Parchemins Instantanés

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samedi 17 avril 2010

Pensées sur le fil

Ces derniers temps l'idée que je ne suis que de passage ici-bas m'effleure de plus en plus.

L'idée que mes enfants aussi.

A certains moments l'évocation de cette vérité m'emplit le coeur et le broie.

Force de vie.

Je veux lutter. Continuer.

Emplir chaque heure et chaque jour. Etre entièrement moi et avec les personnes qui m'importent.

Je suis aussi, depuis quelques années, dans un mouvement de connexion, de conseil, d'aide psychologique et d'écoute aux amis. Sans que j'ai rien proposé. Juste à cause (ou grâce à) mon ouverture d'esprit, ma disponibilité ?

Depuis que j'ai ouvert mon blog je poursuis mon chemin entre le coeur et l'esprit.

A l'écrit. A l'oral.

Cela me pousse à sortir (un peu) de ma sauvagerie. Je pense être toujours aussi brute (pas brutale, mais pas bien dégrossie). Mais j'assume totalement le fait de parler à contre courant, de penser différemment.

Et je suis surprise que certaines personnes disent m'admirer.

En tout cas j'aime l'idée que mes mots ne sont pas déposés simplement pour moi, ou pour une certaine postérité, mais font leur chemin chez d'autres aussi. Car j'apprends, moi aussi, par l'exemple.

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mercredi 17 février 2010

L'écriture et la vie

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Parce que j'ai toujours pensé, au fond, que j'écrirais, que je pourrais écrire, quand et seulement quand j'aurais suffisamment vécu pour que mes expériences forment une sorte de terreau.

Me voilà à l'âge où j'ai assez d'années pour dire que j'ai de l'expérience (dans plusieurs domaines) et toujours envie d'apprendre et de m'améliorer, où je suis assez jeune pour avoir des enfants petits.

Très important les enfants. Pour la force de vie, pour la puissance, pour l'expérience quasi chamanique de la naissance et de la communication avec un bébé. Si, j'insiste, Me Badinter....

Bref, je me sens apte à écrire. Enfin. Faire prendre corps à ce rêve d'enfant. Me donner le droit. Légitimer cette envie. Laisser sortir les mots.

Merci à mes amis qui ont su me donner assez de confiance en moi et ma sensibilité, ma vision, ma façon d'agencer les mots, pour que je me sente apte.

Parce que, quand on parle d'écriture, c'est très souvent le trou noir chez l'interlocuteur, qui prend ça, au mieux, pour une loufoquerie, un pensum, un devoir scolaire, au pire comme de la pédanterie. Ou qui est de suite rattrapé par une incapacité, se sent inférieur. Ou qui ne comprend pas, qui ne lit pas. Qui peut être goguenard, méprisant. Jamais dans le bon mood, quoi.

Donc, je n'en parle pas.

Maintenant je le fais.

Alors merci à Aigue Marine pour m'avoir dit « derrière ton objectif il y a une plume » et "tes écritures me passionnent".

Merci à Fab pour m'avoir dit «J'ai lu ton texte avec une émotion très particulière et étrange ! Tu as écrit précisément ce que j'ai moi-même ressenti, c'est comme si tu avais mis sur le papier les mots précis que j'avais dans la tête... Wow !  si tu as encore des textes, je les lirais avec plaisir ».

Merci à Sophie la bibliothécaire pour m'avoir dit « ça me touche ce que tu as écrit. Il y a des personnes comme toi qui se doivent d'écrire, de continuer. C'est un texte que je garderais, et pourtant je fais beaucoup de vide, celui-là je le relirais. »

Merci à Marin de m'avoir dit qu'il adorait mon univers.

Merci à Mar(c)tin de nous donner un espace, qui est devenu un morceau de mon tissage.

En fait j'aime les débuts. Celui-là me semble un bon début. Faudra que je trouve les ressources pour continuer. Je crois que je peux le faire.

Merci à ces écrivains qui m'ont formée et accompagnée.

Ella Maillart qui me guide toujours ….et c'est super je viens de trouver deux personnes qui l'aiment et la connaissent, c'est si rare !

Marguerite Yourcenar parce que Zénon est aussi mon guide. « Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie. »

André Breton qui parlait et laissait parler si bien Nadja, dont je me récite souvent des passages. « J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne saurait être question de se soumettre...  j'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin dans un monde où les battements d'aile de l'espoir immense... »

Haruki Murakami, Tarun J Tejpal, et tant d'autres !

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mercredi 29 juillet 2009

La Maternité d'Elne encore

Je souhaitais revenir sur cette visite de la Maternité d'Elne faite il y a un mois.

Eclaircir un peu.

L'émotion m'a prise un peu par surprise. Même si je crois que mon intuition et le destin ont fait que je me suis retrouvée à Elne, par un concours de circonstances qui, finalement, était « appelé » en quelque sorte.

Cependant j'ai expliqué à mes garçons ce qui signifiaient ces photos d'abord, vues sur les murs de la Mairie. Et puis ce bâtiment, cet endroit, important pour l'Histoire.

Je leur ai dit que leur grand-père, mon père, était arrivé en France quand il avait 5 ans (l'âge de Lumineux). Il était venu à pieds, par les montagnes, en hiver accompagné de sa mère et de sa petite soeur. Ils n'avaient rien, qu'une valise et une couverture. Ne pouvaient rien emporter d'autres pour ce voyage. Ils fuyaient un pays qui ne voulait plus les laisser libres. Ils étaient très nombreux et marchaient vers ce qu'ils croyaient être le pays de la liberté. Mais ils ont été séparés en arrivant. Les hommes mis dans les camps d'Argelès, les femmes et les enfants à part. Plus tard mon père s'est retrouvé à côté d'Agen, à Bon Encontre, dans un lieu d'accueil. Dans les camps il n'y avait rien : c'était seulement la plage, l'hiver, des barbelés autour. Il a fallu attendre 4 mois avant que les premières baraques soient construites pour que ces gens aient un abri.

Certaines femmes, enceintes, sont restées dans les camps. Et c'est là qu'une femme, Elisabeth Eidenbenz, voyant que les mamans et les bébés allaient mourir dans ce froid et ce dénuement, a décidé de trouver un bâtiment pour en faire une maternité. La première maternité s'est ouverte à Brouilla. Puis a fermé. Et Elisabeth a trouvé ce manoir. Des femmes de tous les camps de France ont pu y venir, des espagnoles puis aussi des tziganes, des juives.

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Le lien entre cette maternité et mon Histoire familiale ? Une amie me demandait si ma mère y était née. Non, ma mère est née à Pamiers en 1941. Son père est passé à Argelès, dans un camp, mais elle ne sait pas où il a passé la frontière. Il a retrouvé sa femme en 1940 et ma mère a été conçue à ce moment.

Non, cette maternité ne m'est rien, ne me relie qu'à l'Histoire. Mais c'est important parce que c'est une trace tangible dans la région, alors qu'il ne reste rien des camps d'Argelès, qu'il y a à peine une plaque à Cerbère qui note à mots cachés ce qui s'est passé, une autre plaque à Argelès. C'est un monument, enfin, qui peut devenir un lieu de mémoire : c'est d'ailleurs la volonté du maire d'Elne, et à partir des documents d'Elisabeth, de ses 800 photos, on peut retrouver les personnes qui sont nées là, et elles peuvent témoigner.

Comme il est important qu'on garde les camps de concentration pour ancrer physiquement dans la terre et le paysage cette partie de l'Histoire. Il ne reste rien des camps d'Argelès, mais ce manoir est debout et peut servir de point d'ancrage pour les anciens réfugiés.

C'est vraiment un lieu dans lequel on sent quelque chose. D'ailleurs Solaire ne s'y est pas trompé : il pleurait et ne voulait pas en partir, il voulait dormir là. Je lui ai expliqué que c'était un lieu important pour notre famille, qu'il le sentait, qu'il se sentait relié à ça, mais qu'il fallait partir, qu'on le garderait dans la tête et le coeur, que je prenais des photos... et puis on a pris quelque chose de cet endroit : on a ramassé des prunes dans le parc. ça nous a ancré dans le présent de nouveau.

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C'est l'émotion aussi qui est importante, qui me relie à ce passé, et qui me prend par surprise un peu. Je croyais être passée au-delà avec ma formation d'historienne, la tenir à distance abstraite et théorique.

ça veut dire aussi que mon père vieillit qu'un de ses frères ainé va bientôt mourir (à Pamiers justement) et que chaque fois qu'un membre de la famille part c'est un lien de moins avec cette histoire....

jeudi 23 juillet 2009

Recherche de coquillages

Pleine de l'instant présent, pendant mon séjour au bord de la Méditerranée, je pensais comme ça.

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Cailloux roulés

galets

vacuité de la recherche

lumière de pluie

eau de mer méditerranée

je scrute

seule

pleine de vie

intensément dans l'instant

savoir que le moment est important

le savourer

l'âme et les yeux gourmands

photographier

écrire sur la lumière

dans ce lieu de Mémoire et de Vie

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