
Parce que j'ai toujours pensé, au fond, que j'écrirais, que je pourrais
écrire, quand et seulement quand j'aurais suffisamment vécu pour que mes
expériences forment une sorte de terreau.
Me voilà à l'âge où j'ai assez d'années pour dire que j'ai de l'expérience
(dans plusieurs domaines) et toujours envie d'apprendre et de m'améliorer, où
je suis assez jeune pour avoir des enfants petits.
Très important les enfants. Pour la force de vie, pour la puissance, pour
l'expérience quasi chamanique de la naissance et de la communication avec un
bébé. Si, j'insiste, Me Badinter....
Bref, je me sens apte à écrire. Enfin. Faire prendre corps à ce rêve
d'enfant. Me donner le droit. Légitimer cette envie. Laisser sortir les
mots.
Merci à mes amis qui ont su me donner assez de confiance en moi et ma
sensibilité, ma vision, ma façon d'agencer les mots, pour que je me sente
apte.
Parce que, quand on parle d'écriture, c'est très souvent le trou noir chez
l'interlocuteur, qui prend ça, au mieux, pour une loufoquerie, un pensum, un
devoir scolaire, au pire comme de la pédanterie. Ou qui est de suite rattrapé
par une incapacité, se sent inférieur. Ou qui ne comprend pas, qui ne lit pas.
Qui peut être goguenard, méprisant. Jamais dans le bon mood, quoi.
Donc, je n'en parle pas.
Maintenant je le fais.
Alors merci à Aigue Marine pour m'avoir dit « derrière ton objectif il
y a une plume » et "tes écritures me passionnent".
Merci à Fab pour m'avoir dit «J'ai lu ton texte avec une émotion très
particulière et étrange ! Tu as écrit précisément ce que j'ai moi-même
ressenti, c'est comme si tu avais mis sur le papier les mots précis que j'avais
dans la tête... Wow ! si tu as encore des textes, je les lirais avec
plaisir ».
Merci à Sophie la bibliothécaire pour m'avoir dit « ça me touche ce que
tu as écrit. Il y a des personnes comme toi qui se doivent d'écrire, de
continuer. C'est un texte que je garderais, et pourtant je fais beaucoup de
vide, celui-là je le relirais. »
Merci à Marin de m'avoir dit qu'il adorait mon univers.
Merci à Mar(c)tin de nous donner un espace, qui est devenu un morceau
de mon tissage.
En fait j'aime les débuts. Celui-là me semble un bon début. Faudra que je
trouve les ressources pour continuer. Je crois que je peux le faire.
Merci à ces écrivains qui m'ont formée et accompagnée.
Ella Maillart qui me guide toujours ….et c'est super je viens de trouver
deux personnes qui l'aiment et la connaissent, c'est si rare !
Marguerite Yourcenar parce que Zénon est aussi mon guide. « Plaise à
Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la
vie. »
André Breton qui parlait et laissait parler si bien Nadja, dont je me récite
souvent des passages. « J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour
un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines
pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne
saurait être question de se soumettre... j'ai vu ses yeux de fougère
s'ouvrir le matin dans un monde où les battements d'aile de l'espoir
immense... »
Haruki Murakami, Tarun J Tejpal, et tant d'autres !
