Parchemins Instantanés

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lundi 5 septembre 2011

J'ai plongé je reviens

J’ai plongé dans l’ambiance de Marciac comme dans une vague, mais en pensant toujours à ma vie habituelle.

Je savais ce que j’allais trouver. Je ne faisais que reprendre mes marques, laissant libre le champ des possibles rencontres et des personnes nouvelles. Et surtout le cœur ouvert à la musique.

Il s’est empli de courants, d’énergies, de vibrations nouvelles. De conversations reprises et de présents très purs.

Mais j’étais comme en transition. Entre deux mondes.

Rattrapée dès le 30 par la nouvelle de la mort de Beb. Présente néanmoins dans la musique dès ce même soir lorsque John Mc Laughlin a chanté

A love supreme

a love supreme

a love supreme

supreme supreme

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Le temps suspendu et le cœur soulevé, au sens d’élevé. La gorge nouée mais la joie du moment.

J’ai donc passé une journée entre deux : retour pour la crémation et des lessives chez moi. Récupération d’un copain des garçons pour le ramener à Marciac, lui faire connaître cette ambiance.

Et puis des discussions, des remous et tremblements. Des projets à voir, à mettre en branle, à vouloir … avec diverses personnes, dans diverses disciplines.

Vivre l’instant présent : la photo, les humains, le champ de tournesol devant le camion, le froid la nuit, la piscine quand il a fait très chaud, la joie des rues calmes quand je traverse devant les jardins en vélo, la nuit et les gendarmes trop présents, l’Armagnac à l’Atelier, le punch coco sur la place tandis que les autres boivent du Champagne.

Vouloir être là, l’être, le faire.

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Dans un présent teinté, voilé, de présence et d’absence, de ceux qui sont là et qui repartent. Les amis de passage et les discussions qui vont à l’essentiel.

Et le retour dans la vie habituelle.

Une année décidemment dans l’encaissement, le questionnement, le travail sur moi. Enfin, je veux dire : je sens que beaucoup sont dans cette mouvance d’un questionnement personnel et d’une incertitude sur l’avenir, d’un monde qui vit une faille de plus en plus grande.

Et la coupure du festival de Jazz, l’assurance de tout ce plaisir, de cette joie à être ensemble, n’a pu occulter entièrement ce sentiment de fêlure. Oscillation entre la quête de l’essentiel, la vie dans le présent, et le sentiment que le monde est sur le fil.

Impression encore aggravée par le film de J-Marie et Arnaud Larrieu Les derniers jours du monde Dont les images me hantent, et le parcours du héros me semble très cohérent.

Mais j’ai continué d’écrire, comme chaque soir quasiment devant la scène, plongée dans la musique et ses vibrations, directement sous influence.

Je continue d’ailleurs avec mon casque sur les oreilles.

J’explore en ce moment la musique indienne et le jazz. Et je trouve ce concert fabuleux (c’est long de 41’25)

Pour faire le pendant du saxophone impressionnant de Yusef Lateef … j’en parlerais un autre jour…

Et puis je me suis remise à savonner. Et c’est très bon de reprendre mes réflexes, de calculer et de créer et transformer des matières et des couleurs. La vertu des savons n’est pas seulement de laver (quoi que…) mais aussi de soigner, de pouvoir être donnés, plus tard, après leur cure, d’être faits avec une intention.

vendredi 29 juillet 2011

Comme chaque année

Et bien voilà, l'heure de la transhumance vers le doux pays vallonné du Gers a sonné.

Demain, à l'heure où nous pourrons, nous partirons vers notre quai 9 3/4 pour passer le mur du son.

Nous irons retrouver nos amis, nous irons nous émerveiller, communier, rire et sentir que nos émotions sont partagées et dites en musiques.

Nous allons reprendre notre vie de campeur pour 18 jours bénis.

Pour le festival de Jazz In Marciac.

Si nous nous posons la question : on y retourne ou non ? Les enfants répondent à notre place maintenant et affirment : on va à Marciac !

Comme disait une amie, qui ne connait même pas, sauf par ce que je peux en dire : "c'est de la bonne !"

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On y reverra Hiromi par exemple.

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Wynton Marsalis et Walter Blanding

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Ou encore Richard Galliano (tout à droite).

Qu'on se le dise !

lundi 23 mai 2011

Un samedi sous le signe du jazz

Samedi soir par les routes vides à bord de mon camion, je fonçais, heureuse. D'être seule, des odeurs de campagne, de la chaleur, de la journée passée au soleil dans de bonnes énergies.

J'avais aidé des copains (de l'atelier d'écriture) à recouvrir de papier une vieille caravane, dans l'idée de proposer au public de venir écrire et graffiter dessus lors de notre prochaine déambulation le 28. J'avais amené à cette fin des affiches des concerts passés à Marciac. Comme j'étais là avec Lumineux et Solaire et donc plutôt obligée de les suivre alentours, j'ai essentiellement passé mon temps à discuter et offrir à boire. Et devinez de quoi j'ai entretenu mes copains ? De jazz, de Marciac, et de toute cette expérience passée à l'écoute de cette musique dans ce lieu si particulier et spécial.

A un moment je m'excusais de ne pas être productive (on manquait de pinceaux pour coller) et de simplement causer. Et l'on m'a répondu que c'était bien, que je faisais office de France Culture et que je savais raconter des histoires. J'étais donc dédouanée, et confortée dans mon rôle .... Je devais au départ rejoindre C. (une photographe) qui devait me montrer des trucs pour travailler mes images. Mais la journée avançait et elle m'a appelé pour décommander. Du coup, j'hésitais à aller voir le concert.

A 14h30 j'avais envoyé Humain écouter du jazz et des textes : un trio et un diseur, dans une petite salle, il s'agissait du fils de mon médecin, un jeune batteur.... Humain est revenu enthousiaste, disant que les musiciens étaient très bons, que les textes étaient chouettes. Le trio jouera à Marciac pendant le festival, sur le off, j'aurais donc l'occasion de les revoir, et aussi à Oloron fin juin.

J'ai appelé J, qui m'a dit que le spectacle devait avoir lieu à l'Astrada, où l'on faisait une inauguration avancée (la médiatique sera celle du 28, avec Wynton Marsalis et Richard Galliano). J'avais quand même envie de me montrer un peu à Marciac avant le festival....

Comme il était déjà 20h, j'ai juste eu le temps de me changer, prendre ma gourde et mon appareil et sauter dans mon camion, avant de prendre les petites routes dans la fin de la journée au soleil.

En un peu plus d'une heure j'y étais !

Une très bonne énergie se dégageait de la place, qui a accumulé des ondes d'ouverture et de musique pour des siècles. Par les portes de la salle des fêtes se déversaient des groupes endimanchés (veste pour les hommes, talons pour les dames). Ils venaient de trinquer et grignoter en l'honneur de cette nouvelle salle, vers laquelle ils se dirigeaient. J'ai salué Cathy Guilhaumon qui m'a pressée de boire et manger quelque chose avant d'y aller, très aimablement comme toujours. Mais je cherchais J, toujours empêtrée dans ma légitimité que je ne sais pas trop où placer. Je me demandais si je serais persona grata à l'Astrada.

Belle salle, avec vue sur le clocher, dans la lumière dorée du soir.

Jacques Aboucaya glabre de nouveau, tel qu'en lui -même : comme quoi les fantaisies et changements reflètent les états d'âme, qui sont revenus à la simplicité habituelle, et devaient encore, l'été dernier être dans les tourments d'une recherche personnelle, supputais-je en lui donnant des nouvelles.

Et puis le spectacle très sympa, la salle a la très bonne acoustique (et aux lumières chiches).

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L'after pour goûter quelques gourmandises qui restaient de l’apéritif dinatoire.

J qui m'a confié un carton de programmes et affiches à distribuer sur Pau. Et pendant qu'on discutait dans mon camion, un jeune chat mâle roux et long, très affectueux, est venu ronronner, s'installer sur les sièges et se faire câliner.

Au retour j'ai vu : un fouine, un blaireau, un chat, un mulot, un renardeau. J'ai croisé peu de voitures, j'ai bien roulé en écoutant une émission intéressante.

J'ai pris le temps de regarder mes images avant de me coucher.

A l'aller j'avais recommencée ma série "on the road", en noir et blanc au compact, en roulant. Les mains sur le volant, en écoutant du jazz, dans les lacets de la route tortueuse de Lembeye, allant jusqu'à changer ma batterie en route.

Et je me disais : pourquoi pas tirer la quintessence de cette journée passée à raconter, revoir et sentir des images et émotions vécues à Marciac, écouter conter dans ce lieu nouveau et déjà adopté.... et mes images ? Parce qu'il faut que je trouve quand même quoi en faire, de ces photos...

mercredi 30 mars 2011

TADAM !

Et voili et voilà .....

ça y est il est sorti : le programme de Jazz In Marciac 33ème est enfin connu.

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