Parchemins Instantanés

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dimanche 20 septembre 2009

Désencombrement 1

Désencombrement commencé !

Mon amie Francine m'avait proposé juste avant les vacances de venir m'aider à désencombrer mon appartement.

On a commencé jeudi dernier.

Il y a encore du boulot. Mais qu'est-ce que je me sentais bien en regardant partir les 4 sacs de 100 l pleins de fringues (essentiellement de bébés, mais à moi aussi), qui vont rejoindre la déchetterie ou les associations caritatives !

J'y vois un peu plus clair dans mes placards.

Ça me donne une impulsion. J'espère tenir et continuer seule un peu. Et puis on j'ai trouvé une autre date pour continuer.

Il y a encore beaucoup de travail pour désencombrer tout l'appartement de ces années de rangement sauvage et d'accumulation terrible.

En attendant je dois « juste » trouver l'énergie de participer à un vide grenier pour aller vendre des tas de vêtements et autres bricoles qui pourront servir à d'autres. J'ai trouvé une date et je dois m'inscrire. Francine viendra m'aider.

En échange elle est repartie avec un savon fait maison, une crème meringuée, un tee shirt manche longue, et des chaussettes pour un de ses fils.

C'est un cadeau inestimable qu'elle m'a fait, de passer du temps devant mes placards avec moi, de me regarder essayer et de juger, imperturbable, objective et pleine d'humour, que « oui tu peux remettre » « non, tu as un style plus affirmé » ou bien « ça on jette, c'est tâché, défraichi, trop porté » « ça peut resservir, tu peux le vendre ».

Elle a toujours eu le mot juste, l'attente pleine de douceur, m'a recadrée calmement quand je m'éparpillais ou que je ne savais plus où aller.

Points positifs, elle a trouvé que je n'étais pas bordélique, puisque mes sacs de fringues étaient déjà triés, au moins en partie....non, je suis juste débordée et je ne sais pas par quel bout commencer. Et que je ne gardais pas n'importe quoi : elle connait des personnes qui gardent des bouts de ficelles depuis leur enfance. Non, ce n'est pas mon cas. Ouf !

De plus, elle m'a donné un ultimatum : si je n'ai pas vendu d'ici la fin de l'année, on peut considérer que je ne le ferai pas, et on prendra la décision de donner à ce moment-là.

C'est vraiment l'aide que j'attendais !

Et en plus elle m'a laissé un livre pour mémoire : L'art du désencombrement (se libérer de l'inutile pour vivre plus léger), d'Alice Le Guiffant et Laurence Paré, éd Jouvence

jeudi 27 août 2009

La vie en couleurs

Enfin, certaines plus que d'autres, comme tout le monde.

Pour aujourd'hui je laisse de côté le rouge et le jaune de mes murs.

Parce que j'aime le violet, le mauve et toutes leurs nuances, surtout foncées.

Parce que j'étais désolée d'avoir une housse de couette blanche à motifs de moutons noirs et blancs qui avait jauni par endroits, j'ai acheté de la teinture.

Pas n'importe laquelle : une teinture écologique , pas nocive pour nous ni l'environnement.

Il y a quelques mois j'avais essayé le violet et le rouge dans cette gamme.

Résultat : un violet plutôt bleu lavande, et un rouge plutôt orangé. Joli. Mais pas ce que je voulais.

Cette fois j'ai tenté un mélange : le violet et le rouge, dans le but d'avoir un vrai violet.

J'ai donc commencé par mélanger les deux flacons. Mais ce soir-là ma balance n'a pas voulu : plus de piles. Comme j'avais commencé mon mélange, j'ai continué, un peu au hasard.

Et j'ai teint la housse de couette, en coton.

Je suis bien contente du résultat.

IMGP6337.JPG

J'avais fait ensuite un tour dans mes tiroirs et placards, et retrouvé des chemises en coton, ou lin et coton, blanches ou écrues, souvent avec des tâches. J'ai commencé par mettre du savon noir sur les tâches, tout passer à la machine, et laisser sécher au soleil pour réussir parfois à enlever entièrement les traces jaunes.

Ensuite j'ai tout pesé : il y avait 1,8 kg de vêtements. Trop pour une teinture de couleur vive.

Enfin, j'ai vu que j'avais mis davantage de teinture pour la housse de couette, et que mon partage, que je souhaitais 50/50, était plutôt 60/40 (à l'oeil).

Tant pis : je décide de teindre quand même.

Je n'ai pas pris de photos avant la teinture.

Mais voici le résultat final.

IMGP6335.JPG

Qui me réjouit !

samedi 4 avril 2009

Produits ménagers maison

Pour faire pendant à mon billet sur les cosmétiques, je ne pouvais pas faire moins que vous parler cette fois de tous les produits nocifs pour vous et l’environnement que l’on peut utiliser pour nettoyer un intérieur.

Exit donc toutes les marques vantées par les publicités télévisées, des ringards messages sur les lessives en passant par le monsieur chauve qui rend tout propre pour que les carreaux soient lisses comme un miroir. Elles contiennent des substances nocives pour vous (nous) et pour l'environnement.

Je ne vais pas lister tout ce qu’il faut éliminer. Je vais juste vous dire ce que je fais moi, et sur quels supports je me suis basée pour trouver et faire mes produits.

D’abord, la bible en la matière est la grande Raffa et son blog : une mine de renseignements très détaillés et très scientifiques (mais compréhensible même par une littéraire comme moi), autant dans les articles que dans les commentaires. Elle a établi une liste de produits ménagers à fabriquer soi-même dans son livret Le grand ménage , qui est devenu un livre. Je m’en sers, il est en bonne place dans la bibliothèque de ma cuisine, juste au-dessus des livres de cuisine.

Pour nettoyer, en classant par secteurs.

WC :

  • un vaporisateur rempli de 1/3 de vinaigre blanc et 2/3 d’eau + quelques gouttes d’huiles essentielles.

Ce liquide remplace à la fois les aérosols aux « bonnes » odeurs (je dis ça parce qu’une fois habitué aux odeurs naturelles, les odeurs chimiques sont toutes mauvaises) et le nettoyant au bec recourbé qui va jusque sous les rebords de la cuvette. Un petit pschit et un coup de brosse, et le tour est joué !

  • Pour un nettoyage plus sérieux : quelques verres de vinaigre blanc bouillant que l’on verse dans la cuvette, on laisse 10 à 15 mn, et l’on va grattouiller à la brosse. Le fond de cuvette est comme neuf !

Cuisine :

  • Liquide vaisselle. Acheter un liquide écologique (attention : ceux des grandes surfaces ne sont pas très écologiques et la norme Ecocert n’est pas suffisante) de préférence en magasin biologique. Verser dans un flacon de 1l 1/6 de ce liquide, puis 2 cuillères à café de bicarbonate de soude, de l’eau jusqu’en haut, et quelques gouttes d’huiles essentielles (HE) de citron, de thym, de basilic, de menthe par exemple. Ce liquide est bien entendu moins visqueux, mais il est très efficace et permet de laver aussi bien. Vous pouvez même garder l’eau de vaisselle pour arroser vos plantes avec un tel produit.
  • Lave vaisselle. Je mets ½ (ou ¼) de tablette et 1 cuillère à soupe de cristaux de soude dans le compartiment. Ma vaisselle est propre. Je remplace le liquide de rinçage par du vinaigre blanc. Tout va bien (mais certaines personnes m’ont dit que cela pouvait affecter les joints : à surveiller donc !). Pour le sel, je prends le moins cher des sels pour lave vaisselle, une copine chimiste m’a dit : le chlorure de sodium est le même partout.
  • Inox et four. Pour l’évier, autant que les casseroles et poêles, pour nettoyer mon four en émail, j’utilise une pierre d’argile. Raffa donne la recette. Je n’ai pas essayé d’en faire. Par contre j’ai essayé plusieurs marques et j’ai adopté celle-là pour les bons résultats et les moindres efforts qu’elle me demande. Un peu cher à l’achat, mais le pot est long à vider. Je termine au chiffon microfibre pour le brillant.

Pour nettoyer la table, les chaises et les plans de travail : un vaporisateur d’eau dans lequel j’ai mis une giclée de liquide vaisselle maison. Je vaporise, je passe un microfibre.

  • Vitres. J’utilise un nettoyeur vapeur. Et je finis au chiffon microfibre. Ou bien un nettoyant tout usage (toujours écologique) dont je laisse juste quelques gouttes au fond d’un vaporisateur d’eau.

Salle de bains et sols

  • baignoire, lavabo en émail. Nettoyage à la pierre d’argile. Ou bien avec une poignée de cristaux de soude dissous dans de l’eau chaude et dans lesquels je projette une giclée de liquide nettoyant tout usage. Penser à se protéger les mains si l’on est sensible.
  • Sols. Eau très chaude, et un bouchon de nettoyant tout usage écologique. J’ajoute aussi des HE de tea tree et lavande pour désinfecter et éradiquer les puces de plancher en saison chaude.

Lessive

  • J’utilise de la lessive liquide, ou en poudre, écologique. Pas d’adoucissant sauf du vinaigre blanc. Ces lessives ne sentent rien, et pour avoir une petite odeur fraîche je mets parfois de l’HE de lavandin dans le vinaigre (surtout pour éviter l’odeur de vinaigre). Comme elles ne contiennent pas d’agent blanchissant, j’ajoute du percarbonate (blanchissant à l’oxygène) pour les lessives de blanc. On peut aussi ajouter 4 à 8 gouttes d’encre bleue (de stylo encre) dans le vinaigre pour reblanchir. On peut aussi rajouter des cristaux de soude en cas de linge très sale.
  • Je fais aussi ma lessive avec du savon de Marseille (pas celui de grande surface, plein de glycérine) râpé. Recette : 150g savon râpé + 150g de cristaux de soude + 3 l d'eau. Faire fondre le savon dans 1,5l d'eau, ajouter les cristaux de soude, quand tout est fondu ajouter le reste d'eau. Mettre en bouteille et bidon de plastique (de récupération). Puis utiliser 150 à 200 ml pour une lessive.
  • Détachant : du savon au fiel, ou du savon noir dilué, ou du liquide vaisselle concentré sur les taches de gras.

Voilà pour le grand ménage de printemps. A vos chiffons !

jeudi 1 janvier 2009

Fred Vargas vous salue et vous dit : nous y voilà, nous y sommes

Un texte que je viens juste de découvrir - d'une écrivaine que j'aime depuis ses débuts, dont j'ai tout lu (sauf le dernier) - et qui me semble (le texte, pas Fred Vargas) apparaître dans mon champ visuel exactement au moment approprié.


Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté.
Nous avons dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.
Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones.
Franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié :
Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.
Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue CNRS, écrivain
Edit : texte écrit le 7/11/08 pour le groupe Europe Ecologie.


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