Je me sens à une charnière.

Entre la femme déesse, aux cheveux gris et à la sagesse certaine, et la
femme puissante qui peut encore donner la vie, pleine de cette force qui permet
de dire après la naissance « je l’ai fait ! ».
C’est que je me ressource en ce moment à une revue importante bien que
confidentielle : Rêve de
femmes.

Je me replonge dans Femmes qui
courent avec les loups, de Clarissa Pinkola Estès, dont parle Irène en ce début d’année.

J’entends mes sœurs/amies complexes et profondes.
Et pourtant mes relations avec les hommes sont simples et cordiales,
franches et amicales.
Cette semaine j’ai donc joué l’équilibre pour utiliser mes côtés yin et yang
alternativement.
Je me suis achetée une ponceuse excentrique pour mes bricolages
fréquents.
J’ai grimpé et fait preuve de puissance et de force.
Et puis je suis allée m’acheter un pantalon et un haut pour me voir dans une
silhouette à la fois féminine et nouvelle, ce qui ne m’était pas arrivé depuis
des mois.
J’ai aimé parler avec mon amie F. qui sait si bien décoder mes humeurs,
écrire à Fa., H. et S. et A. parce que mes relations avec elles sont si
différentes : complice et en recherche, interrogative et faisant appel à
la fois au cœur et au cerveau, littéraires et sincères, bien sûr. Et, parce que
la relation est quand même le sel de la vie, ce qui fait que nous avons une
représentation de nous-mêmes mouvante et émouvante, j’ai aimé attendre les
mails de N. qui a besoin des services que je peux lui rendre, et représente un
archétype féminin, une sorte d’héroïne.
J’ai aimé parler à ma sœur, sincèrement, aujourd’hui, sentir sa fragilité à
un moment de sa vie qui est un tournant.
J’ai aimé laisser se développer la part féminine de parole et d’amour par
l’écrit, autant que la camaraderie face à mes copains grimpeurs.
J’ai aimé penser à certains moments comme étant tout à fait adéquats,
justes, à la bonne place au bon moment. Ainsi de cette route vers Marciac
samedi pour aller au concert, seule, mais en compagnie auditive d’un photographe de 82 ans et d’un
saxophoniste jubilatoire, de la découverte de la vue des deux clochers au
bout de la route, qui signaient encore une fois (depuis presque 20ans)
l’arrivée en terrain ami. Dire ensuite aux personnalités de l’endroit que c’est
toujours un plaisir de venir en ce lieu, et toujours synonyme de joie,
découverte et partage. J’ai aimé les câlins de mes garçons aujourd’hui, comme
tous les autres jours, mais renouvelés spontanément, parce qu’ils se
souvenaient soudain que c’était un jour spécial pour moi : voir dans leurs
yeux, sentir dans leurs bras et leurs bouches qu’ils voulaient montrer leur
amour encore plus fort.
Je me sens femme aussi, à expliquer que je veux aller me faire faire une
coupe de cheveux énergétique. Dans l’attente. Au bord d’un changement.
Jouant encore avec l’idée avant de passer à l’acte, de prendre rendez-vous.
Avec l’envie de retrouver, parfois, l’envie de mettre des bijoux, de me faire
plaisir avec des couleurs et des formes, des odeurs. Un peu de frivolité dans
l’hiver…