Parchemins Instantanés

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jeudi 28 mai 2009

Ce que j'aimerai dire à mon voisin

La semaine dernière ma chatte a griffé un voisin. Un jeune retraité d'environ 60 ans, sportif (vélo, montagne).

Seulement cet homme est très susceptible.

C'est forcément ma chatte qui l'a attaqué, sans que lui n'ait rien fait.

Donc il faut que je l'empêche de sortir, sinon il lui mettra un coup de gourdin.

Il nous accuse de ne pas le prendre au sérieux.

Est venu me dire qu'il allait voir son médecin pour qu'il lui prescrive des antibiotiques. A ma demande il m'a montré les griffures : 3 fois 1 cm superficielles au-dessus de la cheville.

Depuis, je garde au maximum ma panthère chez moi, et c'est dur ! Sinon je passe du temps sur le parking avec elle.

Je sais que ma chatte griffe parfois. Jamais sans raison. Et depuis quelques temps j'ai remarqué des comportements hystériques devant elle, des cris, de grands mouvements avec un objet dans les mains. Alors qu'elle habite ici depuis 6 ans, les voisins deviennent effrayés par elle comme si c'était une panthère.

Elle ne pèse que 4 kg pourtant.

Elle n'a qu'un oeil suite à un accident contre une voiture lorsqu'elle avait 7 mois (dans le parking), a été sûrement frappée parce qu'elle a peur quand elle nous voit avec un parapluie dans les mains. Sa vision n'est pas bonne donc.

Mais elle a du caractère et attaque quand elle se sent agressée. Je sais, elle devrait plutôt partir.

Son parcours : de la porte elle traverse la cour en passant devant les garages, va vers le petit bois de bambou derrière le parking, puis vers le cimetière derrière si elle veut. Elle reste très peu de temps sur les parkings et autour des garages, sauf quand elle nous attend ou nous entend (nos voix ou nos véhicules).

Donc, j'aimerai dire à mon voisin que je trouve tout à fait disproportionnée cette façon de faire.

Il ne connait rien aux chats, soutient qu'elle se fait les griffes sur sa voiture (qu'il met dans son garage), qu'il n'y a qu'elle dehors, que TOUS les autres chats sont à l'intérieur (s'il savait ce qui se passe la nuit, s'il écoutait les cris, les feulements....). Pour lui (et son médecin) il risque une grave infection après ces griffures (qu'il a désinfectées). Alors que ma chatte est traitée contre les puces, qu'elle est en parfaite santé et a vu un vétérinaire le mois dernier. La maladie des griffes du chat existe, je ne le nie pas, mais elle touche à 80% des sujets en-dessous de 21 ans (ou des personnes immunodéprimées) et dans ce cas on donne des antibiotiques quand la maladie est déclarée et pas avant. Et son principal vecteur ce sont les puces.

Mr Brun, je suis effarée de la facilité avec laquelle vous avez dit que vous n'hésiteriez pas à lui mettre un coup de gourdin si vous la revoyez en bas. Pensez donc, un homme d'1,80m 70 kg face à une bête de 4 kg ! Quel héroïsme !

Et quelle trouille surtout !

Quelle peur de l'animalité, de la sauvagerie !

Quelle peur de sortir de votre petit monde bien conçu, clean et organisé, pour vous remettre en question !

Car pourquoi vous aurait-elle attaqué ? C'est à vous de revoir votre comportement dans les minutes qui ont précédé. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, mais c'est forcément votre parole contre la sienne.

J'ai 2 enfants, et je les laisse dans la même pièce que ma chatte très souvent. Sans aucun dommage, sans peur. Même bébés ils dormaient en sa compagnie, et elle les surveillait, venant me chercher quand ils se réveillaient.

Ils ont été griffés en jouant avec elle, bien entendu, comme tout enfant qui vit avec un chat. Mais je vous assure qu'ils ont beaucoup plus souvent des bleus et des éraflures dûs aux chutes et aux cabrioles et bagarres et sauts qu'ils font quotidiennement. J'ai toujours désinfecté leurs plaies (enfin, quand ils m'ont dit qu'ils en avaient une, bien sûr). Moi-même j'ai été mordue et griffée par mon animal domestique, les occasions ne manquent pas : jeux, séance de lavage, séance de brossage (oui, à la fin elle en a marre, elle me mord la brosse et la main parce qu'elle est excitée). J'ai toujours eu des chats et n'ai jamais attrapé la maladie des griffes du chat.

Je ne lui dirais pas quelle me mord parfois quand elle trouve que je ne vais pas assez vite pour lui ouvrir le robinet ou la porte. C'est une gâterie qu'elle me réserve : elle ne le fait jamais à d'autres.

Mais je sais qu'elle est très sensible aux cris, même s'ils sont de joies. Il lui est arrivé de venir m'attaquer parce qu'elle pensait que je faisais mal à un de mes enfants, alors qu'il était blessé, ou malade, et que je le tenais dans mes bras pour le consoler, l'apaiser. Il lui est arrivé de m'attaquer un jour où j'ai glissé sur le sol de ma cuisine en passant à sa hauteur (elle était sur le comptoir), j'ai crié, et je me suis retrouvée avec un bleu à la fesse, un poignet tordu et des griffures au mollet.

Je ne lui dirais pas que je trouve disproportionné son traitement par antibiotiques (c'est pas automatique) parce que ça le mettrait en colère. Je ne lui dirais pas : Mr Brun vous devez rencontrer davantage de chiens féroces lors de vos randonnées en montagne ou en vélo. Parce que ça lui ferait penser que je moque de lui.

Je ne lui dirais pas : Mr Brun, vous pouvez toujours aller porter plainte à la police parce que ma chatte vous a griffé, mais vous risquez de passer pour un pleutre, un couard, un sans couilles, non ? Tandis que si je dépose une main courante pour menaces de coups de gourdin envers une minette de 4 kg qui habite là depuis 6 ans, tatouée, bien nourrie et qui n'a pas la rage, vous risquez de passer pour un horrible bonhomme, un violent, et ça vous suivra longtemps.

Maintenant que c'est écrit, j'attends de le rencontrer de nouveau.....

mardi 12 mai 2009

Caractère

Hier ma chatte nous suit sur le parking, près de son terrain de jeu, le petit bois de bambous, contre le cimetière. Les garçons font du vélo. Un couple et leur grande jeune fille arrivent pour monter dans leur voiture.

La jeune fille voit la chatte sous la voiture, le dit à sa mère, et, immédiatement, se penche en disant "pschtt, va-t-en !" en agitant le bras. J'explique que c'est normal, que c'est la notre et qu'elle reste près de nous.

Je n'ai pas fini ma phrase que ma Tisha met ses oreilles en arrière, vise le mollet de la demoiselle (en pantalon) et saute dessus.... aux cris de "Eeeeeh !" Je m'interpose, met ma main devant ma panthère..... qui me griffe et me mord, bien entendu.

Je caresse ma bête pour l'apaiser et je lui susurre à l'oreille qu'elle a eu raison : non mais, ce n'est pas des manières de traiter ma compagne féline comme ça !

Faudrait peut-être que je leur explique, à ces voisins, que ma chatte comprend tout !

IMGP2020.JPG

mardi 25 novembre 2008

Tisha et autres chats (2)

Il a fallu 16 ans et un projet à tiroirs pour qu'on déménage dans notre actuel F4, derrière le cimetière, avec un coin vert au fond du parking. Et là j'ai vu que c'était possible !

Une jeune fille descendait sa chatte tous les matins avant de partir travailler. La minette l'attendait le soir à son retour, perchée sur l'une ou l'autre des voitures au soleil.

Au même moment, en visite chez des copains, je constate que leur chatte, une fine greffière blanche, a le ventre bien rond. Ben oui me disent-ils... Prenant mon élan j'ai rétorqué : «  si elle a une chatte fine comme elle mais foncée, quasi noire, je vous la prend ». Ce qui fut fait en octobre 2001 : j'ai pu assister aux naissances en échiquier de cette portée noire et blanche alternativement, et choisir celle qui me plaisait.

Un voyage plus tard nous ramenions notre chatte chez nous.

Petite féline perchée sur nos épaules, qui dormait avec nous et m'a pris pour sa maman.

Je lui ai appris à répondre à son nom, à descendre l'escalier à ma suite, à prendre l'ascenseur, à aller se promener dans le cimetière. J'ai même trouvé un itinéraire taillé au sécateur pour entrer dans le cimetière, tandis qu'elle m'attendait sur le mur de pierres, et nous allions nous promener ensemble parmi les tombes. Une vraie chatte de sorcière...

Elle a eu un accident vers ses 7 mois, nous l'avons retrouvée après 1 h de recherche, guidés parfois par ses miaulements rauques de douleur, sous un crachin de mai, à mon retour de ma première échographie, le côté de la tête amoché et un oeil exhorbité. Appel en urgence chez le vétérinaire, qui n'a pas pu sauver l'oeil.

Ma_panthere_qui_n_a_qu_un_oeil.jpg Pendant les 15 jours suivants, en convalescence, elle m'a suivi partout dans l'appartement, s'installant sur moi ou tout à côté, ne me quittant pas de l'oeil, et elle n'a pas demandé à sortir. Petit à petit elle a repris confiance, je l'ai aidé. Elle est restée bien plus craintive que dans sa jeunesse.

A la naissance de Lumineux elle a laissé sa place de fille ainée, mais surveillait le bébé, m'appelait quand il pleurait et que je n'arrivais pas assez vite.

Puis elle s'est mise à m'attaquer quand je criais, ou quand je riais avec les enfants excités : elle ne supporte pas les cris et bruits trop forts et elle me saute sur la jambe, oreilles en arrière, l'oeil courroucé.

Elle ne supporte pas non plus qu'on parte sans elle et me l'a fait comprendre un jour où je venais la récupérer chez mes parents : elle m'a attaqué alors que je pliais la tente, parce qu'elle venait de sentir qu'on avait dormi dedans, sans elle !

Depuis nous l'amenons partout avec nous, et elle descend même sur les aires d'autoroute : je lui dit quand on repart et elle s'installe dans sa caisse. Maisons amies, campings, hôtel, camping car, elle a tout testé avec nous.

Maintenant je lui ronronne que c'est ma panthère-noire-qui-n'a-qu'un-oeil, ma belle et ma féline-câline, elle me frotte le nez avec le coin de sa bouche, et mes garçons rétorquent « non, c'est MA belle ! » et « non, miaou MOI ! ».

Parfois je pense à l'importance qu'elle a pris dans nos vies, à sa longévité et à la douleur des garçons quand elle mourra. ça m'évite de penser à ma peine à moi. Mais ce qui est sûr, c'est que lorsqu'elle n'est pas là elle nous manque.

Cet été on avait tous décidé de la laisser chez mes parents pour partir camper, parce que nous ne savions pas si elle pourrait être bien dans ce camping. On l'a descendue du camping car, installée avec ses croquettes, et on lui a dit au revoir. On est partis. 1 km après Lumineux hurlait qu'il ne voulait pas s'en séparer. Il a fallu retourner la chercher. Elle est restée avec nous, m'attendait le soir quand je rentrais de concert. Je ne manque pas de lui expliquer ce qu'on fait, quand on va rentrer, elle passe inaperçue dans la plupart des campings et nous attend toujours. On a même visité la bambouseraie d'Anduze, en la laissant 3 h sur le parking arboré, en lui disant qu'on repartirait le soir. Quand on est revenu elle était à portée d'oreilles.

Je pense très souvent à Ella Maillart, à son séjour en Inde avec sa chatte Ti-Puss et je me dis qu'il est décidément faux qu'un chat soit davantage attaché à son lieu de vie qu'à son humain de référence. Tisha_sur_imprimante.jpg

Tisha et autres chats (1)

J'ai eu mon premier chat aux alentours de mes 4 ans. Une petite minette noire à la tache blanche sur la poitrine, nommée Mimi. Elle a fait héroïne de mes rédactions pendant au moins tout mon primaire. Avec parfois les honneurs d'une lecture publique.

Elle était mon refuge. Mon apprentie de la vie féline et animale.

Plus tard, mon frère a recueilli en haut d'un arbre une petite isabelle, un peu sauvage que l'on a appelé Fauvette : un nom d'oiseau pour cette féroce minette un peu caractérielle. Elle refusait de se laisser prendre en photo mais montrait son ventre quand mon amoureux venait me voir. Et elle nous griffait quand on la mettait en voiture pour aller chez le vétérinaire par exemple.

Elle nous a initié à l'art de donner la pilule à un chat.... sauf qu'on ne la donnait jamais assez vite quand elle venait d'avoir des petits, et que, bien entendu, les mâles du voisinage, eux, étaient plus rapides que nous.

Ensuite, j'ai eu la lourde tâche de me débrouiller seule, l'été de mes 17 ans, avec une chatte qui a mis bas avec mon aide, et la mission affreuse de trucider les petits. C'était horrible : Biscotte (fille de Fauvette) ne pouvait accoucher qu'avec un humain, ce qui m'a valu une nuit blanche, de câlins, caresses, discours et aide quand le dernier petit n'a pas pu sortir entièrement. J'ai bien observé que les 4 bébés chats étaient en forme et dûment léchés, les placenta mangés, les ronrons en marche, avant de me coucher.

Et j'ai, le lendemain, obéi à mes parents en tuant les petits. En fait je l'ai fait faire à mon copain. Lui expliquant tout le processus.

Et ma chatte, qui m'avait fait confiance, qui me faisait confiance, miaulait et demandait de l'aide pour chercher ses petits partout :-( J'étais effondrée.

Puis je suis partie de la maison, ai vécu dans une chambre étudiante : 9 m² au lieu d'une maison avec jardin : j'errais comme une lionne en cage dans ce cagibi au 8ème !

Ensuite j'ai aménagé dans un F2 avec mon compagnon. Un balcon comme extérieur.

Très bien. Mais pas les conditions pour adopter un chat selon moi.

Et pourtant j'en avais envie !