Non pas que je n'apprécie pas le second.
Mais parfois j'ai besoin de temps, j'ai besoin de savourer encore avant de m'ouvrir à d'autres émotions.
Et puis je rencontre J., qui m'offre un mojito. Et cela m'éloigne encore de la musique, que j'observe un peu de loin.

David Krakauer est en scène. Je suis curieuse. Je ne connais pas la musique klezmer. Et il a une guitariste et une bassiste. C'est rare ! Le son aigu de la clarinette heurte un peu mes oreilles. Mais je me fais prendre à cette joie, ces rythmes dansants. Le public est peu nombreux mais heureux.

Cependant, passant par la place au retour, mes oreilles sont contentes d'entendre des percussions.
8/09
La fatigue se fait sentir. Les soirées trois concerts sont redoutables. Heureusement que les enfants et leur père me laissent dormir ce matin. En compagnie de ma chatte, toujours solidaire lorsqu'il s'agit de faire la sieste.
Entendu depuis la douche : deux femmes qui expliquent les comportements macho des hommes latins. En Espagne sept femmes par jour meurent sous les coups de leur compagnon. En France deux. Parfois les femmes font en sorte d'être frappées, c'est leur mode de communication pour se sentir vivante, c'est ce qu'elles ont connu petites.
Journée un peu ralentie. Errer et écouter. La fatigue des petits gars aussi.
Organiser le départ de demain.
J'ai besoin de trouver mon second souffle. Et le festival me semble comme en suspend. Gris et averses encore.
Encore une soirée trois concerts.
Belmondo et Milton Nascimento. Musique un peu laborieuse à mon goût. Pas de fluidité. De beaux morceaux parfois. Je suis surprise qu'une formation aussi nombreuse que l'orchestre du conservatoire national de Toulouse parvienne à produire une musique si douce cependant.

Au contraire, Laurent Cugny et son Enormous Big band m'agressent les oreilles. Je ne trouve pas cette musique mélodieuse, à l'exception de quelques rares morceaux. J'attends l'intervention de David Linx, un chanteur que j'ai raté en 2006, car j'aime beaucoup sa voix. Je l'ai découvert il y a plus de 10 ans, un jour où, bénévole chauffeur, j'avais ramené quelqu'un à l'aéroport de Pau. J'avais ensuite un temps d'attente avant d'aller chercher un autre passager. Je l'avais occupé en allant à la librairie du Parvis. Le vendeur de la section jazz, inspiré, m'avait conseillé Up close , de David Linx et Diederik Wissels. J'avais écouté cette voix pendant le voyage de retour, subjuguée, sous le charme. Et j'attendais depuis lors de le voir sur scène.
En 2006 j'ai acheté mon billet, mais mes garçons étaient tellement petits et tellement fatigués qu'ils s'étaient endormis dans la voiture et que je n'avais pas pu entrer sous le chapiteau. J'avais écouté à la radio en remontant vers le village où nous campions, la retransmission de l'émission de Julien Delli Fiori.

Ce soir c'est fait, je l'ai entendu et vu sur scène, même si je conçois que c'est trop bref et qu'il n'est pas vraiment à son avantage. Sa grande liberté demande davantage d'espace et d'autres interlocuteurs.
Le troisième concert commence très tard, vers 1h. Et Avishai Cohen nous dit d'ailleurs que nous sommes le plus grand festival de France, et le meilleur public parce que nous restons tard.

Musique d'influence arabo andalouse, gaie et complice.
Chant, oud, percussion et contrebasse. Il y a la profondeur historique.
Musique qui appelle des nuits chaudes et étoilées. L'ambiance du chapiteau est néanmoins encore très chaleureuse malgré la pluie qui tombe.
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Fin des pages écrites rapidement, souvent pendant les concerts, à la lampe de poche quand je ne pouvais bénéficier des lumières de la scène.
Nous avons levé le camp le 9.
J'ai raté des concerts que j'eusse aimé voir, entendre, photographier.
J'ai conscience d'avoir pu cependant replonger dans l'ambiance du village et du festival très rapidement, parce que je suis familière du lieu. Et c'était un plaisir de le faire pendant 8 jours.
Mais ma priorité depuis un peu plus de 5 ans ce sont mes garçons. Je n'ai donc plus le temps d'écouter de la musique et de me documenter pendant l'année, ni d'aller à des concerts ou d'autres festivals, comme je le faisais avant.
De même, pendant le festival, je consacrais un temps à mes petits, et mes nuits étaient souvent hachées par des besoins de calins nocturnes de petits garçons.
Bien heureuse cependant d'avoir pu participer, me sentir de nouveau dans cette atmosphère et en faire partie. Sentiment d'avancer.
Je suis retournée à Marciac le dernier week end, pour voir les deux derniers concerts, avec danseurs.
Mais si j'avais choisi ce n'est pas ceux-là que j'aurai vu.
Ma préférence allait à Emile Parisien (que j'ai vu encore collégien). Ou Joshua Redman. Monty Alexander. Ou Roberto Fonseca.
Pour écouter des fragments de concert et voir les vidéos, on peut aller sur Arte web.
Pour sentir l'ambiance et apprécier les réalisations originales créées à Marciac, vous pourrez aussi écouter le CD tout neuf From Billie Holiday to Edith Piaf, qui réunit Wynton Marsalis et Richard Galliano. Ce disque est paru à Marciac cette année et sera en vente publique dès le mois de novembre.
Edit du 23 : Enfin, et pour en faire l'épilogue, je vous renvoie à l'article de Fara C, qui a toujours le mot juste et qui connait tellement bien le festival.....




